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La vengeance en Islam : sa nature, son fondement, ses effets

Bertrand Ramas Muhlbach

lundi 17 septembre 2012
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Le film « l’innocence des musulmans » produit aux Etats-Unis a mis le feu aux poudres dans l’ensemble du monde musulman. En guise de représailles, les symboles américains dans le monde arabe ont fait l’objet d’innombrables attaques, visant les ambassades américaines, les biens qui s’y trouvent mais aussi les représentants américains en fonction. Le 11 septembre 2012, l’Ambassadeur américain en Lybie Chris Stevens et trois autres personnes américaines ont péri dans le consulat à Benghazi à la suite d’une attaque menée par des membres de l’organisation salafiste Ansar al-Charia (qui ont ultérieurement incendié le bâtiment).

Au Caire, des pierres et des bouteilles explosives ont été lancées sur les forces de l’ordre chargées d’assurer la sécurité de l’ambassade par des les salafistes qui ont retiré le drapeau américain pour le remplacer par l’étendard au couleur de l’Islam. Le 13 septembre 2012 Au Yemen, l’ambassade (à Sanaa) a été attaquée et des véhicules diplomatiques incendiés sous les cris « Oh prophète, Oh Mohammad » : 1 mort et 15 blessés. Le 14 septembre 2012, des Bédouins s’en sont pris à un camp de la Force multinationale dans le Sinaï. Par ailleurs, plusieurs centaines de manifestants ont pris d’assaut l’ambassade à Tunis où des véhicules ont été incendiés et des fenêtres brisées : deux morts et vingt huit blessés (L’école américaine de la capitale a également été incendiée).

A Téhéran, des milliers de personnes ont crié « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ». Au Bangladesh 10 000 manifestants ont brûlé à Dacca des drapeaux américains et israéliens et lancé, devant la plus grande mosquée du pays Baitul Mokarram, « Dieu est grand », « Ecrasez les mains noires des juifs », « Nous ne tolérerons pas d’insultes envers notre grand prophète »… En Inde, plusieurs centaines de manifestants ont attaqué un consulat à Madras, dans le sud-est du pays.

A Gaza et à Rafah, il était possible d’entendre des slogans anti-américains et anti-israéliens pendant que des drapeaux américains et des portraits de Barack Obama étaient brûlés. Le 15 septembre 2012, au Soudan, l’ambassade à Khartoum a été incendiée avant qu’un drapeau islamique ne soit hissé : 2 mort. Au Liban, un manifestant a été tué et 25 autres ont été blessés dans des heurts à Tripoli après que des centaines d’islamistes aient incendié un fast-food américain. A Jérusalem des heurts ont éclaté entre des Palestiniens et des policiers israéliens….

Le déchainement de violences anti-américaines consécutif à la diffusion du film « L’innocence des musulmans » était prévisible. Il présente, de façon dévalorisante, la vie du prophète Mahomet (qui serait un bâtard), notamment à travers son homosexualité, ses tendances pédophiles, son immoralité, sa violence, sa cupidité. Or, le Prophète Mahomet est le personnage central de l’Islam ; la sensibilité des croyants ne pouvaient que s’en trouvé heurtée. D’ailleurs la profession de foi la plus importante pour les musulmans est une double déclaration : « il n’y a pas d’Allah en dehors d’Allah (l’équivalent du Chéma Israël chez les juifs) immédiatement suivie d’une autre « et Mahomet est son Prophète ». Au principe de l’unicité d’Allah, est ainsi associé la reconnaissance du Prophète Mahomet comme porteur de sa parole. Or, la diffusion du film comportant des images rabaissantes du prophète ne pouvait qu’offenser un très grand nombre de croyants d’une part, en niant l’aboutissement de la phénoménologie religieuse en Islam (selon laquelle l’Islam doit embrasser l’humanité), d’autre part. Plus grave, l’Islam a été décrit par Sam Bacile comme étant un « cancer » et une « religion de haine », salissant, ridiculisant, dénigrant et humiliant le système de foi.

Bien évidemment, si Sam Bacile a des comptes personnels à régler avec l’Islam et que des coproducteurs (qui seraient cooptes) s’interrogent sur la résonnance de l’Islam dans le monde à travers ses prolongements violents et de son idéologie destructive, la liberté d’expression ne doit pas être l’occasion de diffamer ou d’insulter. Les condamnations de ce film ont donc été quasi unanimes dans le monde qui reconnait bien volontiers que le long métrage, à petit budget et de piètre qualité, offensait l’Islam. Pour autant, la question se pose de savoir si les personnes, les biens et les symboles américains doivent être la cible des musulmans mécontents, comme si les Etats-Unis étaient responsable de cette dérive dans la liberté d’expression. La systématisation de la violence qui s’est propagée dans le monde et en particulier dans les pays arabes appelle une analyse sur la nature, le fondement et les effets de la vengeance en Islam.

L’auteur du film controversé est américain tout comme le lieu du tournage (la Californie). Cela justifie-t-il que les musulmans offensés s’en prennent aux Etats Unis, aux intérêts américains, aux symboles des Etats unis et au représentant des Etats Unis à l’étranger. Le principe de la vengeance vise à s’en prendre à celui qui a porté une atteinte volontaire (ou non), à l’origine d’un préjudice. En lui portant un coup, celui qui se venge cherche à obtenir une réparation du préjudice qu’il a subi en infligeant un autre coup, qu’il soit de même portée (ou non), équivalent (ou non). Dans le cas de la vengeance des musulmans, la situation est encore particulière en ce qu’elle consiste à porter atteinte à un pays, « les Etats-Unis », qui endosseraient la responsabilité de la faute commise par l’un de ses ressortissants. La vengeance devient alors aveugle, cruelle, insensée et trouve sa justification dans l’appartenance d’un délinquant à un groupe qui endosserait le méfait. Conséquence : des personnes sont touchées alors qu’elles n’ont aucun lien avec l’auteur du fait fautif.

L’Islam offre alors une justification à la vengeance. Il est en principe interdit de tuer : « Sauf a bon droit ne tuez point l’homme dont Allah a rendu la vie sacrée » (sourate 17, verset 33), mais il reste possible de le faire dans le cadre de la loi du Talion (sourate 5 verset 45). Il est même une obligation de le faire en cas d’attaque. « Ceux qui ont été attaqués sont autorisés à se défendre parce qu’ils ont été lésés » (sourate 22, verset 39-40). « Il dit aux anges, je suis avec vous affermissez les croyants. Je vais jeter la terreur dans le cœur des mécréants, frappez leur cou et leur doigts » (sourate 8, verset12-13). Dans le cas du film litigieux, il suffit donc d’entretenir une confusion entre la nationalité de Sam Bacile, et les Etats-Unis (grand méchant Satan), pour qu’ils deviennent responsables de l’attaque portée à l’Islam.

Le mécanisme naturel de la vengeance (ou de la justice privée) a été jugulé dans les sociétés occidentales avec le principe d’une justice publique qui protège les sociétés. C’est la collectivité qui doit punir les responsables, les sanctionner et organiser l’indemnisation des victimes. Le principe est inspiré de la Bible : « ne te venge, ni ne garde rancune aux enfants de ton peuple mais aime ton prochain comme toi-même » (lev 19,18). L’Islam n’appréhende pas le mécanisme de la vengeance de la même manière : si une personne a blasphémé, c’est tout le groupe dont il fait partie qui en est responsable. Pire, la religion de Mahomet cultive une sorte de frustration qui encourage la commission d’actes instinctifs, irréfléchis et irraisonnés qui trouvent leur source dans l’émotion ou la passion. Dès lors, si l’Islam est agressé, il appartient à chaque musulman d’agir pour protéger, défendre ou venger la parole de Mahomet et de rendre coup pour coup à ceux qui s’en prennent à lui. C’est le problème central des sociétés occidentalisées qui deviennent des ennemis de l’Islam en empêchant sa propagation, ou encore d’Israël dont la simple existence contredit le message islamique. Alors soit le monde de l’Islam se livre à sa propre introspection pour corriger ses dysfonctionnement, soit les propos désagréables de certains à l’égard de l’Islam resteront une justification pour stimuler la violence des apprentis héros.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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