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Mourir à Gaza, 2ème partie

Par Jean Tsadik © Metula News Agency

vendredi 28 mai 2004
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S’il est un fourvoiement irritant dans le débat sur le retrait de Gaza, qui secoue ces jours l’opinion israélienne, c’est celui qui lie la présence d’implantations juives dans ce territoire aux fonctions stratégiques qui y sont dévolues à l’armée israélienne.

Tant sur les calicots des manifestants pour le désengagement, l’autre jour, Place Rabin à Tel Aviv, que dans le discours des politiciens, on voudrait ici se persuader que le retrait unilatéral par Israël de cette bande de terre maudite aurait pour effet de supprimer les pertes de jeunes soldats, ressenties avec une acuité de douleur inexplicable à des étrangers par la population de notre pays.

En fait, un retrait unilatéral de notre part ne réduirait avec certitude que le nombre des décès parmi les familles de pionniers vivant au milieu de plus d’un million d’arabes hostiles, ainsi que celui des militaires strictement détachés à leur protection.

Comme je l’ai écrit en première partie d’article, Israël fait face à trois problèmes distincts à Gaza et le rapatriement des habitants des implantations n’en résoudra qu’un seul. Resteront les menaces liées à la contrebande des armes et des munitions par les tunnels de Rafah ainsi que celle constituée par les bombardements de Quassam et de mortiers sur les villes et les kibboutzim israéliens limitrophes de l’ouest du désert du Néguev.

C’est là que l’existence de l’accord avec Dahlan, dévoilé initialement par notre confrère Sami el-Soudi et les arrangements frontaliers avec l’Egypte s’habillent de toute leur importance. Dans le cas où les choses prendraient une tournure positive, on peut espérer que Mohamed Dahlan disposera de la capacité militaire et de la volonté de faire régner l’ordre au fur et à mesure de l’évacuation de Tsahal. Les deux composants de l’hypothèse - capacité et volonté - revêtiraient alors une signification politique allant très au-delà du simple aspect tactique des choses. Lorsque l’on parle, à la Ména, du putsch menant à l’écartement d’Arafat, c’est que l’on conçoit l’incompatibilité de conception abyssale qui existe entre l’exécution des fonctions dévolues à Dahlan par Israël, les USA, les Etats raisonnables d’Europe, l’Egypte et la Jordanie ainsi que les Palestiniens constructeurs d’avenir et le projet de porte-avions du vieux leader, confiné entre les murs de la Moukata.

Ce que je dis, c’est que les deux options sont parfaitement incompatibles, au point de mener à un schisme absolu au sein de l’Autorité Palestinienne, au cas où Arafat tenterait de s’accrocher au pouvoir. A bien regarder, on saisit que la prise de contrôle de Dahlan sur la bande de Gaza s’inscrit dans une dynamique positive, en fait, celle provisionnée par la Carte Routière, dont la finalité consiste en la création d’un Etat palestinien vivant en bonne intelligence avec son voisin israélien. A ce titre, et c’est dans ce dessein que j’ai cité les Palestiniens « constructeurs d’avenir », l’instauration d’un pouvoir palestinien sur le territoire de Gaza, maintenant un cessez-le-feu avec les forces de l’Etat hébreu et neutralisant les reliquats du terrorisme islamique, procèderait d’une étape décisive sur la voie de l’Etat de Palestine. Ce serait le premier territoire dans l’histoire, sur lequel s’exercerait un pouvoir politique suprême par les arabes de Palestine.

A ce titre, et du fait de la tentative, si, un peu débile, du moins faisant partie du package deal propagandiste des pro Arafat en Occident, il convient de s’arroger le temps d’une petite digression sur le cours de notre article, pour dire que l’occupation par Israël de la bande de Gaza et de la Cisjordanie est un concept extrêmement incertain. Comme l’a fait remarquer Alain Finkielkraut à Madame Leïla Shahid lors d’une émission télévisée, la première faisait partie de la république égyptienne depuis l’émancipation coloniale et la seconde était une portion intégrante du Royaume hachémite ; tant les Egyptiens que les Jordaniens n’avaient jamais envisagé de remettre ces territoires à une autorité politique palestinienne quelconque. L’auraient-il fait, et ils ont eu des décades pour s’y résoudre, l’Etat de Palestine, s’il s’était étendu sur toute la Cisjordanie jordanienne d’avant 1967, aurait eu la vieille ville de Jérusalem pour capitale et le couvent de Latroun comme balcon, pour surplomber toute la région de Tel Aviv. En tous cas, il n’est pas inutile de préciser que les régions contrôlées par ces pouvoirs arabes avant 67 dépassaient les sollicitations territoriales palestiniennes les plus optimistes d’aujourd’hui. Les Egyptiens et les Jordaniens occupaient-ils la Palestine ? Et dans ce cas, les Israéliens - qui n’ont jamais combattu l’armée virtuelle d’un Etat de Palestine qui n’a jamais existé - en chassant les occupants étaient-ils des libérateurs ou de nouveaux occupants à proprement parler ?

S’il est vrai que les considérations historiques ne rattrapent jamais la politique et que le but de ma digression n’était certes pas de remettre en question la nouvelle actualité des problèmes, il n’est cependant pas inutile de rappeler, avec Finkielkraut, que si un Etat de Palestine est aujourd’hui créé, il le sera, entre autres, du fait de la bonne volonté d’Israël. Israël aura fait ce que les Etats arabes n’avaient jamais eu l’idée de réaliser, soit l’émancipation politique des arabes de Palestine.

Fin de digression et retour en 2004. Retour à la réalité pour définir que la dynamique suivie par Yasser Arafat a toujours été une dynamique négative en regard de la solution des 2 Etats indépendants pour 2 peuples différents. La dialectique d’Abou Ammar a toujours été une dialectique de confrontation, la construction d’une planche de plongeoir, toujours plus longue, pour finalement sauter - c’est son rêve brisé - sur la Palestine romaine, celle qui s’étendait de la mer à la rivière et même au-delà encore. Le porte-avions d’Arafat a toujours provisionné l’armement à tout prix des Palestiniens, que ce soit en affrétant le Karine A ou en ordonnant le creusement sisyphien des tunnels de Rafah, pour être utilisé contre Israël, lors de campagnes de terrorisme à caractère offensif. Même si cet effort d’armement contrevenait aux multiples accords qu’il venait de signer et dont l’encre n’était pas encore sèche.

Arafat a toujours instrumentalisé l’arme du terrorisme, que ce fut en commandant au détournement d’avions civils sur Zarka, en Jordanie, en faisant assassiner les athlètes israéliens aux jeux olympiques de Munich ou en détournant des paquebots comme l’Achile Lauro. Plus encore, le reclus de la Moukata a sacrifié son peuple et l’avenir de ses enfants, que sa télévision invite, plusieurs fois par jour, à se faire exploser pour tuer avec eux des civils juifs, pour ne pas avoir à accepter un nouveau plan de partage. Celui de Camp David, par exemple.

On comprendra alors que la prise en mains de Gaza par Dahlan et sa pacification ne peuvent aller de pair avec la conception obsessionnelle du tout ou rien par les armes du leader historique de la cause palestinienne. De fait, les deux options mènent à deux adresses situées aux antipodes l’une de l’autre. D’où la nécessité exprimée par Omar Suleiman de rompre cette incompatibilité d’objectifs en dessaisissant Arafat du contrôle des affaires.

Mohamed Dahlan réussira-t-il là où Mahmoud Abbas s’est embourbé ? Il a pour lui l’éloignement géographique d’Arafat, il est à Gaza et l’autre cloué à Ramallah. Il dispose également des 5’000 hommes les mieux armés, entraînés et payés de Palestine et du plus large soutien international - à part celui de la France qui juge le plan de désengagement « dangereux » et qui se déclare « absolument » en faveur de l’envoi de la force internationale de protection du porte-avions d’Arafat - .

Musique d’avenir ? Certes. Je dirais lucarne d’espoir. Surtout que Mohamed Dahlan n’est pas le genre de type que vous voudriez comme beau-fils et nous, nous l’aurons pour voisin. C’est un personnage rude et violent ; mais qui d’autre qu’un Dahlan aurait-il une chance de se faire entendre par les tueurs du Hamas, les plastiqueurs des Tanzim, très attachés à Arafat et à Barghouti ?

Jusque là, avec des tas de « si » qui volètent dans l’air surchauffé du Moyen Orient, du cabinet de Sharon, qui n’arrive pas à faire adopter par ses ministres son plan de désengagement, au fort de la Moukata, dans lequel un vieillard malade, rêvant de génocide, n’a pas encore fait ses valises, les appelés israéliens continuent de risquer leur vie pour que les habitants de Sdérot dorment tranquilles et pour emmurer les couloirs de la mort à Rafah. Sila coopération avec Dahlan échoue, s’il est éliminé, s’il se met soudain lui aussi à rêver d’un porte-avions, la sécurité d’Israël continuera d’être assurée par ses fils, au plus profond du territoire inhospitalier de Gaza. Et l’Etat de Palestine attendra. Et je puis vous assurer, que pour le moment, il n’y absolument pas autre chose à faire.


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