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Dialogue de sourds……

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

samedi 10 juillet 2010
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Peu importe que les négociations (de paix) soient indirectes, comme elles le sont depuis le mois de mai, ou redeviennent directes, comme elles le furent déjà, à plusieurs reprises, dans le passé, mais sans plus de succès.

L’essentiel c’est qu’on leur fixe un objectif raisonnable.

Au risque d’ « enfoncer une porte ouverte », il nous paraît évident qu’on ne peut faire table rase des 60 et quelques dernières années et des nombreux morts qu’Israël a dû dénombrer, et envisager un retour, pur et simple, au plan de partage des Nations Unies de 1947 préconisant un Etat juif et un Etat arabe, Jérusalem, constituant, au moins pour une période transitoire de 10 ans, une entité séparée (corpus separatum).

Et, dans cette optique, il est évident que le retour des « réfugiés », tel qu’il avait été envisagé, aux Nations Unies, au lendemain même de la guerre d’indépendance est tout à fait irréaliste.

Rappelons, en effet, que, quelques mois, seulement, à peine après l’arrêt des combats, la résolution 194 adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies, le 11 décembre 1948, considérait qu’il « fallait permettre aux réfugiés de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins » (souligné par nous).

Or, on est loin, 62 ans plus tard, face à plusieurs millions de personnes, dont la plupart ont été élevées dans la haine de leurs voisins juifs, qui prétendent avoir le droit de s’installer en Israël.

Et pourtant, jusqu’à plus ample informer, le camp palestinien, soutenu par les Etats arabes s’en tient au « droit de retour des réfugiés », ce qui, mathématiquement (ou plutôt démographiquement) aboutirait, de fait, à moyen terme, à la destruction d’Israël.

On ne rappellera jamais assez que le fameux « plan de paix » arabe, prôné, même en Occident, reprend à son compte le « droit de retour ».

Mais, à croire que l’autre camp tend à multiplier les préalables pour ne pas ouvrir, ou plutôt rouvrir, la négociation directe, qui a, déjà eu lieu, à plusieurs reprises : qu’on se rappelle Camp David II, à l’été 2000, Taba, au printemps 2001 ou plus près de nous les propositions d’Olmert, en décembre 2008….

Car, pour l’instant, depuis qu’il est, de nouveau, question de négociations directes, Mahmoud Abbas met l’accent sur l’ « arrêt de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem ».

Notons, au passage, qu’Israël n’a, pourtant, guère été « récompensé », bien au contraire, pour son retrait de la bande de Gaza, il y a presque 5 ans déjà…..

Mais alors pas plus que le retour pur et simple au plan de partage de 1947 nous paraît envisageable, la prise en compte pure et simple de ligne de cessez-le-feu de juin 1967, qui n’a jamais été conçue, même et surtout du côté arabe, comme une frontière, ne peut servir de base de discussion.

La réalité c’est que depuis au moins une décennie, lors de ces négociations directes, le camp palestinien a admis, même sans que ce soit officiel, le principe d’un échange de territoires.

Seulement que ce soit à l’initiative des négociateurs palestiniens ou non, à chaque fois, la conclusion d’un accord a échoué, en raison d’une initiative malencontreuse du camp palestinien.

Qu’on se rappelle la seconde intifada lancée en septembre 2000 ou l’intensification des lancements de roquettes depuis la Bande de Gaza, en décembre 2008, qui a contraint les 5sraLeins à entreprendre l’opération « Plomb durci » .

D’où un sérieux doute sur une véritable volonté de paix du côté palestinien.

A cet égard les nombreux gestes déplacés de Mahmoud Abbas, qui ne manque aucune occasion de rendre hommage à des terroristes en dit long sur son manque de fiabilité, hérité, d’ailleurs, de son prédécesseur Arafat.

Et que dire de cette fanfaronnade récente, dans laquelle ce personnage qu’en Occident on considère comme modéré (il est vrai que tout est relatif) déclarait que si les Etats arabes décidaient de combattre Israël, l’Autorité (sic) palestinienne se joindrait à eux, mais que seule elle ne pouvait s’engager dans cette voie….

Les Israéliens ont eu raison de subordonner l’ouverture de négociations à l’abandon, officiel du moins, du recours à la violence par le camp palestinien, encore qu’ils aient dû prendre eux mêmes des mesures à cette fin, comme en témoigne la barrière de sécurité.

Car, contrairement à ce qu’écrit Laurent Zecchini, dans Le Monde, daté du 10 juillet, cette « clôture de sécurité » n’est pas « un outil de colonisation ».

Elle sert à protéger la vie des Israéliens, qui se trouvent, actuellement, au delà de la Ligne Verte et, donc, en quelque sorte à garantir un statu quo, dont rien ne dit qu’il sera définitif.

N’en déplaise aux doctes savants Cosinus, bien installés à La Haye, qui déniaient à Israël, en juillet 2004, le droit à la légitime défense, cette barrière n’est pas pour rien dans la dissuasion des terroristes « isolés », même si, officiellement (officieusement on en est moins sûr à en juger par des initiatives de membres de l’un ou l’autre de ces mouvements) le Fatah et le Hamas auraient mis fin « au cycle de violence ».

D’ailleurs, à en juger par la poursuite sporadique de lancements de roquettes depuis la Bande de Gaza, on est en droit de douter de cette affirmation, s’agissant du Hamas.

Toujours est-il que du côté israélien, mis à part une minorité d’illuminés, adeptes de l’idée d’un « Grand Israël », il nous semble, indépendamment de certaines déclarations démagogiques à visées électoralistes, qu’une majorité se range à l’idée que seuls quelques blocs d’implantations juives (au nord, au centre et au sud) peuvent raisonnablement être réclamés, dans le cadre d’un échange de territoires.

Alors pourquoi, officiellement, s’en tenir au principe que tant qu’il n’y a pas d’accord de paix, rien n’est acquis et que le développement des constructions, au delà de la Ligne verte peut se poursuivre ?

Il est vrai que la question de Jérusalem pose problème…

Mais là aussi une évolution n’est pas impossible du côté israélien.

L’exemple d’Ehoud Olmert, élu de droite, qui s’était rallié à l’idée d’un partage – limité – de Jérusalem doit donner à réfléchir.

Ceci dit, on peut parfaitement admettre que Benyamin Netanyahou ne veuille faire aucune concession, même de forme, avant l’ouverture de négociations directes.

Les Palestiniens sont mal venus, d’ailleurs, de critiquer la date limite du 26 septembre (date d’expiration du moratoire de 10 mois des constructions dans les Territoires, décidé par le gouvernement israélien), alors que la Ligue arabe a fixé à 4 mois la durée des négociations indirectes, sans s’engager sur une autre forme de négociations.

Ce n’est pas à coup de « dates butoirs » que l’on s’avancera vers la paix…..


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