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Jeux olympiques et terrorisme

Flavio Vanetti du Corriere Della Sera -Traduction française d’Albert Capino pour PRIMO-Europe ©

jeudi 5 août 2004
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Interview : Shabtai Shavit, ex-patron du Mossad israélien.
Sept ans à la tête du Mossad. Le mandat le plus long dans l’histoire de l’organisation. Surnommé « S » en raison de la lettre « Shin » qui correspond à ses initiales dans l’alphabet hébraïque, Shavit a été contacté ces dernières années par les organisateurs des jeux olympiques d’Athènes en matière de sécurité.

Il a confié à Flavio Vanetti du Corriere Della Sera ses impressions à la veille des Olympiades.

Flavio Vanetti : Monsieur Shavit, risque-t-il de se produire un grave attentat pendant les prochains jeux olympiques ?

Shabtai Shavit : Je le crains, d’autant qu’Athènes est au centre d’une région où le terrorisme a débuté. Il peut subsister des capacités opérationnelles dangereuses dans des cellules locales, aujourd’hui dormantes. Il ne faut pas perdre de vue que dans la capitale grecque vit une vaste communauté arabe.

F V : Comment évaluez-vous la situation du terrorisme dans le monde ?

« S » : Il me semble que la formule qui se détache est celle qui prend pour cible les symboles de la civilisation occidentale. Les Olympiades sont l’une d’entre elles. Mais pas seulement : Al-Qaïda a une capacité limitée et doit sélectionner ses objectifs, les Jeux, les élections aux Etats-Unis, sont des événements privilégiés pour des attentats.

F V : Mais peut-être trop prévisibles ?

« S » : C’est vrai. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour dissuader des terroristes motivés : plus l’ennemi est organisé, plus la motivation de le défier est grande.

F V : Al-Qaïda semble plutôt être une définition générique. Que signifie-t-elle pour vous ?

« S » : Une organisation qui a introduit la menace globale, sous couvert d’une idéologie religieuse emphatique. Dire que le sigle est générique est assez correct, parce que nous avons à faire à un terrorisme virtuel : Al-Qaïda n’apparaît pas, n’a pas d’uniforme, de structure hiérarchique et a un appareil réduit. Mais il est compensé par sa faculté de communication.

F V : Que faut-il pour vaincre le terrorisme ?

« S » : L’unique chance de se prémunir est la coopération, à travers l’échange d’informations, mais par dessus tout en unissant nos efforts pour reconstituer les sources de financement des terroristes. A ce jour, je n’ai pas vu de réelle volonté commune de travailler dans cette voie.

F V : Qu’avez-vous appris à la tête du Mossad ?

« S » : Que c’est l’intelligence, la discrétion et la réserve qui constituent le pouvoir. Et que l’intelligence [au sens du renseignement] devient une force seulement si elle réunit et harmonise ces différents critères.

F V : Osama BinLaden est-il encore vivant ? Que dire d’Al Zarkawi ? Il en est qui prétendent que ce sont des fantasmes agités par les Américains…

« S » : Ceux qui déclarent qu’il s’agit d’un montage, disent des sottises. Osama BinLaden est bien vivant et prépare des coups. Al Zarkawi également. La question est : comment réussir à leur couper les pattes.

F V : Avez-vous eu un rôle officiel dans l’organisation de la sécurité des Jeux ?

« S » : Je ne suis pas impliqué dans le personnel, mais ces dernières années, j’ai donné mon avis en tant que consultant. Le Mossad en revanche a un rôle direct dans la mesure où il peut mettre à disposition des données et des informations.

F V : Des attentats à l’explosif, des bombes humaines, chimiques, les scénarii sont nombreux…

« S » : Plus que tout, je crains une série de petites bombes dans les endroits publics comme des places urbaines.

F V : Est-il exact qu’au départ, les mesures de sécurité étaient insuffisantes ?

« S » : Depuis le jour où Athènes a obtenu la qualification pour les Olympiades, les scénarii ont évolué. En pire. En conséquence, le budget a été doublé. Il atteint aujourd’hui 1,2 milliards de dollars, bien plus que ceux de Sidney et d’Atlanta.

F V : Subsiste-t-il des lacunes dans le filet de protection ?

« S » : La centrale de coordination n’a pas encore été installée. Il y a un grand nombre de moyens efficaces, à un niveau de technologie maximal, mais reste à savoir s’ils seront intégrés comme il le faut.

F V : Que feront les organisations athéniennes pour remédier à une situation in extremis ?

« S » : Les Grecs sont des gens bien, mais il leur arrive d’être parfois trop optimistes…

F V : Après une polémique sans fin, la présence d’agents étrangers a été autorisée, pour un certain nombre de délégations. Mais les Grecs ne le souhaitaient pas…

« S » : Je vous assure que d’admettre ces agents est une bonne chose…

F V : Les spectateurs, les journalistes, les athlètes, devront-ils subir des contrôles longs et contraignants, ou bien les mesures seront-elles discrètes ?

« S » : À la base, les mesures de sécurité sont destinées à être appliquées individuellement et non collectivement ; mais il est vrai que si l’on serre trop la vis, les gens s’impatientent, vous en veulent et ne croient plus à la validité des mesures. Il sera essentiel de bien faire passer le message : le public aura également un manuel à sa disposition, pour savoir comment se comporter.

F V : Les Olympiades furent déjà touchées en 1972 avec le massacre de Münich. Est-il juste de dire que l’on ne peut plus se permettre un autre attentat ?

« S » : Le mouvement olympique de risque pas de sombrer dans l’hypothèse d’un attentat. La coopération internationale et la prévention peuvent protéger efficacement les Jeux. Et pourtant, je crois que les organisateurs des Jeux de Pékin en 2008 sont déjà mieux préparés que ceux d’Athènes aujourd’hui…

F V : On dit que le terrorisme ne peut être défait, car il a toujours un coup d ’avance, un peu comme les blancs aux échecs…

« S » : C’est en partie exact. Mais les noirs peuvent également vaincre aux échecs, même si en théorie ils ont une position défensive …

F V : Le monde devra-t-il apprendre à coexister avec le risque d’attentats, avec un scénario à la hauteur des menaces ?

« S » : Oui. C’est difficile à admettre, mais nous devrons intégrer un niveau de victimes à hauteur de ceux des accidents de la route. Nous avons pris l’habitude de vivre avec les accidents…

F V : Mais, au fond, les terroristes n’ont-ils pas déjà gagné ? On parle d’eux…

« S » : Les chaînes de télévision et Internet sont leurs principaux alliés. Les médias devront trouver la force de faire un pas en arrière. Comme le disait Mc Luhan, pour les vaincre il faut avant tout débrancher la prise !


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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