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Sondage - Juif, et alors ?

par Boris Thiolay - L’Express du 06/06/2005

mercredi 8 juin 2005
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Les actes antisémites ont augmenté. Mais une enquête de la Sofres montre que rejet et préjugés sont, eux, de plus en plus marginaux

« Un Français juif est-il aussi français qu’un autre Français ? » En 1946, 37% de nos compatriotes répondaient oui à cette question. Aujourd’hui, ils sont 92%, selon un sondage réalisé en mai 2005 par la Sofres pour le compte de l’Association française des amis de l’université de Tel-Aviv. « Nous avons commandé ce sondage pour sortir des fantasmes sur l’antisémitisme », explique cette association qui collecte des fonds pour les étudiants israéliens et ouvre au rapprochement entre les universités françaises et israéliennes. Les résultats sont plutôt encourageants.

Ainsi, apprendre qu’une personne qu’ils connaissent est juive ne provoque « aucun effet particulier » chez 91% des sondés (pour 83% en 1987). En 1966, 10% des personnes interrogées n’hésitaient pas à indiquer que cela suscitait chez elles « plutôt de l’antipathie ». Plus de 9 Français sur 10 ne se préoccupent pas de savoir si leur médecin ou leur patron est juif. Elire un président de la République juif ? Certes, 17% le refusent. Mais 81% se déclarent d’accord. En 1966, la moitié de la population y était franchement hostile. « On constate que la part des Français qui adoptent des positions antisémites se réduit, indique Emmanuel Rivière, à la Sofres. Dans le même temps, l’augmentation du nombre d’actes antisémites [ + 61% de 2003 à 2004] suscite chez la grande majorité des gens un élan de sympathie envers leurs compatriotes juifs. »

Haïm Musicant, directeur général du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), voit, lui aussi, un signe réconfortant dans les tendances affichées. « La société française accepte les différences cultuelles et culturelles en son sein, et cela paraît s’inscrire dans la durée, explique-t-il. Nous partageons dans la République un minimum commun qui est aussi un acquis immense. »

Leur intégration réussie rend jaloux

Un bémol, cependant. Si l’antisémitisme viscéral - qui s’incarne dans des attitudes discriminatoires et de rejet - est en recul, il reste présent. « Les juifs ont trop de pouvoir en France », affirment 16% des personnes, et 17% se déclarent « sans opinion », c’est dire qu’elles ne démentent pas. Par ailleurs, l’antisémitisme de stéréotypes, celui qui se fonde sur les préjugés, la défiance et les clichés immémoriaux, s’exprime, lui, plus facilement. Ainsi, 26% des sondés admettent qu’il leur est arrivé de penser que « quelqu’un peut avoir un rapport particulier à l’argent parce qu’il est juif ».

« A lire ce sondage, on peut avoir l’impression qu’il n’existe qu’un vieil antisémitisme classique, porté par une population plutôt vieillissante. La situation n’est pas si simple, commente le sociologue Michel Wieviorka, qui vient de publier La Tentation antisémite (Robert Laffont). D’un côté, on voit que les juifs sont perçus comme très intégrés dans la société. Le juif n’est plus considéré comme différent, marginal, voire étranger. » Mais l’hostilité antisémite adopte aussi de nouvelles formes et touche de nouveaux groupes sociaux. « Aujourd’hui, l’antisémitisme ne se caractérise pas forcément par la volonté de rejeter les juifs, poursuit-il. Il peut aussi provenir de la jalousie provoquée par leur intégration réussie. » Par exemple, des personnes issues de l’immigration peuvent être tentées de focaliser leur ressentiment sur la communauté juive, considérée comme « favorisée » et « mieux traitée ». C’est d’ailleurs l’une des limites de ce sondage, que souligne Michel Wieviorka : il ne prend pas en compte l’opinion des mineurs, dont on sait qu’une frange est travaillée par un antisémitisme épidermique, lié au conflit du Proche-Orient.

Enfin, malgré leur réprobation affichée, 70% des Français pensent que l’antisémitisme est répandu et les trois quarts d’entre eux affirment que le problème a augmenté au cours des dernières années. Tout se passe comme s’il y avait un grand écart entre ce qui est exprimé et ce qui est ressenti. L’antisémite, c’est toujours l’autre.


70 % des Français estiment que l’antisémitisme est « très répandu »


Sources : CRIF

Selon un sondage, dont les résultats seront présentés au Premier ministre Dominique de Villepin, 70 % des Français estiment que l’antisémitisme est « très répandu » ou « relativement répandu » en France, relate le quotidien Yédiot Aharonot.

Cette enquête d’opinions, commandée par l’ « Association des amis de l’Université de Tel-Aviv », a été réalisée par la société « TNS-Sofres » sur un échantillon de près de 1000 personnes.

Les résultats de ce sondage seront présentés lors du dîner annuel de l’association, à la Sorbonne et en présence de M. Dominique de Villepin.

70 % des Français estiment que l’antisémitisme est « très répandu » ou « relativement répandu », contre 50 % dans les années 1980 et 1990. 22 % pensent qu’il est « rare ».

A la question de savoir si l’antisémitisme s’est « aggravé » ces dernières années en France, 76 % des personnes interrogées ont répondu positivement.

En réponse à la question : « Pensez-vous que les Juifs ont aujourd’hui trop de poids en France », 16 % ont répondu oui, contre 67 % de non et 17 % d’indécis.

A noter également les réponses à la question : Accepteriez-vous qu’un Juif soit élu Président pour la France ? : 17 % ont répondu non et 81 % « ne se préoccuperaient pas » de cette question.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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