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Le chef politique du Hamas : l’accalmie n’est qu’une ruse dans le plan de résistance. Le Hamas ne s’oppose pas aux « frontières de 1967 » comme solution intérimaire.

MEMRI

jeudi 28 avril 2005
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La « Tah’dia » n’est qu’une ruse...
Adaptation française de Simon Pilczer

Une convention tenue par le journal égyptien « Al Ahram », à laquelle ont assisté des écrivains et des experts des Affaires palestiniennes suivant l’accord palestinien du Caire sur l’accalmie de la situation (Tah’diah), a aussi accueilli le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mashal. Intervenant à la convention, Mashal a déclaré que la ’Tah’diah’ était une ruse et que la résistance continuerait aussi longtemps que l’occupation existerait. Mashal a aussi exprimé sa préoccupation sur la prise de contrôle des terres des implantations par l’AP et le Fatah après le désengagement, et a déclaré qu’aux yeux du Hamas, il n’y a pas d’objection à l’établissement d’un état palestinien à l’intérieur des frontières de 1967 comme solution intérimaire.
Ce qui suit sont des extraits du discours de Mashal (1).

Nous avons accepté la Tah’diah pour prévenir une implosion palestinienne interne

Nous avons atteint une réalisation dans l’arène palestinienne... Nous voulions éviter l’implosion palestinienne interne que Sharon voulait. Il [Sharon] la discorde [entre nous] de façon qu’il puisse faire pression sur Abu Mazen pour affronter la résistance... [Avec notre consentement] nous l’avons évité. Notre second objectif était d’envoyer un message à la communauté internationale pour faire savoir que le problème ne repose pas sur le peuple palestinien ou la résistance palestinienne, [mais plutôt] sur l’occupation notre troisième objectif était de donner un chance et un espace libre pour mettre la maison palestinienne en ordre... Quatrièmement, nous nous sommes efforcés d’atteindre, à travers l’initiative temporaire de la tah’diah, une chance de réaliser les intérêts directs de personnes palestiniennes, comme la libération de prisonniers...

« ... Chaque mot a une signification particulière, et notre choix du terme tah’diah n’est pas dû au hasard. Une Hudna (cessez-le-feu) est un accord dont les termes sont acceptables par les deux parties, mais dans la situation actuelle, il n’y a pas de tels termes. La partie palestinienne est faible... Nous considérons cette tah’diah comme une initiative palestinienne conditionnelle si l’autre partie remplit les termes [du contrat, ndt]... »... Le Hamas contrôle son aile militaire... et malgré le fait qu’il est l’une des plus grandes factions de la résistance, il est très capable de maintenir la discipline chez ses hommes. La tah’diah signifie tah’diah, et si vous parlez d’escalade, il y a escalade. Il y a un engagement et il est honoré. Aux yeux du Hamas, la tah’diah est une ruse dans des plans de résistance, mais aux yeux de l’Autorité Palestinienne, la tah’diah est une étape sur la voie hors du plan de résistance... Mais nous lui donnons encore une chance... Nous pouvons être patients et endurer, mais pas dans la perspective de ceux qui veulent se libérer de l’intifada..."

Le Hamas n’a jamais entrepris une opération dont l’objet était de saboter les plans diplomatiques

« ... Concernant la nature de la lutte, nous savons et comprenons que la communauté internationale n’accepte pas qu’il soit porté atteinte aux civils... Mais l’existence de l’occupation requiert la résistance... La Hamas n’est pas au pouvoir et il opère selon l’état d’esprit du public. Si le public rejetait la résistance, le Hamas ne pourrait pas la soutenir. Nous respectons le public, car sinon, pourquoi aurions-nous accepté cette tah’diah maintenant ?... »... Le projet du Hamas est la résistance. L’histoire n’a pas vu une occupation se terminer sans résistance... Chaque négociation vidée de résistance est inutile... Le Hamas devient un organe politique seulement après l’établissement d’un état indépendant. Aussi longtemps qu’il y aura une occupation, [le Hamas] associera la résistance avec l’activité politique...«  »... Nous ne nions pas que quand le Hamas agit de façon décisive, il heurte souvent la sécurité et la politique [de l’OLP]. Nous faisons des erreurs et nous ne les cachons pas. Cependant, il existe des questions sur lesquelles les Palestiniens ne se font pas justice, par exemple, [la critique du Hamas concernant] le calendrier des opérations. Le Hamas n’a jamais réalisé une opération dont l’objet était le sabotage de plans diplomatiques. Je ne veux pas prendre la responsabilité de l’échec de plans dont je suis convaincu qu’ils étaient voués à l’échec de toute façon... Moi-même, souvent je désapprouve le calendrier de certaine opération, mais je ne peux pas la contrôler à cause des conditions sur le terrain. Le Hezbollah par exemple, détient le contrôle parce qu’ils sont sur le front (et peuvent déterminer) l’attaque de certaine cible un certain jour ou non... Les factions d’opposition trouvent difficile de contrôler le calendrier des opérations...« J’ai dit à Abu Mazen : »Attention, avant qu’ils ne t’empoisonnent comme ils l’ont fait pour Arafat«  »... Quand nous en viendrons à la fin de l’été et à la fin de 2005, l’ambiance suivante sera créée : l’accord [diplomatique] sera ’recongelé’, et on ne peut écarter la possibilité que Sharon blâme Abu Mazen d’être l’obstacle à la paix, exactement tel que Abu Ammar [Arafat] était considéré. Abu Mazen a entendu cela de ma part, en a ri, et déclara que « c’est un scénario prévisible et sans surprise ». J’ai répondu « Attention, prends garde qu’ils ne t’empoisonnent comme ils l’ont fait pour Arafat »...

« ... Je ne peux me satisfaire des frontières de 1967 seules et les considérer comme une solution permanente... Un Palestinien pourrait dire : »Qui t’a donné le droit d’abandonner les droits des Palestiniens ?« Ainsi Abu Mazen lui-même le déclare-t-il dans ses discours : »Je ne peux abandonner le droit au retour« . Ce serait son suicide politique, car il y en a 5 à 6 millions dont le problème doit être résolu. Cependant, le Hamas n’a pas d’objection pour accepter les frontières de 1967 en tant que solution intérimaire. »... existe-t-il une ambiguïté sur la position du Hamas concernant le futur état palestinien ? [Le Hamas veut-il] un état démocratique ou un état binational ? Nous voulons un état démocratique... sous l’aspect religieux, nous n’imposerons rien au peuple, et nous ne voulons pas de fanatisme ni d’extrémisme. Comme pour un état binational, je comprends le concept, mais la signification d’un état binational est vous, le côté le plus faible, demandez des droits égaux. Je peux demander cela pendant cent ans, et nous avons l’expérience avec les Palestiniens de 1948 [citoyens israéliens arabes]. Un [état] binational n’est pas une solution pratique et à la fin [les Palestiniens seront annexés] à un état d’occupation..."

Quand Israël se retirera de Gaza, il y aura une période d’émeutes couvrant les pillages

« ... Un problème existe si un conflit éclate par-dessus les pillages [dans les implantations dont Israël se retirera de Gaza]. La plus grande crainte ne provient pas du public en général, mais du personnel de l’AP - ceux qui sont supposés être les gardiens [des biens] sont eux-mêmes les voleurs. Tous ceux qui ont pris de la terre [sans permis] et construit des cabanes dessus sur les plages de Gaza sont des hommes de l’Autorité [Palestinienne] et des forces de sécurité [palestiniennes]. Ainsi, il y a un accord parmi tous les organes palestiniens sur le fait que le Fatah ou l’AP n’auront pas un droit exclusif sur ces terres. Je crains que si Israël se retire de Gaza, et il doit le faire, il n’y ait une période d’émeutes ou de problèmes résultant d’un conflit couvrant les pillages et le contrôle [et la question] de savoir qui remplira le vide... Le Hamas ne prendra pas part à ce conflit, mais il ne laissera pas la décision à Gaza être le monopole d’un organe. Il insistera pour être un partenaire parmi d’autres... »


(1) Al Ahram (Egypt) 30 mars 2005

http://memri.org/bin/opener_latest.cgi?ID=SD89405


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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