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La Turquie à nouveau en vedette

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

jeudi 28 juin 2012
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Un peu plus de deux après la mascarade de la flottille dite de la Liberté, menée par le navire Mavi Marmara, battant pour l’occasion pavillon de la Turquie, ce pays est à nouveau au premier plan de l’actualité.
En effet, il y a à peine une semaine, un avion de reconnaissance turc était abattu par la défense anti-aérienne syrienne, équipée de matériel russe.

Les travaux de recherche et de sauvetage ont permis de retrouver des objets appartenant aux pilotes ainsi que certaines pièces de l’avion, mais les pilotes ainsi que l’épave de l’avion n’ont pu être localisés, vient de faire savoir l’état-major des armées.turques.

Tant la réaction de la Turquie que celle de ses alliés de l’OTAN ont été relativement modérées, dans la mesure où l’on est en droit de s’interroger sur l’illégalité de la réaction de la Syrie, qui prétend avoir réagi pour défendre sa souveraineté sur son espace aérien.

Il faut savoir, en effet, qu’un avion militaire étranger n’a pas le droit de survoler, sans autorisation de l’Etat sous-jacent, le territoire terrestre, ni les eaux territoriales d’un Etat étranger.

Or, la Syrie soutient que le F4 Phantom turc, qui volait à 100 mètres d’altitude, était à l’intérieur des 12 milles nautiques correspondant aux eaux territoriales syriennes (soit un peu plus de 22 kms), tandis que pour la Turquie son avion était à 13 milles nautiques (soit un peu plus de 24 kms), c’est à dire au dessus de la haute mer, dont le survol est libre.

D’où le problème suivant : sachant que la vitesse maximale d’un F4 Phantom est :de Mach 2,23 (soit 2 370 km/h) à 12 190m et sa vitesse de croisière de 940 km/h, calculez la vitesse que met un tel avion pour parcourir 2 kms à 100 mètres d’altitude.

En tenant compte du temps de réaction des serveurs de DCA syriens, on comprendra aisément que l’on ne saura, sans doute, jamais qui avait raison…..

En tout état de cause, les autorités syriennes ont voulu mettre en garde la Turquie (l’avion ayant certainement été repéré dans son approche du territoire syrien) contre toute intervention étrangère dans ses affaires intérieures.

On sait, en effet, que la Turquie ne cache pas son opposition à la politique de répression poursuivie par Bachar al Assad.

Et il est vraisemblable que l’avion turc qui, officiellement, effectuait un exercice d’entraînement à la reconnaissance, au large des côtes syriennes, agissait pour le compte de l’OTAN.

Aussi, rappelons que cette organisation de coopération militaire est devenue, après la chute de l’Empire soviétique à l’égard duquel elle devait servir de bouclier, un instrument dans la gestion des crises (voir les interventions dans l’ex-Yougoslavie et encore à l’heure actuelle en Afghanistan).

A ce titre, l’OTAN a, également, joué un rôle décisif, il y a peu, en Libye, en permettant la coordination des interventions de plusieurs aviations étrangères, dont celle de la France, interventions qui ont permis la destitution de Mouammar Kadhafi.

Certes, cette intervention étrangère en Libye a été rendue possible par le consensus des 5 membres permanents du Conseil de sécurité, alors que, pour l’instant, le refus de la Russie et de la Chine de cautionner une autorisation analogue d’intervenir en Syrie a rendu impossible la réédition d’un scénario identique.

Toutefois, cela n’interdit pas la préparation éventuelle d’une aide aérienne apportée aux rebelles syriens.

Pour l’instant, manifestant sa solidarité à la Turquie, le Conseil atlantique, réuni, mardi dernier, à Bruxelles, a, sans doute, condamné, comme « inacceptable », l’acte imputable à la Syrie et appelé Damas à éviter la réédition d’incidents de ce type (la veille un deuxième appareil turc, recherchant les pilotes disparus, a échappé à des tirs syriens).

Mais, il n’a pas été envisagé de faire jouer – ce qui eut été une première d’ailleurs -l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord, aux termes duquel les Etats parties à cet accord (28 depuis 2009) déclarent que toute attaque armée dirigée contre l’un d’eux sera considérée comme une attaque dirigée contre tous et qu’ils conviennent que si une telle attaque se produit chacun d’eux assistera la partie attaquée, en prenant, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, et d’accord avec les autres parties, telle action qu’il jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée.

Autrement, dit – et heureusement – compte tenu de l’assistance militaire que la Russie continue à apporter à son « client » syrien – il n’a pas été question d’une réaction militaire collective à la suite de cet incident aérien.

La Russie a – heureusement également – regretté cet incident qu’un ministre syrien – il y a des ministres fantaisistes dans tous les pays – a attribué à une erreur, les militaires syriens pensant qu’ils s’agissait d’un avion israélien…..

En tous les cas, il est bon que les responsables des deux pays ont su « raison garder », ce qui laisse, malheureusement, entier le problème posé par la répression exercée par le dictateur syrien sur son opposition.

La dite opposition apparaissant, d’ailleurs, bien faible et désorganisée, ce qui ne laisse guère envisager, une solution satisfaisante, même à moyen terme.

Et Israël ne peut que rester sur ses gardes, au nord, comme au sud, où l’arrivée au pouvoir d’un président islamiste en Egypte n’est, déjà, guère encourageante.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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