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Ce que Israël peut - et doit - apprendre des Français

Par Caroline B. Glick - Traduction française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC

lundi 2 mai 2005
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Ainsi il apparaît que la constitution de l’UE pourrait se précipiter contre un iceberg. Selon un reportage du ‘Weekly Standard’ à Paris, le président français Jacques Chirac pourrait bien avoir surjoué son atout de l’UE en permettant aux citoyens français de décider par référendum s’ils souhaitent ou non ratifier la constitution de l’UE de 448 articles, d’inspiration française. Des sondages d’opinion réalisés à la mi-avril indiquent que 56 pour cent des électeurs français s’opposent aujourd’hui à la constitution sur laquelle ils doivent voter à la fin mai.

Selon le reportage, l’opposition française à la constitution est fondée sur une combinaison de populisme économique et de répugnance générale pour l’ensemble du projet - l’un de ceux qui diminue leur souveraineté nationale et les place sous le contrôle de gens qu’ils n’aiment pas et en qui ils n’ont pas confiance.

Si ce courant négatif n’est pas inversé, il semble que les électeurs français rejetteront les plans de l’élite bureaucratique européenne non élue qui a plus ou moins poussé au programme de l’unification européenne dans les quelques décennies passées sans contrôle public. C’est ainsi que l’élite européenne, en progressant vers son régime de rêve post-nationaliste (et anti-américain) d’élites multinationales rédigeant des traités et des règlements, et concoctant des intrigues à Bruxelles, peuvent vraiment souffrir des conséquences de se couper elles-mêmes des citoyens au nom desquels elles prétendent travailler.

L’aspect le plus frappant de ce tournant des évènements est qu’il nous rappelle ce que signifie vivre dans une société gouvernée démocratiquement. Cela signifie que quand les élections sont libres, équitables et directes, les dirigeants de tout gouvernement spécifique sont supposés refléter la volonté collective de leur peuple et que la politique d’un gouvernement démocratiquement élu sera, en définitive, à l’image des intérêts de la communauté des électeurs qui constituent cette société. Si, comme l’Occident l’a fait depuis environ 400 ans, les citoyens sont considérés comme des acteurs rationnels, alors le résultat des élections devrait donner lieu à l’émergence et au développement de sociétés pacifiques, non révolutionnaires et créatrices de richesses.

Dans des pays où les élections sont truquées - soit par un processus électoral non direct, ou par des régimes qui les orchestrent de manière à empêcher le peuple d’exercer un authentique libre choix - la connection entre les gouvernés et leurs dirigeants devient atténuée et les politiques du gouvernement ne seront pas instruites nécessairement par les intérêts du peuple.

C’est le cas, sans le moindre doute, en Arabie saoudite. Samedi dernier, lors du troisième tour des élections municipales dans cette monarchie absolue, des candidats islamistes furent balayés. Le fait que les femmes en Arabie saoudite n’ont pas le droit de vote, de même que le pays est gouverné autant par la police de la pensée religieuse que par la police secrète, ne laisse aucun doute sur les résultats.

Dans l’Autorité Palestinienne, la situation est encore plus grave. Les Palestiniens sont gouvernés par un ensemble de tyrannies mutuellement bloquantes bien qu’indépendantes. D’un côté, ils ont l’AP elle-même avec sa police secrète et ses escadrons d’hommes de main., plus connus sous le nom de ‘Forces de Sécurité Palestiniennes’, qui déterminent qui recevra les emplois, les diverses licences ou permis de travailler en Israël. De même, l’AP, détermine le contenu des livres scolaires et des programmes universitaires, des sermons dans les mosquées, et des émissions à la radio et à la télévision.

D’un autre côté, Les Palestiniens sont dirigés par des organisations terroristes qui gouvernent les rues de Rafah à Jénine. Certaines, comme le Hamas, les amènent dans leur bercail grâce aux fonds de bienfaisance financés par les Saoudiens. D’autres, comme le Fatah, les entraînent par l’intimidation, ou en payant des salaires de l’AP financés par le Hezbollah ou l’Iran.

Etant donnée la situation, les zones dirigées par l’AP peuvent être comparées à une jungle, et la force la plus puissante dans chaque zone spécifique est la plus populaire.
Ainsi, quand le président de l’AP Mahmoud Abbas veut flatter le peuple, il flatte les hommes forts, qui sont aussi des terroristes. Cela représente pour Israël et les USA une situation impraticable. Sous leur pression conjointe, pour réformer ses services de sécurité, il a placé l’homme fort Rashid Abu Shabak - en remplacement de l’homme fort Mohammed Dahlan, comme chef du ‘Service de Sécurité Préventive’ (SSP = version AP du KGB) - pour diriger la SSP à la fois à Gaza et en Judée et Samarie.

Shabak est un homme puissant. Mais c’est aussi un meurtrier de masse et un maître terroriste. Il a commandité l’attentat à la bombe contre le bus scolaire à Kfar Darom en novembre 2000 où deux adultes furent tués et trois enfants eurent les jambes arrachées. Il est connu à Gaza aussi bien comme le père des mortiers palestiniens - dont plus de 5.000 ont plu sur les communautés israéliennes de la région depuis leur introduction en 2001 - et comme le « chasseur de collaborateurs ». Selon Khaled Abu Toameh du ‘Jerusalem Post’, au cours des années passées, Shabak a « chassé à mort » plus de 100 Palestiniens qui ont aidé Israël dans ses opérations anti-terroristes.

Pourtant dans la jungle de la société palestinienne, Il ne suffit pas de dorloter des terroristes. Ce qui est le plus important est d’être un terroriste. Ainsi, le Hamas est assuré de devenir une force politique avec laquelle il faudra compter après les élections prévues le 17 juillet pour la législature palestinienne. Les dirigeants du Hamas ont déjà fait clairement savoir qu’ils sont d’abord et avant tout une organisation terroriste et qu’ils n’abandonneront pas leurs armes suite à leur engagement en politique. Comme Mushir al-Masri l’a déclaré à la presse cette semaine, « nos doigts resteront sur la gâchette ». Masri a maintenu que la participation du Hamas aux élections « ne signifie pas qu’il est sur le chemin de devenir un parti politique ».

Dans le même temps, les Palestiniens, élections ou pas, se préparent pour le prochain round de la guerre, qu’ils prévoient de rouvrir en septembre, tout de suite après que le plan du Premier Ministre Ariel Sharon d’expulser tous les citoyens israéliens de leurs foyers à Gaza et dans le nord de la Samarie, aura été achevé.

Cette semaine, plusieurs reportages ont indiqué que des Palestiniens ont fait passer en contrebande des armes anti-aériennes et anti-tanks en Judée et en Samarie. Le jihad islamique se réorganise dans la zone de Jénine qui fait partie du retrait israélien. Dans le même temps, les Forces de Défense d’Israël [Tsahal, ndt] envoient des forces spéciales pour tenir les 180 Kms de frontières avec l’Egypte qui désormais, pour la première fois depuis la signature du traité de paix il y a 25 ans, est considérée par Tsahal comme une menace stratégique pour Israël.

Aussi en Israël, après avoir acheté un nombre suffisant de députés du Likoud pour empêcher un référendum national sur son plan de désengagement et d’expulsion, Sharon a fait en sorte d’effrayer de nombreux amis d’Israël à Washington au début du mois avec son discours sur la probabilité de la survenue d’une guerre civile. Des Américains prennent le spectre de la guerre civile très au sérieux.

Mais ce qu’ils ne peuvent pas vraiment comprendre d’où ils se tiennent, est que ce ne sont pas les Israéliens blâmés pour l’expulsion de leurs foyers qui souhaitent la guerre civile, mais les partisans nouvellement trouvés de Sharon à l’extrême gauche. C’est l’éditorialiste du Haaretz, et admiratrice de Susan Sontag, la pseudo-intellectuelle Avirama Golan qui a exprimé cette soif de sang tout récemment. Golan a expliqué ainsi son opposition à la proposition de construire des communautés à Nitzanim pour les Israéliens promis à l’expulsion : « Transférer les évacués du Gush Katif dans un nouvel ensemble de voisinage construit spécialement pour eux le long de la belle bande de Nitzanim renvoie un message implicite problématique. C’est un message qui dit [encore une fois] aux colons [sic, ndt] juifs des territoires : vous êtes le groupe élu. Vous ne serez pas comme tous les autres Israéliens... Si c’est ce que le gouvernement israélien fait lors de l’évacuation du Gush Katif, l’aiguillon essentiel de l’évacuation des implantations sera neutralisé. Ce sera comme si rien n’avait été fait ».

Ainsi, pour Golan, si les milliers d’Israéliens contraints de force à l’expulsion de leurs foyers et de leurs fermes selon les plans du gouvernement, ne sont pas maltraités, alors toute l’opération ne sera pas significative. Elle veut que ses opposants politiques qui affirment leur foi en Dieu et aux droits des Juifs, souffrent. Et s’ils ne souffrent pas, alors Sharon aura failli selon elle.

Ce que Golan représente est la version israélienne des élites européennes. Elle et ses copains représentent une toute petite minorité d’israéliens, mais comme ses alter ego européens, ils exercent une grande influence à travers leur contrôle des médias, le système judiciaire, et les universités. Comme Amnon Abramovich, le directeur politique de la deuxième chaîne [Channel 2 en Israël, ndt] l’a dit du Premier Ministre lors d’une conférence sur le plan de désengagement, « selon moi, nous devons protéger Sharon non seulement des menaces politiques mais aussi des menaces judiciaires ».
Quand ses remarques ont été soumises à investigation cette semaine, il recula et déclara que Sharon devrait seulement être protégé par les médias jusqu’en septembre - après que le désengagement aura eu lieu.

Quatre-vingt mille Israéliens ont bravé les attaques de roquettes et de mortiers sur les communautés israéliennes à Gaza mercredi pour venir dans le Gush Katif manifester contre le désengagement planifié par Sharon. Les partisans du Premier Ministre proclament qu’une majorité d’Israéliens soutiennent le plan. Mais la vérité est probablement différente. Une majorité d’Israéliens est sûrement indifférente aujourd’hui au plan, mais l’indifférence ne doit pas être confondue avec le soutien.

Cela étant, et étant donné que de jour en jour il devient de plus en plus clair combien le plan de Sharon est mal avisé aussi bien sur le plan stratégique que dans une perspective opérationnelle, il est compréhensible pourquoi Sharon et ses partisans et protecteurs élitistes de la démocratie israélienne sont si mortellement effrayés par un référendum. Mais la question que les Israéliens, les amis d’Israël et les partisans de la démocratie israélienne devraient soulever maintenant est la suivante : Les français ont recours à un référendum pour exprimer leurs opinions sur un projet qui a été entrepris largement sans leur consentement, et par rapport auquel ils sont de plus en plus désenchantés. Le public israélien est obligé par les évènements de se confronter aux dangers que le plan de Sharon pose au pays et à ses citoyens.

En l’absence d’un référendum - et en faisant l’hypothèse que le gouvernement ne tombera pas avant le retrait parce que le parti travailliste, le parti Yahad [Meretz, extrême gauche israélienne, ndt] et les partis arabes protègeront Sharon pour assurer que des élections sont hors de question - Par quel moyen les Israéliens pourront-ils exprimer leur opposition au plan adopté sans leur consentement, et par rapport auquel ils sont de plus en plus désenchantés ?

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  • Caroline B Glick contribue à JWR. Elle est membre supérieur pour le Moyen-Orient de la Politique de sécurité à Washington D.C. et rédacteur en chef adjoint du Jérusalem Post

http://www.jewishworldreview.com/0405/glick042905.php3

© 2005, Caroline B. Glick


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