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La bête est revenue

Maurice Konopnicki

dimanche 21 janvier 2001
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Odieux, écœurant, révoltant, nauséabond, les mots me manquent pour définir les sentiments de colère qui m’assaillent à la lecture des insanités proférées dans la page Forum du Soir des 15 et 16 décembre dernier. Il n’est absolument pas question de reproduire ici, même pour les critiquer, les énormités qu’un média ose répercuter sans le moindre scrupule. Quelle indignité de permettre ainsi de calomnier Israël et le peuple juif, accusé de pratiquer, après en avoir été la victime, les méthodes nazies abhorrées par tout être normalement constitué ! Et les reproches qui nous sont faits sont exprimés sans ambiguïté ! « Vous qui avez été les victimes du pire crime que l’Humanité ait jamais connu, vous devriez vous confiner dans ce rôle de victimes qui vous sied si bien. Surtout ne jamais en sortir et ne jamais prendre les armes pour vous défendre ou pour prévenir de telles agressions. En tant que victimes vous avez droit à tout notre respect et notre entière commisération. Si vous prétendez abandonner ce statut de victimes et modifier le cours de l’Histoire, telle que nous la concevons, vous serez blâmés, condamnés. Et nous agirons de telle sorte que vous repreniez votre rôle de victimes. »

Pour tous ceux, qui, comme moi, ont perdu un frère, qui avait 14 ans, des cousins, cousines, oncles, tantes, grands-parents, dans l’indifférence sinon la complicité quasi générale de l’humanité, il est absolument insupportable que de soi-disant observateurs éclairés trahissent l’histoire et se fassent à nouveau les complices des ennemis du peuple juif. La condamnation de l’incitation à la haine raciale devrait également frapper tous les médiocres qui vomissent leur antisémitisme ancestral, tout comme les médias qui participent aveuglément ou délibérément à cette nouvelle chasse aux Juifs.

L’insulte qui nous est faite, à tous, survivants de la Shoah, ne mériterait que le mépris si le danger réel de la résurgence de l’antisémitisme ne menaçait pas à nouveau nos jeunes générations. Aussi convient-il de les armer de la connaissance nécessaire pour pouvoir faire face à ce nouveau danger. Leur apprendre l’histoire que les esprits « bien-pensants » veulent occulter ou censurer.

Le combat du peuple juif pour sa sécurité, sa dignité et son indépendance n’est pas encore terminé. Soixante ans après la fin de la seconde Guerre Mondiale, il se trouve encore des individus ou des groupes, et même des nations qui refusent de reconnaître la légitimité de l’existence d’Israël, accablant de tous les maux les Juifs qui le soutiennent. Et pour ce faire, tous les moyens furent bons à Durban pour vomir la haine des Juifs et participer à la campagne négationniste la plus insultante qui soit. S’il en est ainsi, il convient de rappeler, aux observateurs incultes qui en ont emboîté le pas, les crimes nazis qui ont façonné l’histoire du Moyen-Orient, dont les acteurs palestiniens, aujourd’hui présentés en innocentes victimes, furent les complices. Nous, qui avons de la mémoire, rappelons-nous et clamons haut et fort que, nombreux furent les Palestiniens, qui soutinrent et appuyèrent les plans de la solution finale.

Les persécutions nazies et la Palestine

Les persécutions et les menaces de mort dont les Juifs furent victimes en Europe n’empêchèrent point le gouvernement britannique de décréter en Palestine, en mai 1939, quelques mois à peine après la Nuit de Cristal, une nouvelle politique, celle du Livre Blanc : arrêt de l’immigration juive en Palestine, et promulgation des lois foncières (dès 1940) interdisant la vente de terres aux Juifs sur la quasi totalité du territoire. Ainsi au moment même où les Juifs cherchaient désespérément un refuge, les Britanniques contingentaient et puis fermaient les portes de la Palestine. De nombreux immigrants juifs furent refoulés et périrent en mer. D’autres parvinrent à pénétrer illégalement en Palestine. La politique antisémite de l’Allemagne nazie, le pogrom de la Nuit de Cristal, et la « solution finale » emportèrent l’adhésion du monde arabe et en particulier celle des Palestiniens.

Dès 1937, le Grand Mufti Adj Hamin El Husseini, leader spirituel des Palestiniens, déposait devant la « Palestine Royal Commission » * comme principal porte-parole des Arabes. Pour lui, l’expérience d’un foyer national juif devait prendre fin ; l’immigration et les achats de terre devaient cesser. L’hébreu ne devait plus être reconnu comme langue officielle et la Palestine devait devenir un Etat arabe indépendant. Des insinuations antisémites se firent entendre : Auni Abdul Hadi, chef de l’ « Istiqlal », organisation de centre-gauche, déclara que les Juifs étaient un peuple plus usurier qu’aucun autre et que si soixante millions d’Allemands, gens cultivés et civilisés, ne pouvaient tolérer la présence de six cent mille Juifs, comment pouvait-on attendre des Arabes qu’ils tolérassent la présence de quatre cent mille Juifs dans un pays beaucoup plus petit ? Quand on demanda au Mufti si la Palestine pourrait absorber et assimiler les quatre cent mille Juifs qui y étaient déjà, il répondit sans hésiter : « Non* ». Ces Juifs devaient- ils être expulsés ou « éliminés d’une façon ou d’une autre ? » « Nous devons tous laisser l’avenir régler cela » répondit le Mufti. « Ce n’est pas une question qui peut se régler ici » dit Auni Abdul Hadi. :

La révolte arabe de 1936-1939 avait déjà bénéficié de l’appui direct, financier et militaire, de l’Allemagne et de l’Italie. Les Archives du Haut Commandement de l’armée allemande capturées à Flensburg après la deuxième Guerre Mondiale avaient livré un rapport selon lequel « seuls les fonds mis à la disposition du Grand Mufti de Jérusalem par l’Allemagne lui avaient permis d’organiser la révolte de Palestine. »

En septembre 1937, Adolph Eichman, déjà actif dans la section nazie chargée de la liquidation du problème juif, se rendit en Palestine et rencontra les représentants du Mufti. Leurs tractations constituaient en fait les préliminaires de la liquidation « à l’allemande » du Foyer National Juif en Palestine. La presse arabe de l’époque s’associait au « Martyr du peuple allemand sous le joug de la juiverie internationale ». Des portraits de Hitler, Mussolini et des drapeaux nazis, étaient fréquemment arborés.

Le leader palestinien Adj Hamin El Husseini établit un bureau du Grand Mufti à Berlin. De nombreuses photographies du temps de la guerre le montrent conférant avec Hitler et Himmler, passant en revue des troupes nazies et saluant du salut hitlérien. Tous ses efforts visaient d’ailleurs à faire reconnaître « l’illégalité du Foyer National Juif en Palestine et d’aboutir à l’anéantissement de la Communauté juive de Palestine ». La participation directe du Grand Mufti à l’extermination des Juifs d’Europe est établie par de nombreux documents. Pendant son séjour en Allemagne, il fut personnellement en contact avec Adolph Eichmann. Il s’attacha surtout très activement à empêcher le départ des Juifs d’Europe occupée vers la Palestine.

Qui pourra dire combien de Juifs auraient pu survivre si l’Etat d’Israël avait existé ou si les portes de la Palestine n’avaient pas été fermées parce que les Palestiniens y avaient contraint les Britanniques ? Ainsi à cette époque, pendant la seconde Guerre Mondiale, l’hostilité des Palestiniens avait rendu « Judenrein » tous les territoires où les Juifs étaient interdits d’accès, fidèle ainsi à la politique pratiquée par les Nazis en Europe.

De l’histoire ancienne tout cela ? Non ! Il faut lire le remarquable ouvrage de Henri Deleersnijder, paru aux Editions Labor, « Les prédateurs de la mémoire. La Shoah au péril des négationnistes », pour se rendre compte que la haine institutionnalisée à l’égard des Juifs a toujours cours aujourd’hui dans le monde arabe et que les attaques antisémites sont fréquentes dans la presse des Etats arabes.

Extraits :

• Les Protocoles des Sages de Sion et Mein Kampf : la traduction du brûlot tsariste est disponible à Ramallah et il n’est pas rare de le trouver à la disposition des clients dans les hôtels d’Arabie Saoudite depuis des décennies en réalité ; le livre d’Hitler, traduit lui aussi, est en vente dans les kiosques d’Amman.

• Les mythes fondateurs de la politique israélienne de Roger Garaudy ont été bien accueillis : en septembre 1996, soit quelques mois à peine après sa sortie en France, l’ouvrage est disponible en quatre éditions arabes. • Les intellectuels palestiniens lui manifestent leur soutien, entre autres après sa condamnation fin février 1998 pour contestation de crimes contre l’humanité et diffamation raciale. « Nous, écrivains et poètes, peut-on lire dans un communiqué publié à Jérusalem-Est, exprimons notre solidarité avec le penseur et l’homme de lettres Roger Garaudy ? »

• On pourrait accumuler les signes probants de l’accueil favorable réservé par les voisins d’Israël au propos « révisionnistes » ou franchement négationnistes.

• Telle émission de la télévision palestinienne, datant du 29 novembre 2000 et consacrée au vote intervenu à l’ONU en 1947 sur le partage de la Palestine, au cours de laquelle était dénoncé « le mensonge des réclamations juives. Tout cela est sans fondement. Il n’y a jamais eu de Chelmno, de Dachau et d’Auschwitz. C’étaient juste des centres de désinfection •. Ils essayent de faire croire qu’ils étaient persécutés et assassinés pour créer cette entité étrangère sur la terre où vivaient nos ancêtres. »

• « La présentation de statistiques exagérées sur le massacre des juifs n’a été qu’un moyen d’attirer la compassion de l’opinion publique et de faciliter l’occupation de la Palestine en justifiant les crimes des sionistes. » Cette déclaration a été faite au cours d’une Conférence internationale de soutien à l’Intifada • avec des représentants du Hamas et du Djihad islamique •

Quand il s’agit de stigmatiser Israël la nuance ou la simple honnêteté historique ne sont pas de rigueur au Proche-Orient.

• Il existe pourtant d’heureuses exceptions à ce climat désastreux. La suppression du colloque international « Révisionnisme et sionisme » prévu à Beyrouth du 31 mars au 3 avril 2001, en est assurément une. A l’appel des associations négationnistes Institute for Historical Review et Vérité et Justice,

•, cette rencontre devait réunir tout ce que la planète compte de falsificateurs de l’Histoire. Quatorze intellectuels arabes ? du Maroc, d’Algérie, du Liban, de Palestine et de Syrie ? s’opposèrent courageusement à une telle initiative.

• Ils n’ont pas empêché, le 5 mai 2001, l’attaque lancée contre Israël (sans qu’il soit nommé) par le Président Bachar El Assad à Damas, en présence du Pape Jean-Paul II, resté silencieux, les Juifs étaient suspectés de vouloir « assassiner tous les principes de toutes les religions, de la même manière qu’ils avaient trahi Jésus et essayé de tuer Mahommet ».

Pour conclure, il convient de reprendre les mots de Henri Deleersnijder pour souligner : « La tentative, notamment soutenue par la Belgique et l’Italie, d’expurger les manuels scolaires palestiniens de toute référence hostile aux Juifs •. L’apprentissage de la paix par l’éducation, la confrontation des mémoires et la reconnaissance réciproque des malheurs de chacune des communautés ne peuvent que préparer l’indispensable réconciliation future. » A condition que l’on cesse de faire paraître des insanités du type de celles que Le Soir nous a donné à lire et par là, a commis la grave erreur de les répercuter.

  • Palestine Royal Commission, Minutes of Evidence, Londres, 1937, p. 297 (déposition du Mufti), p.310-315 (déposition de Auni Abdul Hadi).

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