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Accueil > La revue des infos > Le Liban à l’ONU : deux façons de voir sa souveraineté

Le Liban à l’ONU : deux façons de voir sa souveraineté

par le Professeur David Ruzié *

dimanche 5 septembre 2004
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Il y a quelques semaines (Point de vue du 1er août 2004), nous déplorions qu’Israël ne puisse bénéficier, aux Nations Unies, que d’une fausse symétrie.

A propos des actions de légitime défense entreprises par Israël au dessus du territoire libanais, qui continue à servir de base de départ pour des actions agressives à destination de son territoire, nous avons constaté, qu’une fois encore, le Conseil de sécurité, le 29 juillet dernier (résolution 1553) avait condamné les initiatives israéliennes.

Car, l’organe des Nations Unies, qui a la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales, tenait, à cette occasion, à réaffirmer « qu’il appuie vigoureusement l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance politique du Liban, à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues ».

Or, nous ne pouvions que rappeler, pour notre part, que le Conseil de sécurité se gardait bien de relever que le Liban continue, depuis la fin des années 70, à laisser utiliser son territoire à des fins agressives contre Israël.

Il y a, à peine quelques jours, le Conseil de sécurité, dans sa même composition, adoptait la résolution 1559, qui a repris la même formule pour condamner, sans la nommer, toutefois (susceptibilité oblige), la …..Syrie.

Pourtant, depuis qu’Israël dut se substituer, à deux reprises (en 1978 et 1982) à la carence des autorités libanaises à assurer le maintien de l’ordre sur le territoire du sud-Liban, le Conseil de sécurité ne cessait de réclamer le départ des troupes israéliennes.

Mais - et la résolution 1553 du 29 juillet 2004 en était une nouvelle illustration - les « méchants » étaient toujours les Israéliens, même au lendemain, au printemps 2000, du retrait de leurs dernières troupes, ainsi que de la dissolution de la force supplétive, composée d’Arabes, appelée l’ « Armée du sud Liban », mise sur pied par Israël, pour l’aider à contenir les actions terroristes.

Or, le 2 septembre dernier, à la majorité - minimum - requise de 9 membres, sur les 15 le composant, le Conseil de sécurité a adopté, à l’initiative des Etats-Unis et de …la France une résolution réclamant le départ de « toutes les forces étrangères ».

La Grande-Bretagne et l’Allemagne se joignirent à l’initiative franco-américaine et furent suivis par l’Espagne, la Roumanie, l’Angola, le Bénin et le Chili.

Pourquoi ne pas appeler un chat un chat ?

Car, c’est bien des troupes syriennes qu’il s’agit.`

Mais cela faisait longtemps que les Nations Unies faisaient semblant d’ignorer la présence des troupes syriennes.

Ces troupes furent, il est vrai, initialement, appelées en renfort, en 1976, par le président libanais (chrétien maronite) Soliman Frangié pour porter secours à la communauté chrétienne, menacée d’écrasement par le camp dit « islamo-progressiste ».

En 1989, cette présence syrienne fut en quelque sorte légalisée par l’accord dit de Taëf, conclu dans le cadre de la Ligue arabe, mais il était prévu un retrait progressif des troupes syriennes, sans toutefois d’indication de date butoir.

C’est cette présence d’environ 20 000 hommes qui permet aux groupes terroristes de préparer leurs mauvais coups dirigés contre Israël.

Non sans un certain humour, la Syrie, a demandé qui pourrait, désormais, démanteler le Hezbollah, après le départ de ses troupes ?

Car - et ceci mérite d’être souligné - la résolution demande également que « les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées) » (souligné par nous).

Comme si la Syrie n’était pas satisfaite des actions terroristes !
Rappelons qu’Israël l’a d’ailleurs menacée d’être obligé d’intervenir, car elle abrite à Damas des dirigeants du Hamas, notamment, les responsables des attentats-suicides sanglants de Beersheva, il y a quelques jours.

De fait, la présence militaire permet à la Syrie de placer, en quelque sorte, le Liban sous sa tutelle.

Non seulement, le Liban n’est pas maître du maintien de l’ordre sur l’intégralité de son territoire, mais, encore et surtout, ce pays n’est pas maître de son destin politique.

Ainsi, vendredi dernier, au lendemain du vote de la résolution 1559, le Parlement libanais, sous la pression de la Syrie, votait un amendement constitutionnel, permettant à l’actuel Président de la République, Emile Lahoud, dont la Syrie n’à qu’à se louer de la docilité, de bénéficier d’une prolongation de mandat de trois ans…

Même le Premier ministre, Rafik Hariri, a dû se rallier à cet amendement, auquel il était initialement opposé.

Comme une antienne, certains des Etats qui se sont abstenus (outre les deux membres permanents- Chine et Russie - disposant d’un droit de veto, on compte l’Algérie, le Pakistan, le Brésil et les Philippines) ont déploré que cette résolution traduise, une fois encore, sous la pression américaine, le « deux poids, deux mesures » au Moyen-Orient.

Pourtant, comment peut-on sérieusement assimiler la présence israélienne dans des territoires « disputés » et l’occupation syrienne de fait d’un Etat indépendant ?

Mais oui, à l’ONU on le peut…..

  • David Ruzié, est professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

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