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Un quotidien qatari : Les armées égyptienne et tunisienne n’ont pas soutenu la révolution

MEMRI Middle East Media Research Institute

mardi 1er mars 2011
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Dans un éditorial du quotidien qatari Al-Arab, le chroniqueur Sayyed Ahmad Al-Khader estime que les louages adressées aux armées tunisienne et égyptienne pour avoir soutenu les révoltes dans ces deux pays ne sont aucunement fondées, ces armées étant restées loyales aux dirigeants déchus jusqu’au dernier moment. En outre, note-t-il, ni en Tunisie ni en Egypte l’armée n’a-t-elle protégé les manifestants contre les violences policières.

Al-Khader considère que l’armée égyptienne n’a pas quitté la voie du président déchu Hosni Moubarak, et qu’elle tente de récupérer la révolution, sur l’ordre de Moubarak, afin de diriger le pays, ignorant les revendications du peuple.

Le chroniqueur fustige en outre les armées arabes en général, les accusant d’avoir servi, pendant des décennies, les despotes au pouvoir, de les avoir aidés à piller les richesses des peuples arabes, tout en accumulant défaites et déshonneurs.

Ci-dessous des extraits de l’article d’Al-Khader [1] :




« Avons-nous oublié que la plupart, sinon la totalité des présidents, ont pris le pouvoir grâce à l’armée ? »

"L’armée entend mettre fin à la révolution, bien qu’elle en soit pas incapable. C’est peut-être parce que les peuples arabes n’ont pas connu d’institution nationale [à l’écoute] de leurs espoirs et aspirations que nous [Arabes, croyons en l’existence] d’un lien privilégié avec l’armée, et ressentons le besoin d’évoquer son héroïsme, son amour pour le peuple, et bien d’autres choses qui ne se fondent sur rien, que l’histoire aussi bien que l’actualité ne font qu’infirmer.

La joie de la victoire en Tunisie et en Egypte ne doit pas nous faire oublier la vérité sur les armées arabes, qui accumulent de longues listes de défaites et de retraites, et qui ont toujours comploté contre les intérêts des peuples, plaçant au sommet des présidents qui ont vendu les intérêts de la nation et dilapidé son capital.

Il est paradoxal de qualifier les dirigeants de la région d’agents [étrangers], de tyrans et de voleurs, tout en louant les armées pour ce qu’elles n’ont pas fait. C’est un mensonge de dire qu’elles sont un rempart et un soutien pour les citoyens, qu’elles vont naturellement dans le sens [des citoyens] dans les moments difficiles.

Avons-nous oublié que la plupart, sinon la totalité des présidents, ont pris le pouvoir grâce à l’armée, laquelle les a aidés à y rester pendant des décennies, allant parfois même jusqu’à assurer la transmission de père en fils ? Comment ceux qui chantent des louanges à l’armée peuvent-ils ignorer le fait que les officiers supérieurs sont beaucoup plus riches que les hommes d’affaires, et que, au lieu de planifier les guerres, les généraux investissent dans les médias et achètent des actions en bourse ? 



Les armées du monde arabe, tout comme la police, la presse et les partis politiques de la région, ne savent qu’une seule chose : se mettre au service de la tyrannie et maintenir [son contrôle] sur le peuple et sur les ressources du pays. Il est injuste de vanter des armées qui, tout au long de leur longue histoire, n’ont apporté que déshonneur, refusant ensuite de pardonner la police, dont les agents manifestent tous les jours [aux côtés du peuple], regrettant leurs agissements passés.


« Les armées restent pour assurer la protection des présidents et le transfert [à l’étranger] de l’or et l’argent volés. »

Il suffit de considérer l’actualité pour comprendre que les armées arabes sont les acolytes des dirigeants corrompus. Quand les services de police tombent, les armées restent pour assurer la protection des présidents et le transfert [à l’étranger] de l’or et l’argent volés. Voilà l’héroïsme des armées dont vous parlez. En Tunisie, pays qui a connu une révolution sans précédent dans l’histoire des pays arabes, et la plus grande révolution de l’histoire moderne, l’armée n’a pas levé le petit doigt après que la police de Ben Ali eut tué des centaines de personnes en une semaine seulement. Et une fois que les loyalistes ont renoncé à sauver la police [des mains] des jeunes de cette louable révolution, l’armée a fait sortir clandestinement [du pays] le tyran et son clan. Ensuite ils nous racontent que l’armée a défendu la révolution sans tuer de civils ! Avez-vous jamais vu pareille stupidité ? 



Cette propagande était encore plus audacieuse en Egypte, où les intellectuels et les médias ont bruyamment loué et glorifié l’armée, alors que celle-ci n’a à aucun moment pris clairement position...

On a dit que l’armée avait choisi de soutenir la rue, la révolution, estimant devoir servir la patrie et ses citoyens... [Mais] nous avons suivi les événements minute après minute, et [avons constaté] que l’armée était uniquement au service de Hosni Moubarak, jusqu’à son dernier souffle. 



Ce fut particulièrement clair au moment de la « bataille à chameau », lorsque le gang du PND [monté sur des chameaux] a semé le chaos sur la place Tahrir et tué des dizaines de vrais héros égyptiens, sous les yeux de l’armée et de ses tanks. Même après que les officiers eurent appris le départ de leur maître, ils ont tout fait pour lui demeurer fidèles. Dans leur second communiqué, les forces armées ont assuré qu’elles garantiraient l’application de mesures devant être prises par le Président Mohamed Hosni Moubarak ! 



Et quand le moment attendu de tous est arrivé, l’armée a choisi d’humilier les Egyptiens et les millions d’hommes libres qui se tenaient à leurs côtés : [le vice-président Omar] Suleiman a déclaré que le président avait décidé de démissionner, remettant les rênes du pays aux forces armées ! Qui est donc ce président, pour avoir [le droit] de prendre une telle décision ? Les forces armées se sont tenues du côté de l’arrogance du président Moubarak, contre le grand peuple égyptien…


Le pire est que l’armée veut faire tomber la révolution, ne tenant compte que des [acteurs] extérieurs et ignorant les revendications des Egyptiens, qui n’accepteront rien de moins que le jugement de Moubarak, la levée de l’état d’urgence et la libération des prisonniers politiques." 



Notes : 

[1] Al-Arab (Qatar), 18 février 2011. 



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