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Rafah est encerclée

Par Ilan Tsadik © Metula News Agency

lundi 17 mai 2004
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Neuf heures trente à Rafah. Nous avons terminé il y a deux heures un mouvement d’encerclement sur 5 kilomètres de la ville et du camp de réfugiés de Rafah. Ce faisant, nous avons séparé le fief des contrebandiers des interminables faubourgs du camp de réfugiés de Khan Younès. Le résultat de cette manœuvre, c’est que le produit du sinistre trafic parvenant à Rafah par les tunnels ne peut plus aller nulle part. Et puis les tonnes d’armes et de munitions entreposés à Rafah sont également coincées, comme le sont les terroristes et leurs chefs, qui nous tirent dessus toutes les nuits.

Clair qu’ils doivent avoir les chocottes, ces fumiers. Clair aussi qu’ils s’attendent à ce que nous investissions Rafah. Ca n’est pas pour la décoration que l’armée a envoyé autant de chars Merkava dans le Sud. Ce sont eux qui ont fait tout le boulot, cette nuit ; ce sont presque tous des Type IV +, le dernier modèle et le mieux défendu contre les missiles et les charges planquées dans le sol. Il n’y pas eu un seul coup de feu durant toute la manœuvre d’encerclement et personne n’a été blessé à ma connaissance.

Ca fait longtemps que je passe mes vacances au Club Med de Tsahal mais je n’avais jamais vu autant de tanks ; je les compte par dizaines, peut-être y en a-t-il plus encore. A l’aube, le désert rougissant semblait peuplé de pachydermes. Dans le silence revenu, les monstres de métal et leurs trompes gigantesques semblaient somnoler dans l’immensité pourrie.

Moi aussi, je somnole. Samedi matin, en écrivant à Métula mon papier sur le Nouvel Obs, j’ignorais totalement qu’on m’appellerait encore et que je me retrouverais à taper ces lignes sur mon vieux portable, en uniforme et à l’abri des regards indiscrets, adossé à une cabane de bédouins en tôle. Une tôle qui commence à me chauffer le bas du dos, d’ailleurs, si bien que dans une plombe ou deux elle sera brûlante, sous l’écrasement du soleil, lui aussi impitoyable à Rafah.

J’ai fait Métula, la manif pour le retrait de Gaza, samedi soir et l’encerclement de Rafah dimanche soir. Vous parlez d’un périple touristique. Et maintenant, Juffa qui insiste sur mon portable pour que je finisse d’écrire mon compte-rendu avant d’aller retrouver Morphée et les copines.

Dans l’armée, on entend des babils au sujet des incidents de la semaine dernière. Ca ne glousse pas comme dans un magasin de fringues pour dames mais tout le monde a pigé les bêtises qui ont été commises et qui ont coûté cher en vies de nos camarades. Les conclusions des gens, ici, c’est que l’armée n’aurait pas dû employer les vieilles Zelda, ces transports de troupes datant de la guerre du Vietnam, que les soldats de la guerre de Kippour, déjà, appelaient des tombeaux roulants. Même remis au goût du jour, couverts de plaques de blindage, ils n’assurent pas une protection digne de ce nom contre les RPG, les missiles d’origine soviétique.

La Zelda M113, bonne pour la casse, une semaine trop tard...

Les 5 copains morts sur la Voie Philadelphie ont morflé un de ces sales trucs. Ils étaient remplis [leur Zelda Ndlr.] d’explosifs destinés à faire sauter les tunnels de contrebande, vous imaginez le désastre… Les officiers sont aussi fâchés d’avoir été envoyés chercher les restes des occupants de l’autre Zelda, celle du quartier de Zeitoun [à Gaza City Ndlr.], qui se sont volatilisés au contact d’une charge enterrée. On a perdu au moins huit hommes pour rien, huit pertes évitables, huit familles endeuillées par manque de discernement, huit fiancées qui pleurent et qui auront à jamais un trou au cœur.

Ce matin, entre un café turc et un petit déj à l’israélienne en plein air, saupoudré de grains de sables, on marmonne que sacrifier des vies pour récupérer nos blessés c’est super okay, mais pour retrouver des bouts de corps brûlés, c’est con.

En tous cas, la décision opérationnelle qui se voit sur le terrain, c’est que toutes les M113 Zelda ont été sorties de la campagne. C’est d’ailleurs assez cocasse, dans le Sud de la bande de Gaza, elles ont toutes été parquées à l’écart, pas loin d’un point d’entrée de la Voie Philadelphie. On les dirait bannies, abandonnées. Certaines sont surmontées de sacs de sables, que les soldats avaient ajoutés pour augmenter leur protection. Maintenant, il est clair qu’elles vont finir dans un cimetière d’épaves ou dans une armée africaine. Elles ont terminé leur service pour Tsahal.

Alors tout se fait en Merkava et par les Merkava. On aurait pu y penser avant, disent les officiers de terrain. Si ce char résiste sans broncher aux tirs de tous les projectiles, il reste à vérifier que le type IV + survit aux charges enterrées. En principe, on m’a expliqué que rien ne résiste à l’explosion de 100 kilos d’explosifs qui vous soulèvent les miches par en dessous mais le « + » à côté du IV, vient signifier que cette version du tank résisterait aux charges enterrées. Je vous jure qu’on espère tous que les ingénieurs savent de quoi ils parlent.

Ce sont les Merkava qui ont fait tout le boulot

Dimanche, on nous a expliqué l’objectif de la campagne qui a commencé. Il s’agit d’abord d’appréhender les contrebandiers et d’empêcher que les armes aillent nourrir les éradicationnistes palestiniens. Ensuite, l’armée va creuser une sorte de canal, long de 3 kilomètres (la distance sur laquelle Rafah jouxte la frontière égyptienne), large de 60 mètres et profond de 20. Ce canal empêchera le creusement des tunnels et assèchera de ce fait les organisations terroristes du Hamas, de la Jihad et du Fatah en moyens d’assassiner des civils israéliens. 90% des armes et des munitions de l’Intifada transitent par ces galeries ; on pense en avoir identifié et détruit environ 70% mais il en reste qui fonctionnent. On suppute qu’il y en a entre 10 et 15 d’ouvertes mais on pourrait être désagréablement surpris. En tous cas, le suspense sera maintenant de courte durée, puisqu’il me semble inévitable que nous allions nous en rendre compte de visu, dans les heures, voir les jours qui viennent.

Certains lecteurs se demanderont comment un type comme moi, se déclarant à gauche, participant au rassemblement de la gauche à Tel Aviv pour un retrait des Israéliens de la bande de Gaza, participe à cette campagne [et encore en tant qu’officier dans une unité de commandos Ndlr.] sans états d’âme. Sans états d’âme, c’est assurément le terme qui sied à mes présentes dispositions mentales, ce qui ne signifie nullement sans conscience, sans limites ou sans attention. C’est assez simple à expliquer, au-delà des apparences parfois trompeuses, il s’agit de contrecarrer le processus visant à l’éradication de mon pays et de mes concitoyens. Les armes et les munitions qui transitent par Rafah sont utilisées par des terroristes, des personnes armées s’attaquant systématiquement à des civils, lors d’assassinats collectifs, qui sont reconnus par la législation internationale, Amnesty et Médecins du monde, entre autres, comme étant des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Je crois pour ma part qu’il existe des situations dans lesquelles la guerre est une chose légitime et j’ajouterais que, dans ces situations, ne pas la faire, la critiquer ou la laisser faire par d’autres sont des actes de lâcheté. Je déteste voir des centaines de personnes non armées quitter leurs domiciles vers un nouvel exil, bien entendu. Et ça n’est pas à la télévision que je les vois, dans un flash « bonne conscience » de 15 secondes, entre le steak et le fromage, mais dans des camions qui puent, passant lentement devant mon portable, avec des femmes et des enfants assis sur des piles de vieux matelas.

La destruction des maisons qui gênent le projet du canal participe toutefois à une équation stratégique et pas initialement humanitaire. C’est le sacrifice de ces maisons ou la vie d’enfants israéliens, de clients de restaurants, de passager d’autobus. L’enjeu, c’est le déplacement de mille Palestiniens vivants contre mille civils israéliens morts et dès lors que cet enjeu est clairement posé, la solution de l’équation, pour toute tête bien faite en tous cas, ne se discute même pas.
Surtout que ces destructions ne découlent que du choix tactique des organisations terroristes et de Yasser Arafat. Nous les avons mis en garde à des dizaines de reprises, y compris lors de rencontres avec le maire de Rafah, auxquelles j’ai incidemment assisté, de ce que nous n’accepterions jamais de contempler, impassibles, la construction de ce cordon ombilical, nourricier des crimes de guerre commis contre nos civils.

L’accord de paix avec l’Egypte attribue d’ailleurs à Israël, explicitement pour pallier à ce genre de trafics, une zone de sécurité de 5 Kms, la zone D, le long de la frontière, qui devait échapper à toute souveraineté palestinienne. L’Axe Philadelphie se contentait d’une trentaine de mètres. Le canal de sécurité et ses aménagements couvriront environ 500 mètres à compter de la frontière égyptienne. Il est uniquement la conséquence de la volonté des Palestiniens de continuer leur guerre terroriste en vue de notre éradication physique et politique.
Maintenant, les dirigeants de l’Autonomie Palestinienne, dans une théâtralité grotesque, tentent de faire croire au monde que le problème de Rafah est un problème humanitaire, focalisé autour de la destruction de maisons arabes. C’est une sorte de chantage, se voulant émotionnel, sur le dos des personnes déplacées, qu’ils ont conçu. Ce qu’ils plébiscitent, sous couvert de ces simagrées, c’est en fait l’exigence de disposer des moyens de continuer à assassiner nos concitoyens. Se sont associé à ce chantage terrible des ONG, prétendant défendre des concepts humanitaires et des médias occidentaux, exacerbant la haine de nous, en sensibilisant leurs auditoires sur les images des maisons détruites et en dissimulant l’enjeu véritable de cette confrontation.

En ce qui concerne Arafat, c’est sans surprises ; cela fait des années qu’il sacrifie son peuple au projet de notre destruction. Les étrangers qui participent à cet immense chantage affectif sont, quant à eux, beaucoup plus glauques. Ils prennent part, en fait, à l’action visant à commettre des crimes de guerre. Plenel et d’autres avaient lancé une pétition pour obtenir le droit de haïr les Juifs en public, ces ONG et ces médias s’expriment maintenant pour celui de nous assassiner impunément, en fustigeant celui que nous avons de nous défendre. Nul doute, cette humanité-là est en marche, et elle progresse en direction de la reconstruction des chambres à gaz.

Bien, amis lecteurs, il est 10h 40 et les yeux m’en tombent. Le temps d’envoyer ce reportage à Métula via mon téléphone portable et je vais m’engourdir.

J’espère quand même être libéré demain soir pour voir la finale de la Coupe entre Bneï Sakhnin et Hapoël Haïfa, le foot à la télévision, c’est largement moins fatiguant que la bande de Gaza…


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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