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John Bolton : un faucon à l’ONU

Par Laurent Murawiec à Washington ©{{ Metula News Agency

jeudi 10 mars 2005
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La nomination au poste d’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU de John Bolton, naguère secrétaire d’Etat adjoint, complète l’équipe Bush et nous fournit la dernière clé requise pour en comprendre les ressorts et les orientations.

Pour ce faire, il nous faut faire un tour dans le labyrinthe compliqué de la politique washingtonienne et dans le dédale, certes plus sain, mais non sans méandres, de la politique bushienne.

George Bush, confirmé et conforté par les voix des électeurs américains, a commencé par centrer son équipe autour de ses principes : le secrétaire d’Etat Powell et son adjoint Armitage, qui avaient passé le plus clair de leur temps à saboter la politique moyen-orientale du président, ont été remplacés par la loyale Condi Rice, qui, faute d’être une visionnaire, n’est au moins pas une apostate. Rice qui, craignant par ailleurs la forte personnalité de John Bolton, lui a préféré le pragmatique professionnel Phil Zoellick comme adjoint. Il faut dire que la nouvelle secrétaire d’Etat aime se mettre à l’abri des vagues. De l’autre côté du pôle d’influence, on a gardé Rumsfeld, le « gorille », de même que son numéro deux, l’averti et réfléchi Paul Wolfowitz. Dans cette configuration ancienne-nouvelle, la « tour de contrôle » du gouvernement, Dick Cheney, conserve toute son influence et sa puissance d’initiative et d’inspiration.

Quant au renseignement, George Bush a, à l’automne, - peut-être trois ans trop tard - accepté la démission de George Tenet. Tenet, qui s’était montré soucieux uniquement de protéger l’arrière-train de la CIA, au prix des pires erreurs, de l’incompétence la plus noire et d’une insurrection des cadres supérieurs de la centrale contre le président. Son remplaçant, Porter Goss, tire sur tout ce qui bouge. ça n’améliore pas le rendement de la CIA mais ça a au moins le mérite de décourager les infidélités. Pour ce qui est du Conseil national de sécurité, il est désormais dirigé par le loyal et discret Stephen Hadley, un personnage sans relief ni saillie : Hadley, c’est du management.

Restaient deux grands postes à pourvoir dans l’Administration : le nouveau - et mal défini - job de ‘Directeur national du renseignement’, qui a échu au diplomate de choc John Negroponte ; et celui d’ambassadeur à l’ONU. Ronald Reagan avait donné l’exemple de la fermeté américaine à Manhattan en nommant l’« Irlandais », intellectuel et pugnace, Pat’ Moynihan. Un ambassadeur qui avait semé la terreur en appelant par leurs noms les vilenies soviétomanes, palestinolâtres et tiersmonsdophiles qui régnaient alors aux Nations Unies. Jeanne Kirpatrick lui avait succédé, dame de fer de la diplomatie américaine, qui partageait le penchant de son prédécesseur à dénommer un chat un chat et un assassin un assassin. Le nouvel appelé participe de cette tradition d’ambassadeurs entiers, qui a souvent fait tache dans les salons feutrés de la diplomatie onusienne ; voilà sans doute pourquoi la nomination de Bolton, diplomate chevronné de 56 ans, mais assurément franc-tireur, soulève l’ire, voire la rancœur et la trouille dans les chancelleries, comme on le chuchote chez les mous et chez les partisans habituels des minauderies diplomatiques, républicains modérés et autres démocrates immodérés des Etats-Unis.

Il est vrai que John Bolton dispose d’un palmarès éloquent. C’est lui, en effet, qui fut l’architecte du retrait américain du traité anti-missiles ABM ; un traité au demeurant inutile et même nuisible, mais qui était chéri par les alliés occidentaux ; c’est Bolton, toujours, qui fut à l’origine du refus américain d’accepter que notre constitution soit contredite par le traité instituant la Cour internationale de Justice (Bill Clinton l’avait signé mais jamais soumis au Congrès) ; et c’est Bolton, encore, le responsable du refus de signer le Traité de Kyoto qui punit le succès économique. Pour le surplus, notre nouvel ambassadeur à l’ONU fut le concepteur du PSI (Proliferation Security Initiative) contre la prolifération des armes de destruction massive, ainsi que des négociations à six sur la Corée. Son franc-parler à propos du régime concentrationnaire et affameur de Kim Jong-Il lui avait, à cette occasion, valu les insultes les plus vives de la part de la Corée du Nord. Et lorsque l’ONU cassa l’ignominieuse résolution « Sionisme=Racisme », c’est John Bolton qui fut la cheville ouvrière de cette révision. On le constate, l’homme n’a guère chômé ces quatre dernières années, ce qui était d’autant plus méritoire, qu’il était l’envoyé in partibus infideliis de Bush ; autrement dit, un Bushien en territoire ennemi, au département d’Etat.

L’envoi d’un faucon (un « néo-conservateur » diront les très prévisibles ronchons) aux Nations Unies, une institution qui traverse par ailleurs une crise profonde, est gage d’action salutaire. Kofi Anan, complice du génocide rwandais et du massacre de Srebrenica, coupable de saddamophilie aiguë, d’arabo-adoration et de conduite criminelle dans l’affaire « Pétrole contre Nourriture », est mal en point. L’organisation internationale elle-même chancelle. Cela a constitué une raison de plus, pour George Bush, d’y envoyer un homme de confiance qui parle haut et clair, au lieu des diplomates américains de l’école traditionnelle ; ceux qui préconisaient, encore et toujours, d’engager le dialogue avec les Brejnev, les Assad père et Assad fils, Arafat, avec l’ayatollah de service et autres tyrans de tous plumages. La nomination de John Bolton à Manhattan s’intègre parfaitement dans la ligne d’action de la nouvelle équipe Bush. Une doctrine qu’elle emprunte à l’empereur Tibère, qui déclarait à propos des aristocrates du Sénat romain : « qu’ils me haïssent, pourvu qu’ils me craignent ».


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