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La p. dangereuse

Par Guy Millière © Metula News Agency

mercredi 1er décembre 2004
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La France, au moment de l’agonie et de la mort d’Arafat, a donné au reste du monde un spectacle pitoyable. « Acte humanitaire » situé dans la droite ligne de la « tradition d’hospitalité » de notre pays, a dit Michel Barnier. « Un ami », a ajouté Jacques Chirac.

On aurait aimé qu’au cours des dernières années, l’humanitarisme, l’hospitalité et le sens de l’amitié de la France s’exercent en direction des victimes d’attentats en Israël, de ces civils qui ont perdu des proches dans des conditions atroces, de ces hommes, femmes et enfants, condamnés à survivre mutilés, du fait de la politique de la terreur appliquée aveuglément par l’ami Arafat. La France officielle semble décidément préférer les bourreaux aux suppliciés.

La France qui, on l’a vu au cours des jours qui ont suivi l’arrivée d’Arafat sur son sol, peut aussi ressembler à une contrée maffieuse où se pratiquent l’omerta et la combinazione. Les communiqués médicaux arrangés qui succèdent aux communiqués médicaux arrangés, qu’on oblige d’authentiques et respectables médecins français à prononcer. Quand Arafat fut déclaré officiellement en « coma très profond », on commença à assister au sinistre et grotesque ballet de la veuve et des seconds couteaux, venus se disputer l’héritage et les numéros de comptes en banque. Le cadavre fut ensuite accompagné à l’aéroport avec les « honneurs dus à son rang », ont dit les médias.

Après que la foule rassemblée à Ramallah eut montré son égarement et sa violence, on aurait pu croire que l’incident était clos et qu’une page sinistre de l’histoire contemporaine était tournée. Mais non… Le cadavre d’Arafat s’est révélé tout autant porteur de nuisances qu’Arafat vivant. Et la France a continué à se conduire de façon douteuse. La rumeur moyenâgeuse concernant un « empoisonnement » d’Arafat par Israël a commencé à se disséminer dans le monde arabe et elle est parvenue jusqu’aux oreilles de la presse française qui, bien sûr, a fidèlement rapporté le contenu de cette rumeur…

Alors que dans le reste du monde civilisé on sait qu’Arafat est mort de maladie, on a continué en France à invoquer la déontologie et le « secret médical » afin d’entretenir le doute, comme si on ne savait pas que ne rien dire en ce genre de circonstances équivaut à alimenter les chuchotements ou les prises de parole. Leïla Shahid, la représentante de l’Autorité Palestinienne en France, a ainsi pu donner une conférence de presse au côté du neveu du défunt, et déclarer qu’il n’y avait « pas trace d’un poison connu », mais qu’il existait tant de « poisons inconnus » qu’on ne pouvait rien conclure.

S’ils ne pratiquent pas l’aveuglement volontaire, ceux qui auraient encore douté du camp dans lequel la France s’est placée ont ainsi vraisemblablement vu leurs ultimes doutes se dissiper. Le simple fait que Barnier et Chirac aient aussitôt, hystériquement tôt, parlé de la reprise du « processus de paix » suffirait en soi à montrer que nous ne sommes pas dans un contexte d’ouverture à la paix, mais plutôt dans un contexte de poursuite de la guerre. Et, de fait, il faut regarder cette situation en face.

Les autorités supérieures françaises continuent à penser qu’Israël n’est qu’une parenthèse de l’histoire qui se refermera tôt ou tard. Quelques dirigeants européens partagent cette façon de voir les choses. Nous sommes, en France et en Europe, dans un contexte où tout se passe, comme l’écrivait voici peu Daniel Pipes, comme si on voulait accoutumer les opinions à l’éventualité d’une seconde shoah qui, cette fois, ne passerait pas par les camps de concentration et les chambres à gaz. Nous sommes ici en un contexte où on a hâte de voir le « processus de p. » reprendre, mais aux fins d’en finir. Ici on « comprend » les dirigeants musulmans qui voient Israël comme une écharde plantée dans leur pied, et on est prêt à contribuer à retirer l’écharde, en pensant, qu’ensuite, la rage islamique se calmera.

La façon dont on pense la situation de l’autre côté de l’Atlantique montre, et c’est une chance pour Israël et pour la raison, que le fossé entre l’ancien monde et le nouveau n’a jamais été aussi profond.

Des journalistes américains ont pu céder quelques instants à une « Arafat-mania » à l’européenne, mais d’autres journalistes n’ont, eux, eu de cesse de rappeler qu’Arafat avait un passé sanglant et qu’il était l’inventeur exclusif de l’hyper terrorisme.

Aucun homme politique américain, où qu’il se place sur l’échiquier politique, ne pourrait se permettre d’oublier que ce qui séparait l’Autorité Palestinienne arafatienne d’Israël est ce qui sépare un régime totalitaire d’une démocratie, et fort peu d’hommes politiques américains songeraient, très simplement, qu’on peut signer des traités et des contrats avec un régime totalitaire, en pensant que celui-ci respectera sa parole.

L’analyse qui prévaut aujourd’hui aux Etats-Unis, et que je partage, est qu’Arafat n’a jamais été autre chose qu’un destructeur, depuis sa jeunesse, passée sous l’ombre intellectuelle des Frères Musulmans et du mufti islamo-nazi Hadj Ali Al Husseini, dans les années soixante, ou, plus tard, lorsque sur les conseils de Nasser et du KGB il a pris la défroque d’un guérillero, leader d’un mouvement de « libération nationale ». Ces écoles l’ont mené, naturellement, à commettre des crimes, ou à les ordonner, dans les années 1970, et jusqu’aux derniers assassinats collectifs, qu’il a organisés après son retour d’exil dans les années 90. L’analyse qui prévaut aux Etats-Unis suit les traces de sang laissées par feu le terroriste, de la déstabilisation de la Jordanie à celle du Liban, de la première à la seconde Intifada, des accords d’Oslo, qui ne furent pour lui qu’un moyen de remettre les pieds au Proche-Orient et d’y reconstituer une entité islamiste et criminelle, en attendant de pouvoir faire pire.

Arafat a incarné la cause palestinienne. Il a fait exister le peuple palestinien. Il n’a malheureusement fait exister le peuple palestinien que pour en faire l’instrument de sa haine. Il a constitué, en Cisjordanie et à Gaza, une société composée de gens maintenus délibérément dans la misère et soumis à une propagande striée de racisme et d’incitations au meurtre. Il a mis en place des réseaux de corruption et disséminé le culte de la violence.

Quand bien même ses successeurs désirent sincèrement « faire la paix », ils se retrouveront tôt ou tard face à une opposition frénétique et belliciste, qui préférerait être commandée par un Marouan Barghouti, légitimement emprisonné en Israël, que par n’importe qui d’autre. Quand bien même ils choisiront la modération, ils devront compter avec les effets omniprésents d’années de la propagande la plus vicieuse à avoir existé depuis le temps de Goebbels, avec des groupes armés qui pratiquent quotidiennement le culte de la mort et avec des religieux, imprégnés de l’esprit du djihad, qu’incarnent ailleurs Ben Laden ou l’égorgeur palestinien Zarqawi.

La paix, dit-on aux Etats-Unis, ne pourrait passer de l’illusion dangereuse à la réalité que si une grande désintoxication et un grand assainissement de la Cisjordanie et de Gaza étaient menés à bien, que si l’islamisme reculait plus nettement dans le monde arabo-musulman. Vaste programme, assurément.

En attendant que puisse survenir une vraie paix, la France va tenter d’en finir, disais-je.

J’ajouterai que les Etats-Unis ne la laisseront pas faire : parce qu’on y comprend encore la différence entre le bien et le mal et entre la vérité et le mensonge.

Les pseudo pacifistes de service s’agiteront un peu, en Israël et ailleurs, au cours des semaines à venir. La barrière de protection n’en sera pas moins construite jusqu’au bout, non parce qu’elle est juste, mais parce qu’elle est nécessaire et qu’aucun peuple sur la terre n’accepterait la poursuite d’un massacre larvé plus longtemps.

Bush, Président réélu, a reconnu le droit pour Israël de tracer des frontières compatibles avec sa propre sécurité, et c’est ce qu’en toute souveraineté, sans écouter la France et se alliés en Europe, Israël fera. Bush a dit aussi que le « droit au retour » des « réfugiés » ne serait plus sur la table lors des prochaines discussions, et, quoi qu’en disent les Français et ces Européens, le « droit au retour » des « réfugiés » ne sera ainsi plus évoqué.

Bush a dit, en outre, et aucun gouvernement israélien ne pourra déclarer le contraire, que la Cisjordanie et Gaza sont des territoires perdus par la guerre et donc négociables, et pas comme on l’affirme en France, des « territoires palestiniens ». Les juifs installés à Gaza et en Cisjordanie, victimes d’un racisme violent de la part de gens qui voudraient faire de ces territoires les premières terres judenrein, ethniquement pures de juifs sur la planète, devront partir peut-être, mais nombre d’entre eux vivent sur des territoires annexables par Israël, et qui seront annexés par Israël (le racisme « palestinien » a un prix qui doit être payé), quoi qu’on dise en France et ailleurs en Europe.

Ce que deviendront les Arabes de Cisjordanie et de Gaza, après qu’Israël en ait ainsi divorcé et se soit protégé, sera leur affaire.

Bush a dit, qu’en pareil cas, il ne parlerait de toutes façons avec eux que s’ils adoptaient des procédures démocratiques et s’ils renonçaient à la violence et aux incitations à la violence. Dès lors que le Président de la première puissance démocratique du monde adopte ces positions, dès lors que ces positions sont aussi celles des gouvernants israéliens, la France et une certaine Europe peuvent toujours palabrer. La caravane de l’histoire et de la justice passera, d’ailleurs elle est déjà en marche.


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