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Autorité palestinienne au bord du gouffre ? Et après ?

Hélène Keller-Lind

mercredi 9 janvier 2013
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L’Autorité palestinienne n’existe plus. C’est Mahmoud Abbas qui le dit annonçant qu’elle aurait été remplacée par « L’État de Palestine », ce qu’il s’efforce d’accréditer à coup de timbres et autres symboles. Mais le nouvel « État » sera quand même au bord du gouffre financier faute de versements du monde arabe pour le soutenir et pour cause de dépenses pléthoriques, comme les 3 million 6 mensuels versés aux prisonniers terroristes ou la fraude fiscale palestinienne. Par ailleurs, le Hamas supplanterait le Fatah dans des élections et a sans doute tendu un piège ayant pour nom réconciliation à Mahmoud Abbas...

Timbres, passeports, plaques d’immatriculation, mais pour qui et pour où et à quel coût ?

On ne devrait plus parler d’Autorité palestinienne mais d’État palestinien. Selon un décret « présidentiel » de Mahmoud Abbas qui s’affaire et met les bouchées doubles pour que cette décision prise dans la foulée de l’acceptation onusienne de novembre de créer un État observateur non membre prenne consistance. Tout en précisant que l’OLP reste le représentant du peuple palestinien. On notera que le Hamas, frère ennemi mais en passe de devenir, peut-être, frère ami, n’en fait pas partie.

La ministre palestinienne de la Communication, Safaa Nasser al-Deen, vient d’ailleurs d’annoncer que le Bahrein va imprimer et offrir à « la Palestine » les nouveaux timbres et la monnaie palestiniens portant la mention « État de Palestine ». Gage de souveraineté nationale, a-t-elle déclaré. Bien que l’on ne sache ni où ni comment ils pourront être utilisés.Israël ayant apparemment mis son véto pour qu’ils puissent l’être dans les Territoires palestiniens. Il semble que , pour l’heure, ces timbres seront utilisés par les bureaux diplomatiques palestiniens. Mêmes interrogations concernant les passeports, cartes d’identité, plaques d’immatriculation ou permis de conduire palestiniens annoncés qui n’auront aucune validité en Israël. Par ailleurs chaque Palestinien, où qu’il soit, se verra attribuer un numéro l’identifiant. Le tout devant être fait dans les deux mois à venir.

Quant aux journalistes c’est « État de Palestine » qui figurera également sur leurs cartes de presse et les médias palestiniens sont priés d’utiliser aussi cette appellation. Tout cela tient-il de la méthode Coué ou cela établira-t-il une nouvelle réalité ? L’avenir le dira, au-delà des cassements de tête nul doute occasionnés...

Fayyad avertit : l’économie palestinienne au bord du gouffre, la « faute à Israël et aux donateurs arabes », mais de fait la sienne aussi...

Si le Bahreïn offre généreusement l’impression des timbres on se demande qui paiera pour tous ces changements dès lors que l’Autorité palestinienne est au bord du gouffre financier. Ce que le Premier ministre palestinien Salam Fayyad déclarait à un quotidien londonien, Asharq Al-Awsat, comme le rapporte le Jérusalem Post La raison en est une baisse de la manne financière annuelle que reçoit l’Autorité palestinienne pour la seconde année consécutive : elle est passée de un milliard 8 en 2008 à un milliard de dollars en 2011. La « faute à » Israël, bien entendu, même si c’est pour payer les factures d’électricité – fournie par Israël - impayées des Palestiniens qu’Israël retient aujourd’hui les taxes perçues pour le compte de l’Autorité palestinienne, soit près d’un million de dollars. Ce qui est loin d’expliquer la déroute financière actuelle mais ce que le Premier ministre palestinien qualifie « d’acte de piraterie ».Mais il met en cause également les pays arabes qui ne versent pas les 100 millions de dollars promis, tout en disant en ignorer la cause. Une situation qui changera peut-être lors du sommet économique prévu en Arabie saoudite le 21 janvier.

Dans cette interview Salam Fayyad se garde bien d’évoquer les autres causes de cette déroute financière. A commencer par une incapacité évidente à gérer des fonds énormes pour une population de quelque 2 million et demie en Judée Samarie, le million et demie de Palestiniens de Gaza étant gérés par le Hamas. D’autant que s’ajoutent à ces versements une quantité d’aides bilatérales diverses non négligeables. Et on sait que l’UNRWA dépense des fortunes pour les « réfugiés » palestiniens jouissant de privilèges inouïs puisque leur statut est héréditaire et que le budget de l’agence onusienne qui les épaule est supérieur au budget onusien pour tous les autres réfugiés, au statut non héréditaire, confondus...Salam Fayyad dans l’interview citée plus haut évoque les difficultés financières pour le scolaire alors, qu’en fait, l’UNRWA fournit une éducation gratuite...

On sait aussi qu’il y a pléthore de fonctionnaires palestiniens : 153.000. Ce qui relève du clientélisme. Le fonctionnaire étant fidèle à son employeur, évidemment,même si son poste est superflu. A condition que celui-ci le paie, toutefois, et c’est là que le bat blesse aujourd’hui, les salaires étant payés avec des retards allant croissant. Ce qui provoque des grèves,protestations et manifestations de plus en plus fréquentes aujourd’hui. Guère étonnant que le Hamas ait le vent en poupe dans les Territoires palestiniens, selon les sondages.

Parmi les salariés de l’Autorité palestinienne n’oublions pas les terroristes en prison, et ce à quelque mouvement terroriste qu’ils appartiennent. Ce qui a un coût de 3.600.000 € mensuels, tout de même. Sans compter l’aspect incitatoire à la violence anti-israélienne...

Selon un homme d’affaires et économiste palestinien cité par le pourtant très anti-israélien International Solidarity Movement, « Les dépenses de l’Autorité dans le domaine de la sécurité au cours de l’année 2011 s’élève à 32 pour cent du total des dépenses, soit 3,3 milliards de shekels (environ 800 millions de dollars), tandis que ce chiffre atteint 6,5 % en Chine, et 28 % en Jordanie ». Une Autorité tenant donc ses administrés d’une main de fer et surveillant sans doute de près les terroristes appartenant au Hamas...

Par ailleurs, ce même économiste révèle que « les dépenses du Bureau du chef de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, ont atteint en 2011 les 279.130.000 shekels (70 millions de dollars) pour une moyenne mensuelle de 23,26 millions de shekels (environ six millions de dollars), tandis que les dépenses du ministère des Affaires étrangères pour 2011 se sont élevées à 212 millions de shekels (53 millions de dollars), dont 112 millions shekels (28 millions de dollars) au titre de salaires et 100 millions de shekels (25 millions dollars) pour les « autres dépenses ».

Il a souligné que « cinq employés de haut rang de l’Autorité touchent la moitié de la totalité des salaires, soit 20 % des cadres supérieurs qui touchent 50 % des salaires. »

L’expert palestinien a considéré que la politique économique suivie par l’Autorité « est une cause majeure de l’élévation des prix, car elle s’appuie sur les fonds des donateurs sans aucun soutien pour les secteurs agricole et industriel, et sur l’ouverture de l’importation des produits de consommation sans établir un plan de développement, cela en plus de placer un grand nombre de fonctionnaires en retraite anticipée et du volume élevé de la dette publique, ce qui augmente le taux d’intérêt. Le résultat est un environnement répulsif pour les investisseurs, même palestiniens, de sorte qu’on est arrivé à un stade où les investissements palestiniens en »Israël" et dans ses colonies atteignent le montant de quatre milliards de dollars, selon une thèse de Master à l’Université d’al-Quds ».

Par ailleurs, la quasi-totalité du budget palestinien vient des dons extérieurs la proportion venant des contribuables de ce nouvel « État » n’étant que de 7% du budget selon l’institut de recherche The Palestine Economic Policy Research Institute. Et si ce chiffre est si bas c’est que le contribuable palestinien fraude à qui mieux mieux, soit, toujours selon cet institut, des « dizaines de milliers » de personnes et « parmi elles des médecins, des avocats et des ingénieurs ». Ce qui représente uenperte de revenus d’un montant de 500.000 $ par an. Plutôt que de faire le ménage il est bien plus facile pour les dirigeants palestiniens de blâmer l’éternel bouc émissaire qu’est Israël.

Israël emploie des travailleurs palestiniens, on le sait, et le nombre de permis va croissant, comme le note, par exemple, un rapport de l’OCDE : « En octobre 2011, on recensait environ 25 000 travailleurs palestiniens titulaires d’un permis de travail ordinaire, et 5 000 de plus titulaires d’un permis de travail saisonnier. Pour 2011, le quota de travailleurs palestiniens a été fixé à 30 000, soit 5 000 de plus qu’en 2010 ». De quoi étoffer le montant des impôts perçus dans les Territoires.

Début janvier sur le site de Christians for Zion un article détaillait cette faillite économique palestinienne et le journaliste s’interrogeait : comment la majorité des gouvernements du monde réclament-ils à grands cris un État pour une Autorité sur le point de s’écrouler... .

Hamas, vers une unité ou un piège et Meshal à la place de Abbas ?

Pour la première fois depuis 2006 on a vu des amabilités échangées entre Hamas et Fatah avec l’autorisation de la tenue de célébrations des anniversaires respectifs en Judée Samarie et dans la Bande de Gaza. Se dirigerait-on vers cette fameuse réconciliation palestinienne dont on nous a tant parlé ? Rien n’est sûr, d’autant que l’autorisation du Hamas concernant Fatah et Gaza s’est fait attendre...

Par ailleurs, de récents sondages donnent le Hamas gagnant si des élections avaient lieu. Un sondage réalisé début décembre dans la foulée de la « victoire » gazaouie lors de l’Opération israélienne Pilier de Défense et de la victoire remportée à l’ONU par Mahmoud abbas par l’institut AWRAD relevait que « pour la première fois depuis 2006 plus de Palestiniens ( 40%) pensent que l’approche du Hamas et des autres groupes militants est préférable à celle qui est préconisée par le Fatah et le Président Abbas ( 33 %). Et 27 % disent qu’ils ne préfèrent aucune des deux approches ».

Fort de son succès, cette soudaine amitié du mouvement terroriste pour Mahmoud Abbas ne serait-elle pas donc plutôt un piège qu’il lui tendrait ? C’est ce que pense Shlomi Eldar, journaliste israélien de premier plan, qui a reçu en 2007 le Prix Sokolov réservé aux médias, qui couvre notamment tout ce qui touche à l’Autorité palestinienne et le Hamas. Il le dit clairement dans les colonnes de Al-Monitor’ s, rubrique « Israel Pulse » en date du 7 janvier 2013. D’après ses nombreuses conversations avec les tenants des deux parties il est convaincu que le Hamas va jouer la carte de la réconciliation pour qu’il puisse y avoir des élections. Ils présenteront un candidat face à Mahmoud Abbas et sont certains qu’il l’emportera. Ismail Haniyeh sera le Premier ministre du nouveau gouvernement. Khaled Meshal qui a annoncé vouloir renoncer au poste de Chef du bureau politique du Hamas serait remplacé par Mousa Abu Marzook. Et Khaled Meshal pourrait alors remplacer Mahmoud Abbas à la Présidence de l’Autorité palestinienne.

Selon Shlomi Eldar les dirigeants du Fatah ne sont pas dupes mais ils se montrent rassurants, assurant qu’ils l’emporteront et ont leurs propres plans. Commentaire du journaliste : c’est exactement ce qu’ils avaient dit avant les élections de 2006, perdues pour eux dans la Bande de Gaza et leur fuite humiliante en juin 2007....

Demain Khaled Meshal à cinq minutes de Kfar Saba ?

Et Shlomi Eldar de conclure qu’il serait temps que les dirigeants israéliens se réveillent car « ceux-là même qui ne voulaient pas d’Abu Mazen – nom de guerre de Mahmoud Abbas – peuvent finir avec Khaled Meshal à cinq minutes de Kfar Saba », avant d’ajouter « Hello, bonjour ! Il y a quelqu’un qui écoute ? »

Sans doute. Benyamin Netanyahou mettait récemment en garde contre une possible prise du pouvoir par le Hamas en Judée Samarie... Toutes ces mesures « étatiques » prises, assez frénétiquement semble-t-il, par Mahmoud Abbas sont sans doute autant de contre-feux. Mais que pourra l’inscription « État de Palestine » sur un passeport inutilisable contre l’engouement dont bénéficie aujourd’hui le mouvement terroriste jusqu’au-boutiste ? Sans oublier l’amitié du Qatar pour le Hamas, une amitié qui se concrétise par des centaines de milliers de dollars et alors que l’Émir qatari a repoussé une visite prévue à Ramallah fin décembre...


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