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Sous prétexte qu’ils sont aussi Israéliens

Alain Legaret © Primo Europe

samedi 12 juin 2004
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A l’approche des élections européennes, chaque liste essaie de récolter le plus de voix. Même les voix juives, bien que minoritaires, sont recherchées. Qu’est ce qui pourrait séduire ces Juifs ? se demande-t-on dans les états-majors.

Si déjà on ne rossait plus leurs enfants à la sortie de l’école, ils seraient heureux. Qu’à cela ne tienne, on se place en tête du cortège d’une manifestation contre l’antisémitisme et on rajoute une ligne au programme disant qu’on s’engage à lutter contre ce fléau. Ca fait bien, c’est consensuel, et ça ne mange pas de pain. On révise son lexique des compassions pour être le premier à exprimer ses condamnations, sa consternation ou son indignation, au cas où. Et on passe à autre chose.

De toutes les façons, les Juifs n’ont pas d’autre choix. On estime qu’ils ne sont tout de même pas assez fous pour aller voter extrême gauche ou Front National. C’est encore mal les connaître.

La lutte contre l’antisémitisme est ainsi menée tel un combat de façade pour rassurer les Juifs de France. Pendant vingt ans, on a cru qu’en endiguant le chômage, on résorberait la délinquance. Puis, on a pu constater que l’analyse était fausse. On nous a fait croire ensuite au fameux « sentiment d’insécurité », et on a enchaîné sur le « sentiment d’antisémitisme » jusqu’à ce qu’on ne puisse plus nier que le phénomène était bien réel.

Mais il n’y a pas qu’un seul et unique antisémitisme. Pour reprendre une formule à la mode, on peut dire qu’il existe un « antisémitisme en France » et un « antisémitisme de France ».

« L’antisémitisme en France » est celui que l’on connaît sous l’appellation générique d’antisémitisme et qui s’attaque exclusivement aux Juifs français. Il provient en partie des nostalgiques d’extrême droite, considérés désormais au même titre que le chômage comme un mal nécessaire, et en partie par une frange de la population qui croit ainsi mener son combat aux côtés du peuple palestinien.

Cet « antisémitisme en France » est celui qui est condamné. Malheureusement et malgré toutes les mesures qu’on pourra prendre pour tenter de le faire disparaître, il est voué à un bel avenir car il est entretenu par l’autre antisémitisme, celui qui se répand tous les jours sous nos yeux et qui jouit de la liberté la plus totale. Ce deuxième antisémitisme ne s’en prend pas aux Juifs français. C’est un « antisémitisme de France » qui se permet de propager les pires insanités sur les Juifs, sous prétexte qu’ils sont aussi Israéliens.

Il n’est pas l’émanation de quelques agités du peuple, mais il provient des élites de la nation et de nos médias les plus prestigieux. Il se présente sous la forme d’une discrimination qui touche exclusivement le seul état juif. Même les Etats-Unis qui pourtant sont loin d’être la nation la plus chérie des Français, ne subissent pas le dénigrement réservé à Israël.

Cela commence par un exposé des faits qui, quel que soit l’évènement, présente les Juifs d’Israël comme les coupables.

Un attentat en Israël ? On nous montre les Palestiniens qui attendent avec angoisse les représailles.

Un bateau palestinien empli d’armes de contrebande ? Le Monde et l’AFP nous expliquent qu’Israël complique les négociations et exploite l’affaire.

Le vocabulaire non plus n’est pas anodin : les territoires occupés, l’esplanade des Mosquées, le mur de la honte, l’apartheid, les colons, les collaborateurs et les activistes. France Infos a même qualifié l’armée israélienne d’armée de barbares, montrant ainsi l’ignorance (ou la haine) du journaliste qui n’a certainement pas vu les décapitations de Daniel Pearl ou de Nicholas Berg.

Cela passe aussi par des phrases assassines comme celle de Jean Pierre Elkabbach qui voit la main d’Israël dans les attentats de Madrid, ou par un matraquage qui a réussi à ancrer dans la majorité des esprits qu’il y a eu un massacre à Jenine et que Sabra et Chatila sont l’œuvre de Sharon et de son armée.

Puis viennent les mensonges par omission. On nous annonce qu’un Palestinien est tué mais on néglige de dire qu’il venait de tirer sur des Israéliens, on nous parle des maisons détruites mais on oublie de parler des tunnels de contrebande. On évite aussi de nous parler des terroristes protégés et payés par Arafat, des enfants palestiniens armés de pierres et servant de boucliers humains à leurs aînés équipés d’armes lourdes, des ambulances servant au transport de troupes et d’explosifs, de la corruption au sein de l’Autorité Palestinienne, de la fortune personnelle de son chef, de l’appel au martyr à la télévision officielle palestinienne et de l’endoctrinement des enfants pour en faire de bons kamikazes dans les écoles financées par l’ONU, l’Union Européenne et l’Unicef.

Et enfin, il y a les mensonges directs qui achèvent de diaboliser et de nazifier les Juifs d’Israël, parmi lesquels :

Sylvain Cypel dans le Monde fait son scoop sur le plus gros complot israélien aux Etats-Unis : un faux.

Libération publie en couverture la photo d’un Palestinien ensanglanté menacé par un policier israélien : un faux.

Sara Daniel dans le Nouvel Observateur informe que les soldats Juifs violent les filles palestiniennes pour qu’elles soient exécutées : un faux.

TV5 diffuse le reportage de la Basilique de la Nativité saccagée par les Israéliens : un faux.

Plusieurs médias annoncent le meurtre par des Israéliens d’un prêtre catholique italien : un faux.

France 3 montre un bébé palestinien tué par des balles israéliennes : un faux.

Thierry Thuillier sur France 2 diffuse un reportage dans lequel il montre des soldats juifs sadiques prenant plaisir à tuer trois enfants avec l’approbation du peule israélien : un faux.

Le Nouvel Observateur publie un article de Victor Cygielman dans lequel l’armée israélienne a ordre d’empêcher les soins aux blessés palestiniens : un faux.

France 2 et Charles Enderlin diffusent au yeux du monde l’assassinat du petit Al-Dura par des balles israéliennes : un faux.

Comment se fait-il que les Juifs israéliens soient le seul peuple à subir aujourd’hui des calomnies aussi grossières que celles subies par les Juifs européens il y a 60 ans ?

Certains journalistes vont même plus loin pour aider à l’amalgame.

Tel Christian Malar sur France 3 qui, après les attentats d’Istanbul, explique qu’en s’attaquant à la communauté juive, on s’attaque à Israël.

Tel Thierry Thuillier qui, ressentant la nécessité de préciser qui sont les responsables de son meurtre imaginaire, complète son émission par un reportage sur les Arabes israéliens victimes eux aussi de leurs concitoyens. Qui sont donc ces affreux habitants d’Israël quand on en retranche les Arabes ?

Sauf en suivant les informations tel Ulysse attaché au bateau pour ne pas succomber aux sirènes de la haine, il est impossible de ne pas détester ces Juifs.

Et par conséquent, il est tout aussi normal d’en vouloir à ces salauds de Juifs français qui soutiennent ce peuple sanguinaire.

Qui sont alors les vrais responsables de l’antisémitisme en France ? Sont-ce les imbéciles incapables de faire la distinction entre un Juif français et un Juif israélien ou ceux qui manipulent les esprits et engendrent la haine ?

A ce jour, aucun journaliste ne s’est vu désavoué par sa hiérarchie. Tous les Israéliens n’ont pas la chance de s’appeler Alain Juppé. Le CSA reste désespérément muet. Les politiques aussi. Le gouvernement s’engage à combattre le feu de l’antisémitisme en France mais oublie les pyromanes de la maison de la Radio, de France Télévisions, et des rédactions de la presse incendiaire quand ce ne sont pas les animateurs d’émissions de divertissement qui participent au lynchage.

A l’ombre d’une telle propagande, on ne peut que vomir les Juifs, sous prétexte qu’ils sont aussi Israéliens. Certains, comme le maire de Seclin, ont suggéré de boycotter les produits israéliens. D’autres réclament la suspension des accords économiques et scientifiques. On en est donc à penser aux lois anti-israéliennes, comme hier on avait voté les lois anti-juives.

Cette semaine, on a même vu le tribunal de Paris relaxer un humoriste surfant sur cette vague antisémite de France, sous prétexte que dans son sketch, il ne nazifiait que des Juifs israéliens. Drôle d’humour et drôle de jugement. Jusqu’où ?

Malheureusement, l’attitude des médias n’est pas étrangère à la politique pro-arabe de la France initiée depuis De Gaulle. Aujourd’hui tout de même, on peut se poser la question du bien-fondé de cette politique si, pour la justifier, on a besoin de l’accompagner de tant de mensonges.

Bien que la thèse officielle française attribue l’antisémitisme d’origine musulmane à une poignée de fanatiques, le monde arabe ne cache pas son aversion pour les Juifs, puisée dans les versets du Coran, ou conséquence d’une propagande continuelle comme celle à laquelle nous assistons en France ces dernières années.

Cette haine du Juif largement répandue dans le monde arabe fait aussi l’objet de censure dans nos médias. En effet, comment la France si juste, si pacifiste, qui vient à peine de se remettre de sa collaboration avec le pire régime du 20ème siècle, peut-elle encore se compromettre aussi rapidement avec des antisémites notoires ?

Et pourtant, lors de la cérémonie d’ouverture du Sommet de la Conférence Islamique en Malaisie, 57 pays représentants, excusez du peu, 20% de la population mondiale ont vivement applaudi au discours antisémite du Premier Ministre malais. Les médias français, y consacrant quelques entrefilets, ne jugeaient pas l’information d’importance pour comprendre le monde qui nous entoure.

Il leur était certainement difficile d’admettre que la poignée de fanatiques islamistes comptait en fait près d’un milliard de personnes. Il a donc fallu attendre qu’un journaliste israélien invective Jacques Chirac pour que les Français soient enfin informés des propos du Premier Ministre malais, soit quatre jours après les faits, lors d’un sujet dénonçant bien entendu l’agression verbale israélienne dont avait été victime le Président français.

Malheureusement, cet antisémitisme dirigé contre les Juifs israéliens, n’est pas une exclusivité hexagonale. Il se répand aussi dans le monde occidental et particulièrement en Europe, laquelle se croit obligée de faire du zèle pour plaire au marché arabe, ou pour ne pas subir les foudres de ses éléments les plus extrémistes.

Le jeu est trop dangereux et la responsabilité de nos gouvernants est immense. Ce n’est pas en falsifiant la vérité, en dissimulant les rapports et en acceptant de financer le terrorisme, que l’Europe sera ce chantre de la paix qu’elle aspire à être.

Elle fut le berceau des malheurs du siècle dernier. Elle n’a visiblement rien appris.


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