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C’est la rentrée !

Albert Capino © PRIMO-Europe

mercredi 22 septembre 2004
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(1ère partie)

Cette année, la rentrée s’est effectuée dans un climat particulier. Outre l’habituelle rentrée sociale sur fond de revendications, le gouvernement doit composer avec de nouveaux motifs de mécontentement : l’entrée en vigueur de la loi sur l’interdiction des « signes ostensibles religieux » et les critiques à l’adresse de la Justice, taxée de laxisme, notamment en matière d’antisémitisme.

Bien qu’il s’en défende, il existe un malaise perceptible du gouvernement sur ces deux derniers points, sur fond de prise d’otages et d’attentats à l’étranger et de comportements délictueux bénéficiant de relaxes à répétition en France.

Plus d’un an après l’instauration de la loi Lellouche, on dispose paradoxalement de l’appareil le plus répressif qui soit en matière d’actes ou de discours antisémites, mais dans le cadre duquel leurs auteurs sont systématiquement relaxés. La clémence dont ont bénéficié des individus impliqués dans des actes antisémites, montre que les magistrats usent bien plus de leur capacité d’interprétation que de la loi.

On voit se développer un faisceau d’initiatives : campagnes d’affichage de la ville de Paris, discours et communiqués qui se veulent rassurants, mais on remarque parallèlement une multiplication de films, d’articles, de caricatures, de reportages, d’éditoriaux, distillant une dose de poison qui vient s’ajouter aux habituelles manifestations d’antisionisme dans de nombreux médias. Là aussi, c’est la rentrée.

Nous sommes à présent passés dans la seconde phase d’une offensive où nous - comprenez la société libre et démocratique - nous trouvons pris en tenaille, entre l’islamisme et leurs alliés objectifs d’une part et la montée de l’extrême-droite d’autre part. C’est une situation qui évolue d’un état de pré-alerte de « guerre larvée » vers une étape plus opérationnelle.

La chute du mur de Berlin, le démantèlement de l’Empire soviétique, la fin de la guerre froide étaient annonciateurs d’une catastrophe attendue. Elle n’est pas inéluctable, mais les voix aux accents capitulards qui s’élèvent, en espérant ainsi neutraliser les attentats et la progression des mouvements radicaux, n’éviteront pas les dégâts plus structurels que ceux que l’on peut déjà déplorer. Elles ne constituent en aucun cas un frein au terrorisme.


C’est la rentrée ! (2ème partie) :

Bush, Sharon, et maintenant Poutine.

Vous l’avez constaté, l’axe de ceux que les « alter-pacifistes-progressistes » définissent comme les « fachos-nazis-pas beaux » s’est à présent enrichi d’un petit nouveau : j’ai nommé Vladimir, premier dirigeant véritablement « moderne » d’une Russie désormais reconvertie dans l’économie de marché. Et ce n’est pas un hasard. Non pas que le personnage soit particulièrement sympathique. Ce genre d’émotions n’entre pas dans l’équation. Mais la Russie et les anciennes républiques soviétiques font à présent partie des plus grands fournisseurs de pétrole et de gaz pour les 30 années à venir et Poutine a ainsi rejoint le club des leaders à courtiser pour certains et à déstabiliser pour Al Qaïda et consorts.

D’où une convergence des attaques, tant sous la forme opérationnelle (attentats, prises d’otages), que politique, maintenant aussi vers la Russie, après Israël et les Etats-Unis.

Machination

Il y a quelques semaines en Amérique, la dernière offensive politique a pris la forme du fantasme d’un énième « complot juif » , visant à faire passer les Protocoles des Sages de Sion du stade de fiction avérée à celui de best-seller historique merveilleusement documenté…

Cette attaque, dirigée contre l’AIPAC*, sous couvert d’allégations d’espionnage, a plusieurs buts :

- salir une organisation pro-israélienne
- provoquer un soulèvement du sentiment national américain contre la minorité juive qui espionnerait pour une « puissance étrangère »
- mettre l’administration Bush en porte à faux
- tenter de valider, une fois de plus, l’absurdité selon laquelle « les Juifs dominent le monde » par l’argent, le pouvoir et l’influence.

Plus c’est gros, mieux ça passe… Elle n’est pas la première, en mars 2002, Sylvain Cypel du quotidien français « Le Monde » et Guillaume Dasquié, alors rédacteur d’un site intitulé « Intelligence Online », publiaient parallèlement un article sur « l’une des plus grosses affaires d’espionnage aux Etats-Unis », selon laquelle : « l’une des missions principales des espions israéliens aux USA consistait à pister les réseaux d’Al-Qaïda sans en avertir les autorités fédérales américaines ». Il s’en suivit une rumeur épouvantable, arguant que c’était le Mossad qui aurait informé à l’avance les Juifs travaillant dans le World Trade Center de ce qui allait se passer le 11 septembre 2001 !

Cela prêterait sans doute à sourire, si ce n’était pas aussi grave. Aux Etats-Unis, les médias qui représentent le « deuxième pouvoir », bénéficient d’une liberté d’expression totale. C’est indispensable, car ce véritable contre-pouvoir est garant du fait que nul n’est au-dessus des lois, même un Président ...

Mais lorsque ce contre-pouvoir se saisit d’une « affaire » pour tenter de faire de l’ombre au dit Président, à travers la stigmatisation d’un soi-disant complot, il verse dans l’excès inverse. Il prend le risque de redonner vie à une fiction abjecte, qui eut une grande part de responsabilité dans l’antisémitisme ayant mené à la Shoah.

Avec les articles assassins du Los Angeles Times, du New-York Times et du Washington Post, la presse américaine en particulier a donné un relief exceptionnel à la théorie fantaisiste du « complot juif » de sinistre mémoire, tant elle manquait d’éléments objectifs pour étayer ses accusations.

Les « quotidiens de référence » d’outre-Atlantique ont ainsi employé des méthodes qu’on a pu voir dans la « Pravda » soviétique, pour se comporter comme des tabloïds à scandale !

En pleine campagne électorale, on assiste à des joutes officielles, par chaînes de TV et spots interposés, mais surtout à une lutte souterraine pour le pouvoir, moins visible, où tous les coups sont permis. Ce qui est important n’est pas ce qu’ils ont dit, comme la comparaison établie par un site spécialisé sur le Proche-Orient entre les déclarations des deux candidats, mais ce qu’ils ne disent pas.

Une fois de plus, les partis essaient d’activer les leviers, les réseaux, les alliances. Rien de bien anormal dans le jeu politique, pourvu que les règles soient respectées. Dans le cas de l’AIPAC, ça ne semble pas être le cas et les conséquences sont graves.

On redistribue les cartes

Pour la première fois, un risque réel existe quant au retournement d’alliances stratégiques depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Ceux qui sont opposés à l’alliance entre les Etats Unis et Israël en particulier, ont décidé de saisir l’occasion pour tenter de pousser leur avantage. Cela va de Nétouré Karta, la secte extrémiste religieuse juive, qui ne reconnaît pas Israël, jusqu’aux lobbies arabes, en passant par certains Juifs « de cour », souvent de gauche, parfois démocrates, bref : « l’autre voix juive » américaine.

Israël a bien senti le souffle du boulet et ménage ses portes de sortie. Bien que la Russie soviétique communiste se soit révélée être l’un de ses ennemis les plus farouches, il faut se rappeler qu’au départ, elle avait joué la carte israélienne. Elle considérait le jeune Etat indépendant comme un îlot « non aligné » au milieu l’océan arabe au Moyen-Orient et pensait pouvoir le manipuler, et l’utiliser comme Cuba vis à vis des Etats Unis.

L’idéal socialiste régnait alors en maître parmi les « pionniers » juifs (à l’époque, on ne disait pas colons), et nombreux étaient ceux au Kremlin, qui voyaient le petit pays comme une tête de pont stratégique, assurant une présence au milieu des pays arabes. L’URSS fut l’un des fournisseurs d’armes attitré d’Israël pendant la guerre d’indépendance de 1948, notamment à travers la Tchécoslovaquie.

Puis, ce fut le désenchantement - de part et d’autre - et chacun reprit ses billes. Israël se tourna vers les Etats Unis, la France, l’Angleterre (ancien mandataire - à l’époque, on ne disait pas « occupant » -) et l’Allemagne qui manifestait la volonté de se rapprocher au titre de la « Wiedergutmachung » (terme hybride entre « remise en état » et « rédemption ») après l’Holocauste.

Vous aurez noté au passage que ce sont ces mêmes pays que l’Iran essaie de convaincre de sa bonne foi en ce qui concerne ses capacités nucléaires ?

Par ailleurs, si l’on assiste actuellement à une offensive à l’intérieur de tous ces pays, consistant à dénigrer Israël et les Juifs, il n’y a pas de hasard. Ni de complot. C’est tout simplement - et tristement - une suite logique au dérapage progressif de tous ceux qui ont voulu maintenir à tout prix un état de non belligérance depuis 60 ans. J’utilise volontairement le terme « à tout prix », car il existe effectivement un prix qu’il va falloir payer.

La fuite en avant que les gouvernements successifs de ces pays ont effectué, a mené à la situation que nous connaissons aujourd’hui : terrorisme, guerre larvée, économie fragile trop dépendante de ceux qui détiennent les matières premières énergétiques.

C’est la rentrée ! (3ème partie) :
À présent, l’Europe

S’il est un pays où certains ont, en ce moment, une approche lucide de la situation, c’est bien l’Italie. Partisans de ne pas céder un pouce au fanatisme, ils sont toutefois enclins au dialogue avec les composantes les plus libérales de la société musulmane. Mais pas avec l’hypocrisie qui consisterait à considérer les pays musulmans « modérés » comme des interlocuteurs valables, où la frange libérale est en prison, ou pire, déjà réduite au silence…

Dans le « Corriere Della Sera » du 6 septembre, Angelo Panebianco décrit bien le paradoxe que constitue nos rapports avec le monde musulman et pose la bonne question :

Dialoguer avec les « pays arabes modérés » ? Oui. Encore faudrait-il les identifier. Par exemple, à la longue, nous avons pris la monarchie saoudite pour un régime modéré, alors qu’il ne l’est pas. Grâce à leurs capitaux, les Saoudiens ont infecté pendant des années le monde musulman d’un bout à l’autre de la planète, diffusant l’hérésie wahhabite, fer de lance du terrorisme islamiste.

Quelle signification peut revêtir un « dialogue » dans ces circonstances ?

D’un côté, les pays arabes, de l’autre, les pays à l’Est de l’Europe.

Opposition dans laquelle les premiers voient d’un mauvais oeil les seconds. Raison, également, pour laquelle les groupes qui veulent déstabiliser les uns, prennent aussi leurs marques avec les autres. Diviser pour régner.

Cela va jusqu’aux tentatives de réhabilitation du nazisme, à travers une doctrine qui s’appuie sur la justification de certains de ses aspects, pour mieux alimenter le nouveau fascisme islamiste.

[ voir : Islamisme et nazisme, une explication - Matthias Küntzel ]

Dans tous les cas de figure, on retrouve les mêmes « hommes à abattre » : Bush - Sharon - Poutine.

Voilà pour la situation d’ensemble.

Et en France ?

Comme dans toute maladie, il faut distinguer la cause des effets. On peut s’épuiser à tenter de contrer le mal pouce par pouce sur tous les fronts : chez nous la télévision, la presse, les radios, etc. Si l’on ne touche pas à la cause, on n’arrêtera pas l’expansion de l’infection. Et c’est déjà bien parti…

Se méfier des médicaments qui tuent le patient : on nous a déjà proposé le FN à dose homéopathique en 2002 et on nous prépare un traitement par perfusion…

La manière forte ? La chirurgie ? Plutôt mutilant : en termes de société, cela correspondrait à une guerre civile et nombreux sont ceux qui resteraient sur le tapis.

La radiothérapie ? Il faut de gros moyens, qui ne sont pas à la portée de tout le monde et je crains que l’intoxication soit déjà bien avancée.

La chimio ? Trop tard ! Des apprentis-sorciers s’y sont déjà essayé : on voit le résultat !

Alors, que reste-t-il ? La recherche. Inlassable, par tous moyens, pour préserver le bien qui nous est le plus cher : notre santé mentale et notre liberté. Pour permettre d’aboutir à l’éradication implacable des foyers d’infection. Fut-elle au prix d’un certain confort.

On ne peut pas indéfiniment condamner la politique « musclée » au profit d’un pacifisme résigné et aveugle. Car, au bout du compte, il est le principal vecteur des progrès que la maladie a effectué dans les dernières décennies, pour finir par affecter le siècle à peine entamé.

Ce pacifisme irresponsable ne peut dès lors s’en prendre qu’à lui-même, pour avoir, par sa négligence, sa désinvolture mais aussi par un mauvais calcul, provoqué une escalade des attaques violentes, et des interventions de plus en plus drastiques pour vaincre le mal.

Mauvais diagnostic : guérison compromise

En 1939, le monde a cru pouvoir résoudre ses problèmes en se lançant à corps perdu dans une guerre, dont le coupable désigné par son initiateur était le peuple juif.

Avec la fin de la seconde guerre mondiale, on a cru être débarrassé du Malin, on a voulu croire que la bête était morte. Mais elle n’était qu’en sommeil.

Trois ans après le 11/09/2001, nous voici au chevet d’un monde à nouveau miné.

Certains commentateurs, éditorialistes, « spécialistes » de tout poil proposent de s’en prendre aux racines, aux causes du terrorisme - comprenez la misère, la pauvreté et le désespoir - pour que s’arrêtent les effets.

Je ferais remarquer à ces « experts » qu’aucun d’entre ceux qui ont perpétré les attentats du 11 septembre n’étaient des nécessiteux. Ils étaient tous cultivés et venaient de milieux aisés.

En réalité, face à une menace qui n’épargnera personne, il y a ceux qui ont décidé de se défendre, de lutter, de s’attaquer au mal et ceux qui baissent les bras - ou leur culotte - et accusent les premiers de troubler leur paisible digestion, ou de contrarier leur dogmatisme.

Il faudra bien qu’ils se résignent à intégrer les nouvelles données géostratégiques, qu’ils acceptent l’idée qu’on ne peut pas contempler un monde en flammes en spectateur, espérant passer au travers sans y laisser quelques plumes. Si nous sommes parvenus à éviter un conflit mondial pendant 60 ans, c’est au prix d’une évolution de la guerre traditionnelle vers un état de guerre larvée, sporadiquement répartie à travers le monde.

Et c’est une insulte de plus à ceux qui souffrent, que de voir leurs tourmenteurs décrits dans la presse comme des « activistes », des « militants », des « groupes de libération nationale », des « ravisseurs, hommes en armes, séparatistes, rebelles, guérilleros… », quand ce ne sont pas des « résistants » !

C’est une attitude indigne, irresponsable et qui fait preuve d’un manque total de solidarité, vis à vis de tous ceux qui subissent quotidiennement dans le monde les exactions de ce qui porte un nom : l’hydre terroriste. Elle ne se nourrit pas de raisons rationnelles, mais de prétextes pour assouvir son inextinguible soif de violence..

Le terrorisme ne fait qu’exploiter la misère. C’est le rôle de nos gouvernants et le devoir de nos médias de bien établir une distinction entre la lutte contre les mouvements radicaux, et celle contre la pauvreté. L’amalgame qui est fait la plupart du temps ne fait qu’accentuer le désarroi des peuples, tout en donnant bonne conscience à ceux qui abusent d’eux.


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