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Arabes israéliens ? Non, palestiniens en Israël

Par Maître Bertrand RAMAS-MUHLBACH pour lessakele et aschkel.info

dimanche 13 juin 2010
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Ce 9 juin 2010 a rapproché un peu plus Israël d’une rupture définitive avec sa population arabe résidante. Lors d’une conférence donnée à Maalot Tarshisha, le secrétaire Général du parti politique Hadach a lancé « nous ne sommes pas des Arabes Israéliens, nous sommes des Palestiniens. En 1948, Nous avons décidé de ne pas nuire à la sécurité de l’Etat, mais vous continuez, malgré tout, à commettre des crimes envers nous ».

Pour sa part, la députée Zoabi Hanin (qui se trouvait à bord de la flottille destinée à briser le blocus de la bande de Gaza), ne cache pas, sur le site internet du parti Balad, représenter « les Palestiniens à la Knesset ». Cette position est également partagée par l’ensemble des leaders arabes qui vivent en Israël comme par exemple le chef du Mouvement islamique arabe israélien, le cheikh Raëd Salah (qui a participé aux émeutes sur le Marmara) : de retour à Oum el-Fahem le 10 juin 2010 après sa garde à vue, il a été accueilli sous les cris de « Allah Ou Akbar » par une foule brandissant des drapeaux Palestiniens.

Certes, ce sentiment éprouvé par les personnes arabes vivant en Israël n’est pas nécessairement associé à une prise d’armes, comme en témoignent les propos du chef de la communauté arabe de Buieina Nuidat, Salah Souleimane, (lors de la conférence à Maalot) pour qui la population arabe en Israël est majoritairement favorable à la coexistence. Toujours est-il qu’Israël devra très vite s’adapter à ce phénomène : une partie de sa population en Israël, et c’est bien légitime, ne s’associe pas à la communauté de destin du peuple juif.

Les signes en sont d’ailleurs perceptibles depuis quelques années. Le 18 décembre2005, le député arabe Azmi Bishara (depuis destitué) avait déclaré devant une assemblée au Liban que les Arabes israéliens étaient « comme tous les Arabes, mais avec une nationalité israélienne qui leur a été imposée ». Il a alors lancé à l’endroit d’Israël : « Rendez-nous la Palestine et emportez la démocratie avec vous. Elle ne nous intéresse pas ». Quelques jours plus tard (le 15 février 2006), le député arabe à la Knesset, Ahmed Tibi (qui a aussi participé à la flottille en compagnie d’un autre député arabe de la Knesset, Talel A Saana), avait appelé à l’établissement d’un califat islamique sur « une terre arabe et musulmane » et rejeté l’« israélisation » des Arabes d’Israël. Or, ces députés arabes de la Knesset hostiles à Israël et qui violent régulièrement leur serment d’allégeance prêté à Israël, sont tout-à-fait représentatifs des populations arabes en Israël qui participent majoritairement aux élections en Israël et qui se considèrent comme étant des Palestiniens de l’Intérieur, des Palestiniens de 1948, voire tout simplement des Palestiniens vivant dans l’Etat d’Israël.

Rappelons que même le Ministre arabe Madjadleh (nommé par l’ancien Premier Ministre Ehud Olmert) avait lui aussi violé son serment d‘allégeance à Israël (le 14 novembre 2007) en annonçant à la Tribune de la Knesset : « la loi israélienne ne peut pas s’étendre au Mont du Temple (ancien emplacement du beit Hamikdach). S’il existe une contradiction entre la loi israélienne et ma profonde conviction de Musulman, je saurai quoi choisir. Avant d’être Ministre, je suis avant tout citoyen musulman »

Cette fracture de la société israélienne est d’autant plus inquiétante que les représentants palestiniens établis dans des pays limitrophes appellent désormais à un soulèvement généralisé des Arabes pour apporter leur concours aux Palestiniens. Il en est, par exemple, ainsi de Mounir Maqdar (établi au Liban), qui a, ce 9 juin 2010, appelé tous les Arabes à pénétrer en « Palestine », à partir du Liban, de la Jordanie, de Gaza et de tous les pays arabes en formant ce qu’il a nommé une « flottille du retour vers la Palestine ».

Si Israël ne prend pas donc la mesure de cette volonté populaire, la notion d’ « intifada » (soulèvement) risque d’évoluer encore en prenant la forme d’un soulèvement des Arabes vivant en Israël. A l‘origine, l’intifada lancée en décembre 1987 concernait les Palestiniens résidant dans les territoires palestiniens et a pris la forme de mesures de désobéissance civile ou de manifestations violentes au moyen de jets de pierres et de cocktails Molotov. Les Palestiniens situés à l’extérieur de la ligne verte du territoire israélien, ne se satisfaisaient pas des conditions de vie qui leur étaient imposées : difficultés pour se déplacer et travailler, niveaux de rémunération moindre, fouilles, complexité pour se rendre à la Mosquée Al Aqsa, développement des implantations juives en Cisjordanie… Par ailleurs, ils déploraient l’incurie des dirigeants palestiniens situés à l’étranger et leur incapacité à prendre en considération leurs besoins spécifiques pendant que les chefs arabes de la région ne manifestaient guère d’intérêt pour leur cause. Ultérieurement, la seconde intifada (lancée le 28 septembre 2000) l’a été par des Palestiniens résidant à Jérusalem à la suite de ce qu’ils considéraient être une provocation, à savoir la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade des mosquées alors que la veille, Arafat avait expressément donné son aval à Ehud Barak (Premier Ministre). Bien évidemment, la soi-disant provocation d’Ariel Sharon n’était pour les Palestiniens qu’un prétexte masquant une réalité : les Palestiniens résidant à Jérusalem n’exerçaient pas la moindre souveraineté sur la capitale israélienne.

Selon toute vraisemblance, la troisième intifada devrait être menée par les Arabes vivant en Israël. Elle gronde déjà depuis quelques années dans les sermons des représentants arabes d’Israël : à Wadi Joz (Jérusalem), en février 2008, le Cheik Raed Salah (encore lui) avait incité ses partisans à lancer une troisième intifada pour « sauver la mosquée d’Al Aqsa, libérer Jérusalem et mettre fin à l’occupation. ». De même, en mars 2010, l’annonce de la construction de 1600 logements dans la partie orientale de Jérusalem et l’intégration du Caveau des patriarches dans la liste du patrimoine juif a provoqué une série de manifestations violentes de nature à la déclencher.

Il est certain que les personnes arabes vivant en Israël ne parviennent pas à trouver leur place. Ils oscillent entre une aspiration vers le modèle israélien, leur identité palestinienne, leur appartenance à la grande nation arabe et, pour certains, le refuge dans le fondamentalisme islamiste. Or, les institutions politiques israéliennes, le mode de vie et le projet de société en Israël sont tournés vers le caractère juif de l’Etat, ce qui est d’autant plus frustrant pour les arabes d’Israël que non seulement la judéité de l’Etat ne fait pas partie de leur histoire, mais qu’en outre, elle rappelle son aspect catastrophique.

Les députés israéliens doivent prochainement voter une loi qui portera le nom de la député Zoabi Hanin, sur une restriction des droits parlementaires des arabes israéliens accusés de trahison, voire leur destitution et la privation de leur immunité parlementaire, mais ce n’est pas suffisant.

L’Etat d’Israël doit désormais respecter le choix des ressortissants arabes qui ne se considèrent pas israéliens, en leur offrant le statut applicable, dans les grandes sociétés démocratiques, aux personnes étrangères en situation régulière. Celles-ci disposent de toutes les prérogatives réservées aux nationaux (logement, allocations familiales, travail, accès aux soins médicaux…), à l’exception bien entendu du droit d’être électeur et celui d’être éligible.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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