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« Vigoureuse Raison » d’Oriana Fallaci

Par Lorenzo Vidino © Nationalreviewonline - Traduction française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC

mercredi 1er décembre 2004
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Oriana Fallaci n’est pas un nom familier aux Etats-Unis, mais il ne peut être prononcé en Europe sans provoquer une chaude réaction. Même si son livre publié en 2002, « la Rage et l’Orgueil », fut traduit en Anglais (par Fallaci elle-même), et vendu à de nombreux exemplaires aux USA, ce fut de l’autre côté de l’océan que les intellectuels, les politiciens, et les citoyens ordinaires débattirent avec passion des vues de la célèbre journaliste italienne.

La Rage et l’Orgueil est adorée ou haïe ; Les positions que Fallaci y prend ne laissent personne indifférent. Indignée par les évènements du 11 septembre, Fallaci critique aussi bien les Musulmans (tendus, selon elle, à conquérir l’Occident et à annihiler sa culture) et les Européens, décrits comme gâtés, hypocrites, et aveugles à la menace mortelle représentée par l’expansionnisme islamique). Les vues de Fallaci exprimées dans la Rage et l’Orgueil ont provoqué un tumulte dans l’Europe politiquement correcte, ainsi que des menaces de mort et des poursuites judiciaires aussi... Aujourd’hui, deux ans plus tard, Fallaci a publié un nouveau livre, intitulé « la Force de la Raison » qui poursuit le discours qu’elle entama avec la Rage et l’Orgueil.

Comme le titre le suggère, la Force de la Raison n’est pas dictée par la fureur (quelquefois excessive) qui a inspiré la Rage et l’Orgueil, mais elle donne une explication plus exacte sur les raisons pour lesquelles l’Europe a décidé de ne pas défendre son identité et de se soumettre à ce qu’elle appelle « l’invasion islamique ».

Avec ce style unique et sarcastique qui caractérise son œuvre, Fallaci examine soigneusement les raisons historiques et politiques qui ont conduit les Européens à vilipender leur propre culture, à embrasser invariablement l’anti-américanisme, et à céder à toute requête de communautés musulmanes de plus en plus puissantes qui habitent le vieux continent mourant. Son analyse ne laisse pas beaucoup d’espoir pour le futur de l’Europe, bien qu’elle prenne une position beaucoup plus optimiste pour son pays d’adoption, les USA (Fallaci habite le plus souvent à New York).
La longue introduction à la Force de la Raison rapporte le lynchage intellectuel auquel Fallaci fut soumise suite à la publication de la Rage et l’Orgueil.

L’establishment politiquement correct, qu’elle désigne comme « l’Inquisition Moderne », l’a crucifiée, la submergeant de procès et d’accusations de racisme et de fomenter une guerre de religion. Mais toute cette publicité a joué en faveur de Fallaci, car les ventes de la Rage et l’Orgueil ont grimpé à des millions. Mais ce qui a vraiment frappé Fallaci dans le sillage de la Rage et l’Orgueil, ce sont les lettres qu’elle a reçues de lecteurs du monde entier. L’une des plus significatives fut écrite par un Italien, qui la remerciait pour « l’aider à comprendre les choses que je pensais sans réaliser que je les pensais ». Et c’est là l’objectif de Fallaci : conduire les Européens à réaliser ce qui se trame sous leur nez et se débarrasser de leur crainte de dire quelque chose qui aille à l’encontre du dogme politiquement correct.

Selon Fallaci, « l’Inquisition Moderne » a fait en sorte de maintenir les individus dans la crainte d’exprimer ce qu’ils ressentent : « Si vous êtes un occidental et déclarez que votre civilisation est supérieure, la plus développée que cette planète ait jamais connue, vous prenez de gros risques. Mais si vous êtes un fils d’Allah, ou l’un de leurs collaborateurs et que vous déclarez que l’Islam a toujours été la civilisation supérieure, un rayon lumineux … personne ne vous touche. Personne ne vous poursuit. Personne ne vous condamne. »

Fallaci a sa propre interprétation quant à l’immigration islamique massive qui modifie rapidement le visage des cités européennes. Elle considère que c’est une part de l’expansionnisme qui a caractérisé l’Islam depuis sa naissance. Après avoir rappelé au lecteur comment les armées islamiques ont eu pendant des siècles pour objectif le cœur de l’Europe, (une fraction de l’histoire qui n’est plus enseignée en Europe, parce qu’elle offenserait la sensibilité des élèves musulmans), atteignant la France, la Pologne, et Vienne, elle dépose son dossier, clamant que le flux actuel d’immigrants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord fait partie d’une stratégie soigneusement planifiée. Fallaci utilise les déclarations de dirigeants musulmans pour soutenir cette thèse.

En 1974, l’ancien président algérien Houari Boumedienne a déclaré dans un discours à l’ONU : « Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire ».

En d’autres termes, nous dit Fallaci, ce que les armées islamiques n’ont pas été capables de faire par la force en plus de mille ans, pourra être réalisé en moins d’un siècle grâce à un taux de natalité élevé. Elle cite comme preuve une réunion en 1975 de pays islamiques à Lahore, pendant laquelle ils annoncèrent leur projet de transformer le flux des immigrants en Europe en « prépondérance démographique ».

Les « fils d’Allah », comme Fallaci les appelle, ne font pas mystère de leurs plans. Un évêque catholique raconte que, pendant une réunion interreligieuse en Turquie, un clerc musulman respecté dit à la foule : « Grâce à vos lois démocratiques, nous vous envahirons. Grâce à nos lois islamiques, nous vous conquerrons ».
Mais ce qui fait vraiment bouillir le sang de Fallaci est l’incapacité de l’Occident de simplement reconnaître cette agression.

Une grande partie de son livre est dédiée à l’analyse de la manière dont les principaux pays européens cèdent aux exigences arrogantes des organisations islamiques radicales, comment ils sont incapables de défendre leurs citoyens juifs contre des actes de violence militante islamique (souvent reprochés aux néo-nazis et presque jamais à leurs auteurs musulmans, même quand l’évidence prouve le contraire) ; est discutée aussi l’absence de volonté des pays d’être fiers de leurs cultures et de leurs identités.

Mais quand et pourquoi l’Europe est-elle devenue si faible et soumise en face de ses nouveaux maîtres islamiques, une « province de l’Islam », comme l’appelle Fallaci ? Elle pointe carrément le doigt sur la crise pétrolière de 1973.
Les Européens furent si effrayés de perdre leurs fournitures de pétrole qu’ils décidèrent de céder aux requêtes de l’OPEC, en abandonnant Israël et en commençant un intense dialogue avec les pays arabes. A dater de cette année là, des intellectuels, les médias, et des politiciens ont été soudoyés pour leur soutien aux causes arabes et islamiques, et de nombreuses organisations de lobbying ont été créées dans plusieurs pays européens.

Une publication avec le titre mauvais augure de « Eurabia » [sur laquelle Bat Ye’or a beaucoup écrit] a été créée à Paris, et le parlement européen a établi l’Association Parlementaire pour la Coopération Euro-Arabe, comme part d’un effort financé par les Arabes pour influencer les politiques européennes.

Les derniers chapitres de la Force de la Raison sont destinés à expliquer pourquoi les trois forces politiques et sociales principales de l’Europe, (la Droite, la Gauche, et l’Eglise) s’abandonnèrent dans ce qu’elle appelle « l’invasion islamique ».

Alors que Fallaci accuse la Droite et la Gauche surtout d’ignorance et d’opportunisme, ses mots les plus durs sont réservés à l’Eglise. Fallaci est connue à travers sa longue carrière pour son puissant anticléricalisme (elle est de longue date de gauche, fille d’un partisan italien qui combattit les fascistes), mais elle se décrit elle-même comme une « chrétienne athée ». En déclarant qu’elle ne croit pas en Dieu, elle revendique que l’Occident ne peut ignorer son origine et son identité chrétiennes. Même si nous nions l’existence de Dieu dit Fallaci, la Chrétienté a modelé le monde occidental. Elle définit « qui nous sommes, d’où nous venons, et où nous allons ».

Mais l’Eglise ajoute-t-elle, n’est pas capable - ou pis, ne veut pas - défendre la Chrétienté. Fallaci accuse l’Eglise d’aider à l’expansion de « l’empire islamique », oeuvrant pour faire venir davantage de musulmans en Europe. Elle souligne que la Chrétienté offre ses églises comme des abris à des immigrants musulmans, qui les transforment immédiatement en mosquées, comme cela est survenu de façon répétée en France et en Italie. Elle se repent en permanence pour les croisades, mais n’attend jamais d’excuses pour ce que les Musulmans font aujourd’hui aux Chrétiens du Soudan ou d’Indonésie.

Dans la vision maussade de Fallaci sur l’Europe, cependant, un rayon d’espoir provient d’Amérique.

Dans un dernier chapitre très émouvant, Fallaci décrit son admiration comme témoin des célébrations de la soirée de Nouvel An 2004 à Times Square. Dans un contraste saisissant avec les Européens ficelés par la peur, des milliers de New Yorkais ont décidé de défier le Code d’alerte orange à la terreur, et ont fait la fête à la barbe des terroristes. Fière de s’honorer elle-même, jeune et déterminée, l’Amérique est perçue par Fallaci comme le seul espoir pour l’Occident. Dans cette guerre culturelle non provoquée déclarée contre l’Occident, l’Amérique doit ouvrir la voie, mais elle ne peut le faire seule.

Selon Fallaci, l’Occident n’a pas réalisé qu’il est attaqué, et que cette guerre « veut frapper notre âme plutôt que notre corps. Notre manière de vivre, notre philosophie de la vie. Notre manière de penser, d’agir et d’aimer. Notre liberté. Ne vous laissez pas abuser par leurs explosifs. C’est juste une stratégie. Les terroristes, les kamikazes, ne nous tuent pas seulement pour le plaisir de nous tuer. Ils nous tuent pour nous soumettre. Pour nous intimider, nous fatiguer, nous démoraliser, nous faire chanter ».

Passionnée de façon émouvante, la Force de la Raison est un appel désespéré au réveil de l’Occident, et de l’Europe en particulier.

En Italie, malgré un silence complet des médias (qui ont décidé de ne pas faire la même erreur que pour la Rage et l’Orgueil, quand leurs critiques ont fait atteindre des sommets aux ventes) le livre s’est vendu à un demi million d’exemplaires en seulement deux semaines. Une traduction en Anglais est imminente, permettant l’accès à la Force de la Raison pour ceux aux USA qui veulent en apprendre davantage sur la terrible situation à laquelle l’Europe doit faire face.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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