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Le Génocide en Afrique montre que nous ne le pensions pas quand nous disions “Plus jamais ça”

Par Leonard Pitts, Jr. (Adaptation française de Simon Pilczer ©, volontaire de l’IHC)

samedi 18 juin 2005
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Témoignage et réflexions bouleversants d’un noir américain de retour de visite en Pologne sur les « lieux de mémoire », et à le diffuser le plus largement possible autour de vous. (SP)

Nous étions en Pologne et parlions de l’Afrique. Cela semblait adapté.

Le mois dernier, je me suis joint à un pèlerinage interreligieux sur les lieux de tueries des années de l’Holocauste, une poignée d’endroits où des homosexuels furent massacrés du fait d’être homosexuels, des communistes du fait d’être communistes, des témoins de Jéhovah du fait d’être témoins de Jéhovah, et de manière plus infâme et plus énorme, des Juifs du fait d’être Juifs.

Six millions de Juifs, cinq millions d’autres. Et le monde, il y a 60 ans, s’est battu contre l’immensité du massacre, et a déclaré « Plus jamais ça » : jamais, jamais il ne se tiendrait muet quand tant de gens seraient massacrés pour être ce qu’ils étaient. Non pas ce qu’ils avaient fait, non pas ce qu’ils avaient dit, mais uniquement et cruellement, pour ce qu’ils étaient.

Aussi, comment pouviez-vous vous rendre sur les lieux de l’Holocauste et ne pas finir par parler de l’Afrique, le lieu - le dernier lieu - où le vœu solennel du monde a été démasqué comme un mensonge ? C’était le soir du jour où nous avons marché dans le vieux quartier juif de Cracovie, où il y a quelques graffiti antisémites sur certains murs. C’était le lendemain du jour où nous avions marché à travers Auschwitz et Auschwitz- Birkenau, où plus d’un million de Juifs furent envoyés à la mort. Nous dînions, membres du groupe du tour organisé, et j’assistais, dans le restaurant du quartier où quelques uns parmi nous en vinrent à parler du Soudan, où des Noirs africains ont été assassinés du seul fait d’être des Noirs africains.

Certains d’entre nous pensions que la solution ultime à un tel génocide était de donner plus d’importance à l’éducation sur l’Holocauste sur le plan international, dans l’espoir que les horreurs d’hier pourraient dissuader les massacres de masse de demain. D’autres - et j’étais de ce groupe - pensaient que c’était bien, mais pas assez dans l’immédiat. Nous nous faisions les défenseurs de la formation d’une force multinationale permanente de l’ONU qui, lors de la découverte d’un génocide, pénètrerait au sein de la nation responsable, non pas pour conquérir, mais dans le seul objectif de mettre fin au massacre.

Mais une chose était évidente alors que nous débattions de l’efficacité de nos idées. A savoir que nous avions une discussion que les personnes chez elles, la grande majorité certainement, n’avait pas eue - une discussion que nous n’aurions pas eue nous-mêmes si nous nous n’avions pas été sur place, voir ce que nous avons vu. De retour à la maison, le procès de Michaël Jackson aurait paru plus important, la fiancée du fugitif plus pressante. Et « Plus jamais ça » aurait paru trop lointain et trop loin.

Il y a soixante ans, l’Holocauste s’est révélé comme inouï pour la majorité des Américains, l’épilogue malveillant d’un cauchemar dans lequel le monde s’est fait piéger pendant des années. Bien que certains membres du pouvoir aient été apparemment informés du meurtre de masse commis par les Allemands, la « Jeanne moyenne » de la rue, le « Jean moyen » au distributeur d’eau, furent choqués d’apprendre l’énormité du crime. Nous ne savions pas, disaient-ils, d’où l’on pouvait déduire que s’ils avaient su ce qu’ils auraient dû savoir... quelque chose. En dernière analyse, ils n’auraient pas assisté à cela en témoin silencieux.

Soixante plus tard, errant sur les lieux de massacres, vous vous demandez si vous pouvez le croire. Soixante plus tard, nous n’avons pas d’excuses.

Nous pouvons lire le journal, zapper sur CNN, aller sur Internet, pour apprendre que des dizaines de milliers de personnes ont été assassinées au Soudan et deux millions déplacées sans toit. Nous pouvons lire les dépêches du courageux témoin Nicholas Kristoff, éditorialiste au ‘New York Times’, un tollé scandalisé contre l’assassinat des hommes et le viol des femmes. Soixante plus tard, nous pouvons savoir.

Ou bien nous pouvons faire ce que nous avons fait au Rwanda. Nous pouvons regarder ailleurs, refuser de reconnaître ce que nous savons. Après tout, Brad et Angelina font un film, et Paris se marie. Notre culture apporte des distractions toutes prêtes, qui n’exigent pas de sacrifice émotionnel. Alors pourquoi ne pas regarder ailleurs ? Peu de choses sont plus décourageantes, plus certaines de vous donner un sentiment d’impuissance, que de vous saisir de l’inhumanité d’êtres humains.

Franchement, s’il existe une voie de sécurité intégrée pour nous empêcher de nous massacrer à cause de la tribu, de la couleur, ou de la foi, elle m’échappe encore. Mais je connais la première étape.

Vous commencez par refuser de rester un témoin silencieux.

Vous commencez par vous en soucier.


http://www.jewishworldreview.com/0605/pitts061305.php3?printer_friendly


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