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L’héritier d’Arafat

Charles Krauthammer, Washington Post - Traduction française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC

samedi 8 janvier 2005
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Personne n’a-t-il appris quelque chose ?

Le 13 septembre 1993, j’étais sur la pelouse de la Maison Blanche pour assister à la signature des accords d’Oslo. J’ai aussi observé l’effondrement intellectuel de toute l’intelligentsia du Moyen-Orient - journalistes, politiciens, « experts » - quand ils tombèrent en pâmoison à la fameuse poignée de mains entre Yasser Arafat et Itsh’ak Rabin et refusèrent, ce jour-là et pour les années à venir, de reconnaître ce qui était évident : Arafat s’embarquait non pas pour la paix, mais pour la prochaine étape de sa guerre perpétuelle contre Israël, celle-ci devant être lancée bien plus avantageusement à partir d’une base sur le territoire palestinien qu’Israël venait juste de lui concéder de façon suicidaire.

Pourquoi cela était-il si évident ? Parce qu’Arafat le déclara ainsi - cette même nuit (dans une émission en Arabe à son peuple sur la télévision jordanienne) et bien d’autres fois ensuite. Les experts du Moyen-Orient refusèrent de le croire. Ils ne voulurent pas l’entendre. Puis vint l’intifada. Des milliers de morts plus tard, ils le croient désormais. Les plus honnêtes parmi eux admettent qu’ils eurent tort.

Maintenant qu’Arafat est mort, Mahmoud Abbas est assuré de lui succéder et le monde est de nouveau en pâmoison. Abbas, nous répète-t-on, est le grand espoir, le modéré, l’opposant à la violence, l’homme qui a déclaré que l’intifada est contre-productive.

Le « faiseur de paix » advient. De nouveau, l’euphorie est dans l’air. De nouveau, personne ne veut écouter ce qui est dit.

Les élections pour désigner le nouveau leader palestinien se tiennent dimanche. Comme par hasard, s’agissant d’une élection palestinienne, nous connaissons déjà le vainqueur. Comment le Président désigné a-t-il mené sa campagne ?

30 Déc. : Abbas venant à Jénine, il est hissé sur les épaules de Zakaria Zbeida, un terroriste recherché et notoire des brigades des martyrs al Aqsa. Abbas déclare qu’il protégera tous les terroristes contre Israël.

31 Dec. : Abbas réitère son immortelle loyauté aux exigences maximalistes d’Arafat : retrait israélien complet aux lignes d’armistice de 1949, Jérusalem comme capitale palestinienne et - la cape rouge briseuse d’accord - le « droit au retour », qui enverrait des millions de Palestiniens de l’étranger non pas vers leur propre pays de Palestine, mais en Israël de manière à le détruire démographiquement.

1er Jan : Abbas déclare qu’il ne prendra jamais de mesures énergiques contre le terrorisme palestinien.

4 Jan : Abbas appelle Israël « L’ennemi sioniste ». Cette phrase est si odieuse que seuls le Hezbollah et l’Iran et ceux se consacrant ouvertement à l’extermination d’Israël l’utilisent.

Qu’en est-il de l’opposition si vantée d’Abbas à la violence ? Le 2 janvier, il indique aux terroristes du Hamas tirant des roquettes que mutiler et tuer des villageois juifs à l’intérieur d’Israël, « Ce n’est pas le moment pour ce genre d’action ». Voilà une intéressante « renonciation » au terrorisme : pas aujourd’hui, les gars ; peut-être plus tard, quand le temps sera venu. Ce qui était exactement l’approche utilitaire d’Arafat pour le terrorisme pendant la décennie d’Oslo.

Certaines des réponses américaines et israéliennes à Abbas suffisent à vous faire verser des larmes. Le porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis en Israël : « Nous pensons qu’il n’est pas nécessaire de nous focaliser sur chaque déclaration faite par un officiel ; ce qui est important est le processus. » Un officiel du bureau du Premier Ministre Ariel Sharon : « Les mots ne comptent pas au Moyen-Orient ; ce qui compte, ce sont les actes ».

N’avons-nous rien appris ? Au Moyen-Orient, les mots sont des actes. Jamais autant que dans une campagne électorale au cours de laquelle vos mots définissent votre plateforme et établissent votre mandat. Abbas concourt pratiquement sans opposition, et pourtant, aussi bien sur la question des fins et des moyens, il choisit de faire campagne comme Yasser Arafat.

Pendant la décennie d’Oslo, chaque déclaration d’Arafat de haine, d’incitation et de glorification de la violence était pareillement écartée. Puis les bombes commencèrent à exploser dans les cafés et dans les bus, et les hommes avisés au Moyen-Orient réalisèrent qu’il l’avait vraiment signifié tout ce temps. Maintenant de nouveau ils nous disent d’ignorer les mots. Abbas ne veut pas vraiment le signifier nous assurent-ils. C’est seulement pour se faire élire. Nous connaissons son vrai cœur modéré. Croyez nous.

Pourquoi ? Sur la base de leurs antécédents ? Et même plus important encore, vous ne pilotez pas la politique étrangère comme une branche de la psychiatrie. Abbas veut-il signifier les déclarations qu’il fait sur Israël maintenant ? Je ne le sais pas, et peu importe ce que vous entendez de la bouche des experts - les mêmes personnes qui vous assuraient qu’Arafat voulait la paix - eux ne le savent pas non plus.

Mais nous savons vraiment ceci : dans son premier moment de réel dirigeant, son émergence prévue depuis longtemps dans l’ombre d’Arafat, il choisit de hisser littéralement le drapeau des brigades terroristes des martyrs al Aqsa.

Abbas peut-il se transformer en un Sadate, qui émergea aussi dans l’ombre d’un leader charismatique, renversa sa politique et fit la paix avec Israël ? Je le croirai quand je le verrai. Et que je l’entendrai.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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