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Le calcul de l’OLP

Par Shmuel Trigano - Professeur des universités

mercredi 17 septembre 2003
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Où a-t-on jamais vu un État, sorti victorieux d’une guerre où il était menacé d’annihilation totale, remettre à son ennemi le plus implacable les gages de sa victoire, lui concéder une assise territoriale et le gratifier d’un embryon d’armée régulière avec comme seule demande de bien vouloir reconnaître... son existence ?

Quand a-t-on vu une négociation internationale conclure un accord sans que les problèmes les plus importants qui l’ont rendue nécessaire aient trouvé une solution ?

Où a-t-on vu un tel défaitisme se retourner contre ses auteurs devenus la cible d’une réprobation internationale ? Tout le monde a reconnu l’État d’Israël au sortir de dix ans d’Oslo.

A l’heure où la « feuille de route » semble morte, un bilan s’impose pour ce qui restera dans les annales de l’histoire internationale un phénomène unique. Et erratique. L’exemple même d’une immense niaiserie politique (de fait concoctée par des universitaires israéliens inexpérimentés en politique) dont on espère qu’il n’aura pas été le premier acte d’un suicide collectif.

Il n’y a en effet jamais eu de processus de paix mais une ruse de guerre de l’OLP qui s’inscrivait dans une stratégie graduelle visant à la destruction de l’État d’Israël et alternant périodes de trêve et de guerre, selon les règles les plus classiques de la « guerre populaire » que les Palestiniens ont apprises, dans les années 1970-1980, auprès des Soviétiques, des Chinois, des Vietnamiens et des Algériens.

Un géostratége, Joël Fishman, rappelle à ce propos la définition qu’en donne Stefan T. Possony : « Un conflit politique avec des opérations militaires comme forces d’appoint. »

C’est ainsi qu’il faut comprendre le « processus d’Oslo » côté palestinien, comme une étape, dans une guerre destinée à être longue. Ne fut-ce pas évident dès le lendemain de la signature de la « déclaration de principes » ? Trois mois après, l’OLP déposait une vingtaine de résolutions anti-israéliennes à l’assemblée générale de l’ONU et lançait une campagne de terreur contre les civils israéliens.

Deux cent cinquante morts israéliens, de septembre 1993 à septembre 2000, 824 de septembre 2000 à juin 2003, des milliers de blessés et d’handicapés à vie : la « paix » d’Oslo a provoqué plus de morts que la guerre d’usure lancée par l’Egypte (1968-1970) et la sécurité intérieure d’Israël n’a jamais été aussi fragile.

Tous les leaders palestiniens ont avoué qu’Oslo s’insérait dans un « plan par étapes », celui que l’OLP avait adopté en 1974. C’est ce que déclare en public Arafat de façon récurrente (mai et novembre 1994, juillet et septembre 1995, mai et novembre 1998). Ainsi que Fayçal Husseini, un homme célébré par les médias pour sa « modération », déclarait, un mois avant sa mort, au journal égyptien nassériste Al Arabi (du 2 juillet 2001) que les accords d’Oslo étaient « un cheval de Troie », destiné à pourvoir les Palestiniens d’une base territoriale pour conduire une guérilla permanente qui finirait avec la création d’un Etat palestinien sur les ruines d’Israël.

Hannah Arendt nous avait pourtant appris que, malgré leur fonctionnement à la façon de sociétés secrètes, les systèmes totalitaires déclarent toujours ouvertement leurs objectifs. L’Autorité palestinienne n’est-elle pas à ranger dans cette catégorie, issue d’un mouvement formé aux méthodes marxistes-léninistes et dont les seuls faits de guerre ne furent jamais que des actes terroristes commis sur des civils ?

Après avoir été élu avec 87,3% des voix en 1994, autant que le parti communiste polonais en 1947, Yasser Arafat n’a jamais tenu d’élections générales malgré ses obligations en vertu de l’accord signé à Washington le 28 septembre 1995...

Que fut l’intifada sinon le passage à une nouvelle « étape », armée cette fois-ci, de la stratégie par étapes ? De septembre 2000 à juin 2003, on décompte 18 000 attaques réussies ou tenues en échec, soit 18 attaques par jour. Depuis quelques mois le Hamas va jusqu’à tirer des roquettes sur des villes du sud d’Israël...


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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