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Sommet des Pays Non Alignés de Téhéran ou comment utiliser des thèmes anti-israéliens pour fédérer

Hélène Keller-Lind

dimanche 2 septembre 2012
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Plusieurs fables de La Fontaine viennent à l’esprit à propos du Sommet des Pays Non Alignés qui vient de se terminer à Téhéran. Malgré tous ses efforts le régime des Mollahs ne sera pas parvenu à se poser en concurrent crédible de l’ONU dont le Secrétaire général était présent. Sa venue avait semblé être une victoire diplomatique, mais il a publiquement condamné l’Iran pour ses diatribes contre Israël, son négationnisme, son non respect des résolutions du Conseil de sécurité en matière de nucléaire, son rôle néfaste en Syrie. Le Président égyptien Morsi, dont la venue avait semblé être une autre victoire diplomatique, a également tancé l’Iran sur la question syrienne. L’Iran utilisant au final la recette de la virulence anti-israélienne.

Téhéran vivement critiqué sur place par deux de ses hôtes

La diplomatie iranienne allait se poser en chef d’un mouvement de recours contre « l’hégémonie américaine, le colonialisme et le régime sioniste », l’Iran accusant devant les représentants de 120 pays non alignés réunis en sommet à Téhéran, « les États-Unis et leurs alliés occidentaux [ qui ] ont armé le régime sioniste usurpateur d’armes nucléaires et créé une menace majeure pour cette région sensible ». Ce mouvement des pays non alignés « représentant les deux-tiers de l’humanité », seconde organisation par sa taille derrière l’ONU, était-il rappelé. ONU dont le Conseil de sécurité était vilipendé. Ce mouvement, avec Téhéran à sa tête allait assurer la mise en place d’un « ordre juste ».

La violence des propos prononcés contre Israël par le Guide Suprême iranien devant cette assemblée fut telle que le Premier ministre Benyamin Netanyahou réagit aussitôt, déplorant que ces torrents de haine aient été déversés sans que les personnalités réunies ne réagissent et annonçait qu’il se rendrait à l’Assemblée générale des Nations unies pour faire entendre la vérité sur l’Iran au lendemain de Kippour et rompre ce silence honteux

Pourtant, les deux coups réalisés par Téhéran en invitant Ban Ki-Moon et le Président égyptien Morsi se sont retournés contre le régime des Mollahs...Beaucoup s’étaient inquiétés, voire indignés de voir ainsi le Secrétaire général de l’ONU rompre l’isolation diplomatique imposée à Téhéran par les démocraties occidentales. Quant à l’Égypte, cette décision de renouer avec l’Iran après la rupture au lendemain de l’arrivée au pouvoir des Mollahs, avait de quoi préoccuper...

Condamnation sans appel de Ban Ki-Moon de l’Iran à propos d’Israël, de son programme nucléaire et de son rôle en Syrie

Or, Ban Ki-Moon ne mâcha pas ses mots depuis la tribune d’honneur. Il condamna sans réserves les menaces iraniennes de détruire Israël, la négation de la Shoah, le non respect des résolutions du Conseil de sécurité ou des demandes de l’AIEA en matière de nucléaire, et, utilisant un vocabulaire un peu plus diplomatique, le rôle néfaste que joue l’Iran en soutenant le régime sanguinaire de Bachar Al-Assad, rappelant les plus de 18.000 morts en Syrie à ce jour... http://www.desinfos.com/spip.php?pa...

Un Morsi très anti-israélien et contre le régime de Damas

Quant au Président égyptien, après les amabilités d’usage, notamment les louanges adressés au cousin du prophète Mahomet, Ali, révéré par les chiites et donc en Iran, s’il fit de la surenchère quant à la question palestinienne, il n’hésita pas à déclarer que « le régime d’Assad a perdu toute légitimité, » osant même comparer « la lutte pour leur liberté du peuple palestinien – censée être le modèle – et le peuple syrien ». Or, Ahmadinejad soutient envers et contre tout le dictateur de Bagdad...ulcérée, la délégation syrienne sortit d’ailleurs alors de l’hémicycle...

Ce sont donc deux claques magistrales qui furent administrées au régime des Mollahs, sur leur terrain, au vu et au su de ces représentants de 120 pays non alignés...

Le Département d’État satisfait des positions du Président égyptien sur le régime de Damas

Interrogé lors d’une conférence de presse sur les propos du Président égyptien concernant la Syrie, Patrick Ventrell,l’un des porte-paroles du Département d’État américain, exprima sa satisfaction en ces termes : « ce sont des commentaires très utiles et ils ont été très clairs et forts. Et, comme il l’a dit, il a mis tout le poids de l’Égypte derrière ’ce soutien juste pour une Syrie libre, indépendante, avec une transition vers un système démocratique qui respecte la volonté du peuple syrien d’obtenir la liberté et l’égalité’.
C’est là une déclaration forte et claire que le Président Morsi a faite, de toute évidence, à Téhéran à des personnes qui avaient besoin de l’y entendre. Ses commentaires, ceux du Secrétaire général aussi, pour soutenir le peuple syrien.....nous les applaudissons. Et nous partageons le but de l’Égypte qui est de voir la fin du régime d’Assad, la fin du bain de sang et une transition vers une Syrie démocratique qui respecte les droits de l’homme ».

Quant aux déclarations faites à Téhéran par Ban Ki-Moon, Patrick Ventrell déclarait : « Nous avis pensé que cela a été bien que le Secrétaire général, non seulement ait fait des déclarations claires et
fermes aux Iraniens concernant leur programme nucléaire, mais qu’il ait aussi soulevé la question de leurs épouvantables violations des droits de l’homme, qu’il ait aussi soulevé la question de la Syrie ».

Aucune question n’ayant été posée quant à la condamnation par Ban Ki-Moon de la conduite de l’Iran par rapport à Israël, il n’y eut donc pas de réponse lors de cette conférence de presse. Israël n’ayant été évoqué qu’à propos du jugement ayant débouté les parents de la militante anti-israélienne renversée alors qu’elle se trouvait devant un bulldozer de l’armée israélienne et qui y voyaient un meurtre

Le porte-parole n’évoqua pas non plus les diatribes anti-américaines et anti-occidentales entendues à Téhéran lors du Sommet, aucune question ne portant sur ce sujet.

Téhéran ferme les yeux sur ce qui dérange et cimente une entente sur le dos d’Israël

Bien évidemment Téhéran a choisi de ne pas réagir officiellement à ces prises de position du Secrétaire général de l’ONU ou du Président Morsi. Mais, faisant fi des propos de Ban Ki-Moon qui, entre autres, rejetait « fermement les menaces proférées par un État membre d’en détruire un autre – Israël - ou les scandaleuses tentatives de nier des faits historiques, comme la Shoah », le régime iranien a utilisé à fond la carte anti-israélienne. Qui a servi de ciment au mouvement des Pays Non Alignés. Comme l’a montré la déclaration finale adoptée pour conclure ce Sommet.

Trois résolutions contre Israël

Dans une dépêche du 1er septembre l’agence de presse palestinienne WAFA soulignait que trois résolutions y avaient été inclues concernant « la cause palestinienne. La première affirmant les droits légitimes du peuple palestinien, l’indépendance de la Palestine avec Jérusalem comme capitale et le droit au retour des réfugiés ». De plus, « la déclaration de Ramallah a été adoptée...elle affirme que l’OLP a la seule légitimité sur le peuple palestinien, sous la direction du Président Mahmoud Abbas. Soutient les efforts faits pour une réconciliation palestinienne selon les accords du Caire et de Doha. La troisième résolution, faite pour la première fois par le mouvement – des pays non alignés – a exprimé sa solidarité avec les prisonniers palestiniens et a appelé à leur libération immédiate »

« Le droit au retour des réfugiés » signifiant de fait la fin d’Israël, « l’indépendance de la Palestine » ne pouvant être acquise que par des négociations auxquelles se refuse Mahmoud Abbas, Jérusalem ne pouvant être, par ailleurs, la capitale de deux États et les « prisonniers » devant être libérés « immédiatement » ayant été condamnés par des tribunaux fonctionnant selon des normes démocratiques pour des violences ou des actes de terrorisme, ou en attente de jugements.

Ce ne sont pas moins de sept cent résolutions que comprend cette déclaration finale. Press TV, chaîne de télévision iranienne en langue anglaise, note qu’elle exprime le soutien des signataires « au programme nucléaire iranien, rejette les sanctions unilatérales contre la République islamique et demande que des efforts plus importants soient faits pour soutenir la cause palestinienne ». Parmi les »autres questions cruciales, la nécessité de combattre l’islamophobie et le racisme dans le monde »

Par ailleurs, le vice-ministre des Affaires étrangères iraniens déclarait que la non intervention militaire en Syrie était un point central de la déclaration finale, le ministre des Affaires étrangères, lui, soulignant qu’elle avait été adoptée à l’unanimité...


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