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Réactions arabes à la loi américaine de recensement des actes antisémites dans le monde

Par Aluma Dankowitz - MEMRI

mercredi 15 décembre 2004
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Introduction

En octobre 2004, le président George Bush a promulgué une loi de recensement des actes antisémites dans le monde, « the Global Antisemitism Review Act ». Cette loi stipule que les Etats-Unis, « continueront de fortement encourager les efforts visant à combattre l’antisémitisme dans le monde par des relations bilatérales et par l’interaction avec des organisations internationales telles que l’OSCE (’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ».

La préface de cette loi relève « la recrudescence des actes antisémites à l’échelle mondiale, ces dernières années, y compris dans certaines des plus puissantes démocraties, ce qui a incité des organisations internationales (…) à remettre le problème à l’ordre du jour. »

Cette loi précise qu’à la mi-novembre 2004, un recensement des actes antisémites dans le monde et des dispositions prises par les gouvernements concernés pour y remédier sera soumis au Sénat et à la Chambre des représentants. En outre, une section sur l’antisémitisme sera dorénavant ajoutée au Rapport annuel du département d’Etat américain, relative à l’exercice des droits de l’Homme, ainsi qu’au rapport annuel sur la liberté religieuse dans le monde ; cette section devra inclure "un descriptif de la nature et de la portée des actes antisémites et de l’incitation à l’antisémitisme intervenus lors de l’année révolue, comprenant le descriptif

a) des actes de violence physique ou de harcèlement prenant pour cible des Juifs, des actes de violence et de vandalisme visant des institutions de la communauté juive, écoles, synagogues et cimetières inclus ;
b) de toute propagande dans les médias gouvernementaux et non gouvernementaux cherchant à justifier ou à promouvoir la haine raciale et à inciter à la violence contre les Juifs ;
c) des éventuelles dispositions prises par les gouvernements pour supprimer l’incitation à la violence et la propagande de haine
d) les dispositions gouvernementales pour promulguer et appliquer des lois relatives à la protection du droit à la liberté religieuse des Juifs ;
e) les efforts gouvernementaux pour promouvoir l’éducation de la tolérance et la lutte contre les préjugés.« La préface remarque en outre que »l’antisémitisme a parfois pris la forme de la diffamation du sionisme, le mouvement national juif, et de l’incitation à la haine contre Israël." Cette précision n’est toutefois pas rapportée dans la loi même, qui ne tient pas compte de ce type de diffamation ou de l’incitation à la haine contre Israël et le sionisme.

Malgré cela, la loi a été mal accueillie par les façonneurs d’opinion publique dans le monde arabe, lesquels ont déclaré que selon cette loi, toute critique de la politique israélienne était une marque d’antisémitisme. Ils ont qualifié la loi d’ingérence dans les affaires intérieures des Etats, craignant que son application ne porte atteinte à la liberté d’expression, et ont protesté contre « l’influence considérable des Juifs » aux Etats-Unis. Certains ont qualifié la loi de « raciste », arguant qu’elle ignore le fait que les Arabes sont aussi des sémites, également victimes de discrimination et de persécution. D’autres ont estimé que les Etats-Unis s’efforçaient, au moyen de cette loi, d’imposer leurs valeurs au monde, et que leur arrogance ne faisait qu’accroître la haine à l’encontre des Américains dans le monde.

Plusieurs de ces déclarations de protestation mentionnent MEMRI (le Middle East Media Research Institute) comme l’une des organisations ayant porté le sujet à l’attention du public, et ayant ainsi entraîné la promulgation de cette loi.

Lors du 10ème séminaire des pays méditerranéens de l’OSCE, tenu à Charm El-Cheikh les 18 et 19 novembre, l’Egypte a réussi a convaincre l’OSCE d’étendre son domaine d’application en incluant les actes islamophobes. Selon Al-Ahram weekly , « l’organisation compte nommer trois représentants spéciaux : un pour surveiller le phénomène croissant d’islamophobie, un autre pour l’antisémitisme, et un troisième pour les autres sortes de discrimination, d’intolérance et de xénophobie. » (1)

Voici les principaux arguments avancés contre le « Global Antisemitism Review Act »

Cette loi a pour but de protéger Israël et le sionisme, pas les Juifs

Le principal argument contre la loi est qu’elle est motivée par des considérations politiques plutôt qu’humaines et que son objectif est de préserver Israël des critiques légitimes de sa politique arabe. Un article du quotidien Al-Qods Al-Arabi (favorable à Saddam Hussein), publié en arabe à Londres, affirme que cette loi « protégera la terreur israélienne et donnera au gouvernement israélien le feu vert pour tuer, abattre et détruire », qu’elle sera « une épée tirée contre tous les écrivains, oulémas et politiciens qui élèvent la voix pour protester - en particulier dans la patrie arabe et le monde islamique. »

L’article évoque la « soumission » du président Bush au lobby juif américain et qualifie la loi de raciste : "Le président des Etats-Unis George Bush enfreint tous les critères moraux en se jetant dans les bras du mouvement sioniste (…) pour gagner les voix juives et se faire réélire (…) Personne ne récuse le fait que l’antisémitisme est dangereux et condamnable. Ce qui inquiète toutefois est l’amalgame évident entre judaïsme et sionisme, et le fait de traiter toute critique de l’Etat hébreu, de ses guerres de destruction et de nettoyage ethnique contre les Arabes de Palestine comme une critique des sémites (…) Nous espérions que le président Bush étendrait le domaine d’application de cette loi en y incluant d’autres formes de persécution religieuse, sans distinction ou discrimination entre les religions (…)

Le président Bush ne peut interdire les pièces de William Shakespeare qui tracent un portait affreux des Juifs en les décrivant comme des sangsues - dans le Marchand de Venise. Mais il peut forcer les Arabes à normaliser leurs relations avec Israël, à donner une nouvelle forme à leur religion et à leurs croyances de façon à servir cette normalisation, sans [pour autant] leur accorder les moindres de leurs droits légitimes. Cette loi est raciste dans son contenu, se révèle hostile aux Arabes et aux musulmans en prétextant le danger de l’antisémitisme (…)" (2)

Le journaliste Mohammed Al-Samak écrit dans le quotidien gouvernemental égyptien Al-Ahram que les Arabes sont opposés à l’antisémitisme, mais que la compréhension du terme « antisémitisme » par les Etats-Unis place et les Etats-Unis, et Israël, contre le reste du monde : "En principe, les musulmans en général et les Arabes en particulier ne peuvent que s’opposer à l’antisémitisme. Non parce que les Arabes sont des sémites comme les Juifs, mais parce qu’ils ont payé, et continuent de payer très cher pour les actes antisémites (…) L’antisémitisme a fait deux victimes, pas une : les Juifs, qui ont été persécutés, torturés et brûlés dans les camps de détention [nazis], et les musulmans et chrétiens arabes qui ont payé, et continuent de payer pour compenser ces crimes, en raison du complexe de culpabilité de l’Europe (…)

Les Etats-Unis ont adopté la définition des dictionnaires et de diverses sources académiques - selon laquelle ’antisémitisme’ signifie haine des Juifs, du sionisme et d’Israël. Cela implique que la critique que je formule du sionisme en tant qu’entreprise politique est considérée comme de l’antisémitisme, que n’importe quelle critique de la politique d’Israël, de ses crimes collectifs en Cisjordanie et à Gaza, de son occupation d’une partie de la Syrie et du Liban, de ses menaces de faire sauter la centrale nucléaire iranienne sera considérée comme de l’antisémitisme (…)

[Cette définition] établit une nouvelle réalité dans le domaine des relations internationales, où le monde est divisé en deux axes : l’un qui est accusé d’antisémitisme et qui comprend le monde islamique, le monde catholique (l’Amérique latine), le monde orthodoxe (la Russie), le monde bouddhiste (la Chine) et le monde laïc (l’Union européenne), et un autre axe qui s’oppose à l’antisémitisme, n’incluant que les Etats-Unis et Israël. L’application de cette loi américaine révèlera bien si cette politique est en mesure de combattre ou du moins de calmer l’antisémitisme, plutôt que de l’enflammer dans le monde - non pas à cause de la haine des Juifs, mais par rancœur à l’égard d’Israël et des Etats-Unis." (3)

Le journaliste Ahmed Al-Roubi assure, dans le quotidien Al-Sharq Al-Awsat , édité en arabe à Londres, que cette loi est conçue pour protéger Israël : " ’Sémitisme’ est un terme qui inclut plusieurs peuples. Les Juifs sont sémites, et les victimes palestiniennes le sont aussi. Si la loi faisait référence au sémitisme, le premier coupable serait Ariel Sharon, qui commet des crimes contre les Palestiniens sémites, les assassine et leur impose des punitions collectives. Le but de cette loi n’est même pas de protéger les Juifs, vu qu’il existe de nombreux Juifs aussi bien au sein de l’Etat hébreu qu’en dehors qui s’opposent à la politique d’Israël, des Juifs Américains qui sont persécutés et boycottés par les importantes institutions médiatiques américaines pour avoir critiqué Israël.

Cette loi vise à protéger Israël, qu’elle nomme ’antisémitisme’. Ce sera donc pour nous un honneur de rejoindre les nombreux écrivains et commentateurs politiques sur la liste des antisémites du département d’Etat américain - tant que le terme ’sémitisme’, dans la loi de Bush, fera référence à Israël (…) spécialisé dans l’imitation de l’Etat nazi (…)" (4)

Une accusation particulièrement dure a été émise par Ghazi Al-Aridhi, rédacteur au quotidien saoudien Al-Riyadh  : ce dernier estime que la loi permet à Israël de nuire aux Juifs tout en accusant autrui : "L’attaque israélienne contre l’Europe, et plus particulièrement contre la France et certaines sociétés composées de Juifs, s’endurcit, cette fois sous les gros titres d’ ’antisémitisme’. Les services de renseignements israéliens ont perpétré des opérations contre des cibles juives en France, dans le but d’effrayer les musulmans et de déstabiliser les Juifs français pour les encourager à quitter la France et à rejoindre leur patrie, Israël (…) Cette loi autorise Israël, au moyen de ses services [de sécurité] à perpétrer toutes sortes d’opérations contre des institutions juives ou des Juifs dans le monde, et d’en accuser ses ’ennemis’ (…)

Tous ceux qui critiquent Israël seront condamnés, accusés d’antisémitisme et de soutenir le terrorisme (…) C’est une ’loi contre la haine d’Israël’, alors que parallèlement, c’est la loi de la jungle qui s’applique dans le cas de la haine des Arabes et des musulmans, vu l’usurpation de leurs habitations et institutions (…)" (5)

C’est une loi qui enfreint la liberté d’expression et constitue une ingérence dans les affaires intérieures

Un autre reproche adressé à la loi de recensement des actes antisémites est qu’elle empièterait sur la liberté d’expression et contredirait les principes déclarés des Etats-Unis. Dans le quotidien gouvernemental égyptien Al-Ahram , le journaliste (Dr) Mahmoud Suleiman affirme que cette nouvelle loi est un coup porté à la liberté d’expression et qu’elle représente une ingérence dans les affaires intérieures des pays souverains : "Selon cette loi, la critique du meurtre de femmes et d’enfants et de l’expulsion de milliers d’entre eux, une fois leurs habitations détruites, et toute protestation contre l’expropriation des terres d’agriculture par les forces israéliennes d’occupation, entrent dans le cadre de l’antisémitisme’ (…)

Ce que cette initiative a de particulier, c’est le transfert des services de surveillance, jusque là sous la responsabilité d’organisations non gouvernementales (…) au niveau officiel du département d’Etat (…) Si un organe neutre s’était chargé d’élaborer ce projet, il ne se serait pas uniquement intéressé aux Juifs ou à l’antisémitisme (un terme qui aurait également fait référence aux Arabes), mais aurait en outre souligné le danger de toute déclaration ou action raciste ou hostile envers les religions monothéistes, et aurait aussi condamné les déclarations israéliennes regorgeant d’expressions cherchant à nuire aux Arabes et à l’islam (…)

Cette loi est fondamentalement en contradiction avec tous les appels des Etats-Unis, passés et présents, pour [encourager] la démocratie, l’égalité et la non discrimination. De même, elle est fondamentalement en contradiction avec les droits de l’Homme, à commencer par la liberté d’expression. [Cette loi] représente une ingérence dans les affaires intérieures [des Etats] parce qu’elle accorde à l’envoyé spécial responsable du recensement [des actes antisémites] et aux membres des missions américaines dans les différentes capitales du monde, le droit de surveiller et de superviser des affaires qui se trouvent au coeur de la politique intérieure des Etats concernés.

De même, [cette loi] est une sorte d’extorsion, en ce qu’elle lie l’aide financière [accordée par les Etats-Unis] aux muselières (…)" (6)

Le Dr Mustafa Abd El-Ghani estime aussi dans un article paru dans le quotidien Al-Ahram, que la loi de recensement des actes antisémites est un coup à la liberté d’expression, assurant que désormais, ’les Juifs vont pouvoir se propager avec impudence dans le monde, agir comme bon leur semble, avec le maître impérialiste du monde à leurs côtés pour les appuyer ; celui-ci va jusqu’à promulguer des lois et publier des communiqués pour protéger les droits de l’Homme des seuls Juifs. Cela en raison d’intérêts électoraux, de la pression exercée par la droite conservatrice [aux Etats-Unis] ou de l’influence d’organisations de recherche qui, pour la plupart, constituent des sous-groupe d’orientalistes (…) [Les conservateurs de droite qui appuient la loi] ont des liens avec des organisations telles que MEMRI, qui s’occupent aujourd’hui d’accuser ou de faire un procès à quiconque serait tenté d’émettre des propos susceptibles d’être considérés comme défensifs face aux forts (…)" (7)

Dans un autre article, le Dr Abd El-Ghani mentionne de nouveau « l’organisation sioniste MEMRI », assurant que MEMRI « a comploté avec impudence contre le centre culturel des Emirats arabes unis, le Centre Zayed, parce que ce dernier était neutre et accueillait de nombreuses personnalités influentes par leur pensée (…) L’attaque contre le Centre Zayed accusait ce dernier d’hostilité à l’égard des Etats-Unis, d’encourager l’antisémitisme, de disséminer des théories de complot, de réfuter l’Holocauste et d’autres choses du même genre, et en fin de compte le centre a été fermé (…) Nous vivons à l’âge des sionistes, lesquels se sont emparés de la pensée évangéliste et de la pensée de façon générale ; et en se réclamant des ’Juifs’, ils ont envisagé de promulguer des lois contre autrui, les ’Goyim’, comme ils appellent leurs ennemis, qui sont systématiquement condamnés à mort (…) » (8)

Le quotidien qatari Al-Sharq a qualifié une telle loi de ’terreur intellectuelle’ : "La ratification de cette loi par Bush révèle l’influence juive qui se répand avec force dans l’actuelle Administration américaine (…) Le résultat naturel de cette loi sera une espèce de ’terreur intellectuelle’ exercée par l’Administration américaine, sous l’apparence de lois interdisant toute opinion critique d’Israël et de ses actions terroristes, en particulier dans la région arabe. En outre, il sera fait un procès à toute personne ayant une opinion [critique]. Nous avons en effet affaire à un nouveau [type de] soutien américain de la politique israélienne (…)

A notre avis, cette loi étendra le cercle des ennemis de l’actuelle Administration américaine - qui outrepasse toutes les limites dans son parti pris favorable à Israël (…)" (9)

Les Américains veulent imposer leurs valeurs au reste du monde

Dr Abd El-Wahhab al-Massiri, intellectuel égyptien, auteur de l’encyclopédie « Les Juifs, le judaïsme et le sionisme », déclare : « Cette loi participe à l’attaque américaine contre le monde. » Il ajoute : « Les Etats-Unis veulent mettre en évidence leur hégémonie [sur le monde, et à cette fin] ils en appellent tantôt à la démocratie, tantôt aux droits de l’Homme, et dernièrement ils ont prétexté l’antisémitisme. Tous [ces sujets] sont les instruments dont se servent les Etats-Unis pour s’ingérer dans les affaires des autres pays et leur imposer leur politique et leur vision du monde. » (10)

Le journaliste égyptien Hassan Abou Taleb, directeur du ’Rapport stratégique arabe« , affirme quant à lui dans le quotidien saoudien Al-Watan que les Etats-Unis essaient d’imposer leurs valeurs au monde : »Ce n’est pas la première fois que les autorités législatives aux Etats-Unis se sont instituées en autorités législatives du monde entier. Elles imposent leur patronage aux autres Etats, affichant une vision particulière qui provient de l’expérience américaine, bien distincte - vision que les Etats-Unis tentent d’imposer aux autres pays (…) Ils essaient d’obliger des gouvernements à l’adopter, comme si ’souveraineté nationale’ ne voulait rien dire, traitant ces gouvernements comme des gouvernements locaux d’Etats américains. Nous avons déjà assisté à ce comportement pas le passé, avec la loi américaine sur la liberté religieuse dans le monde. Cette loi estime que la situation des religions dans le monde est semblable à celle qui prévaut dans le pays modèle que serait l’Amérique, où chacun est libre de créer une nouvelle religion (…), sans tenir compte du fait qu’il existe des religions monothéistes sacrées auxquelles il n’est pas question de toucher, et que quiconque parmi ses membres n’y croit pas est enjoint à se taire (…)

L’Administration Bush compte s’ingérer directement dans ce qui est écrit, publié et distribué par le phénomène juif dans les pays arabes et islamiques - comme s’il était nécessaire d’accorder une protection absolue aux Juifs, qui seraient un groupe à part qui ne droit en aucun cas être critiqué - un groupe qui se situe au-dessus des lois et au-dessus des conventions internationales des droits de l’Homme, lesquelles ne font pas de distinction entre les différents groupes.

Le danger devient plus clair, vu la signification de cette maudite loi - selon laquelle toute critique d’Israël, et en particulier de ses actions inhumaines et barbares contre les Palestiniens, relève de l’ ’antisémitisme’. Cette loi déclare apparemment que quiconque ose critiquer l’Etat juif, Israël, même politiquement, comme on critique n’importe quel autre Etat, y compris les Etats-Unis, fait preuve de haine à l’encontre des Juifs (…)

Cette maudite loi ne reconnaît pas que les Arabes sont des sémites, ni que la discrimination à leur encontre va croissant (…) dans certains pays européens ainsi même qu’aux Etats-Unis, ce que [cette loi] aurait dû mentionner, ou au moins en dire un mot. [En ignorant ces faits], cette loi fait preuve d’un scandaleux antisémitisme, basé sur la religion et la race (…)

Il ne suffit pas d’ignorer l’existence de cette loi (…) La moindre des choses est que l’Organisation de la conférence islamique émette un communiqué rejetant cette loi dans son intégralité et donne ainsi l’exemple aux pays islamiques, afin qu’ils n’aient pas de relations avec l’envoyé spécial des Etats-Unis chargé de l’antisémitisme.

Le minimum consiste en outre pour les pays arabes à s’unir contre cette loi et à rejeter toute forme d’ingérence [dans leurs affaires], ingérence qui cherche à supprimer la liberté d’expression et de créativité, [ce qui comprend] la critique du triste visage de la politique israélienne (…)" (11)

Les partisans de la loi

Toute loi qui lutte contre le racisme profite aux Arabes et aux musulmans

La réaction d’Abd El-Rahman Al-Rachid, ancien directeur du quotidien Al-Sharq Al-Awsat et actuel directeur général de la télévision Al-Arabiyya, révèle un point de vue bien différent :

Exhortant les Arabes à soutenir la loi de recensement des actes antisémites, il écrit : "Certains craignent que cette loi (…) ne devienne [une loi] contre les droits des Arabes dans leur combat contre Israël. Toutefois, bien que le terme ’antisémitisme’ puisse être mal interprété, nous devons prendre cette loi pour ce qu’elle est : une loi visant à recenser, et non à punir.

Deuxièmement, elle combat le racisme et il convient donc de l’encourager, non de la condamner. Nous devrions dire ’oui’ à cette loi et demander à ce qu’elle s’applique aussi au racisme anti-musulman, au racisme envers les noirs ou envers toute autre minorité. Une initiative de ce type aura une plus grande signification et connaîtra un plus grand soutien public que s’il se limite à un seul groupe de personnes.

Parallèlement, ne nous égarons pas en confondant Israël et judaïsme, ou pensée sioniste extrémiste nationaliste et religion juive. Une telle erreur serait un faux pas révélateur d’un racisme évident, ne différant aucunement du racisme anti-arabe et anti-musulman dû aux actions de certains d’entre nous.

La vérité historique, ignorée de beaucoup d’entre nous, est que la protection des Juifs sémites du racisme européen sert également les Arabes et les musulmans venus s’installer en Europe après la deuxième guerre mondiale. Suite à la défaite de la pensée raciste nazie, des lois strictes ont été promulguées [en Europe] contre la discrimination raciale des minorités ethniques et religieuses (…) Plusieurs des lois en vigueur en Occident, qui protègent les mosquées, assurent [l’exercice ] de leurs droits aux citoyens d’origine arabo-musulmane, punissant quiconque se rend coupable de discrimination raciale ou religieuse dans la fonction publique et dans la vie de tous les jours, trouvent leurs racines dans le mouvement humanitaire qui refuse que la tragédie raciste intervenue avant et pendant la deuxième guerre mondiale (…) se reproduise un jour (…)

Toute nouvelle loi visant à lutter contre le racisme, aussi limitée soit-elle au départ, finit pas réaliser son but final : la guerre contre le racisme sous toutes ses formes et partout dans le monde."

*Aluma Dankowitz est chargée du projet de réforme de MEMRI

(1)Al-Ahram Weekly (Egypte), le 25 novembre 2004.
(2) Al-Qods Al-Arabi (Londres), le 18 octobre 2004.
(3) Al-Ahram (Egypte), le 3 novembre 2004.
(4) Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 17 octobre 2004.
(5) Al-Riyadh (Arabie Saoudite), le 31 octobre 2004.
(6) Al-Ahram (Egypte), le 10 novembre 2004.
(7) Al-Ahram (Egypte), le 15 novembre 2004.
(8) Al-Ahram (Egypte), le 29 novembre 2004.
(9) Al-Sharq (Qatar), le 17 octobre 2004.
(10) Aakher Sa’a (Egypte), le 3 novembre 2004.
(11) Al-Watan (Arabie Saoudite), le 8 novembre 2004.
(12) Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 18 octobre 2004.


L’Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI) est une organisation indépendante à but non lucratif qui traduit et analyse les médias du Moyen-Orient. Des copies des articles et autres documents cités, ainsi que toute information d’ordre général, sont disponibles sur simple demande.

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