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Une guerre terroriste niée par Obama

Par Charles Krauthammer - washingtonpost.com | Adaptation française de Sentinelle 5770

vendredi 1er janvier 2010
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Janet Napolitano – ancienne gouverneur de l’Arizona, désormais secrétaire surclassée à la sécurité nationale – dont on se souviendra toujours d’elle pour avoir déclaré au sujet de la tentative d’abattre un avion de ligne sur Detroit : « Le système a fonctionné ». Le père soucieux de l’agresseur avait prévenu les autorités des USA des tendances jihadistes de son fils.

Le futur auteur de l’attentat à la bombe avait payé son billet en liquide et enregistré sans bagages sur un vol transocéanique. Il fut cependant autorisé à voyager, et aurait tué 288 passagers en l’air seulement, faute d’un détonateur défectueux et grâce aux réactions rapides de quelques passagers.

Qu’est-ce que c’est que ce boulot, Jeannette ?

La raison pour laquelle le pays est mal à l’aise pour la réponse du gouvernement Obama à cette attaque, c’est une perception distincte non pas seulement d’incompétence, mais d’incompréhension. Depuis le début même de l’affaire, le président Obama a sans cesse essayé de minimiser et de nier la nature de la menace terroriste à laquelle nous sommes toujours confrontés. Napolitano rebaptise le terrorisme « désastres provoqués par l’homme » ; Obama va à l’étranger et promet de nettoyer l’Amérique de ses pêchés contre-terroristes de l’après 11 septembre. Donc Guantanamo fermera, les investigateurs de la CIA seront confrontés à un procureur spécial, et Khalid Sheik Mohammed se prélassera dans un procès civil à New York – une triplette de politiquement correct et de traitement par l’image.

Et juste pour être sûr que le plus bouché comprendra bien, Obama bannit le terme de « guerre au terrorisme ». C’est terminé – c’est tout, si cela a jamais existé.

Obama peut bien avoir déclaré la fin de la guerre. Malheureusement, al Qaïda ne l’a pas fait. Ce qui confère une nouvelle signification au terme de « guerre asymétrique ».

Et provoque des bizarreries linguistiques – et logiques – qui ont parsemé les déclarations publiques d’Obama après l’attaque du jour de Noël. Dans sa première déclaration, Obama a qualifié Omar Farouk Abdulmutallab « d’extrémiste isolé ». C’est le même président qui, après la fusillade de Fort Hood au Texas nous a mis en garde « de ne pas sauter aux conclusions » - message codé pour oser y associer le meurtre de masse avec l’idéologie islamiste de Nidal Hassan. Pourtant, avec Abdulmutallab, Obama sauta immédiatement à la conclusion, contre toute preuve évidente, que le futur terroriste la bombe avait agi seul.

Encore plus discordantes, les références d’Obama au terroriste comme « suspect » qui « aurait essayé d’allumer un instrument explosif ». Vous pouvez entendre l’écho de Franklin D. Roosevelt : « Hier, le 17 décembre 1941 – date qui sera inscrite dans l’infamie – on suspecte des forces navales et aériennes japonaises d’avoir bombardé Pearl Harbour ».

Obama a rassuré la nation : ce « suspect » avait été mis en examen. Réassurance ? Le président devrait dire : « Nous avons capturé un combattant ennemi – un combattant illégal suivant les lois de la guerre : pas d’uniforme, attaque directe contre des civils – et maintenant pour empêcher des attaques futures, il est interrogé sur les informations qu’il peut détenir au sujet d’al Qaïda au Yémen.

Au lieu de cela, Abdulmutallab est expédié dans quelque prison des environs de Detroit et immédiatement pris en charge par un avocat. A ce stade – surprise – il cesse de parler.

Cette absurdité rend vaine la déclaration d’Obama : « Nous ne prendrons aucun repos jusqu’à ce que nous retrouvions tous ceux qui étaient impliqués ». Depuis que nous avons donné à Abdulmutallab le droit de garder le silence, nous avons renoncé gratuitement à notre droit de tirer de lui précisément qui d’autre était impliqué, à savoir qui l’a formé, l’a instruit, armé et envoyé.

Tout cela est parfaitement dingue même selon les termes d’Obama. Il envoie 30.000 soldats pour combattre le terrorisme outre-mer, pourtant quand des terroristes viennent nous attaquer ici, ils sont transformés par magie d’ennemis en prévenus.

La logique est perverse. Si nous trouvons Abdulmutallab dans un camp de formation au Yémen, où il se prépare tout simplement pour une attaque terroriste, nous l’éliminons avec un attaquant – pas de juge, pas de jury, pas de troubles. Mais si nous l’attrapons aux USA au cœur même d’un meurtre de masse, il acquiert instantanément une protection non seulement contre une exécution par un drone, mais même contre un interrogatoire.

Le président a dit que cet incident souligne « la nature de ceux qui menacent notre patrie ». Mais le président nie constamment la nature de ceux qui menacent notre patrie. Mardi, il a qualifié cinq fois Abdulmutallab (et ses semblables terroristes) « d’extrémistes ».

Un homme qui tire sur des médecins pratiquant l’avortement est un extrémiste. Un fanatique écolo qui met le feu à des lieux d’abattage des arbres est un extrémiste. Abdulmutallab n’est pas de ceux-là. C’est un jihadiste. Au contraire de ceux qui tirent sur des médecins pratiquant l’avortement, les jihadistes ont des cellules à travers le monde entier ; ils font exploser des trains à Londres, des night-clubs à Bali et des avions au-dessus de Detroit (s’ils le peuvent) ; et ils promettent ouvertement de faire la guerre à l’Amérique.

Tout gouvernement peut, par laxisme, laisser échapper quelqu’un à travers les filets. Mais un gouvernement qui refuse d’admettre que nous sommes en guerre, en effet, en refusant même de nommer l’ennemi – jihadiste est un mot banni du lexique d’Obama – transforme le laxisme en une philosophie de gouvernement.


http://www.washingtonpost.com/wp-dy...


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