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2009, l’Année de l’Irresponsabilité

Par Charles Krauthammer - Paru dans le Washington Post le 25/12/09 | Traduit et adapté par Albert Soued, www.symbole.chez.com/soued

jeudi 31 décembre 2009
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Ce mardi, le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad n’a pas seulement rejeté la dernière proposition de date limite du président Obama, pour cesser tout programme militaire nucléaire, pourtant date flottante et inconséquente, il a aussi craché au visage de notre président, en déclarant que l’Iran continuera à résister jusqu’à ce que les Etats-Unis se débarrassent de leur propre arsenal nucléaire, soit 8000 têtes. C’est ainsi que se termine l’année de la politique d’« engagement », de la main tendue, des excuses gratuites, et aussi des centrifugeuses, des fusées à 2 étages et des installations secrètes d’enrichissement, année qui a amené l’Iran à devenir bientôt une puissance nucléaire.

Nous avons perdu une année. Mais pas n’importe quelle année ! Une année d’occasions spectaculairement ratées. En Iran, c’était une année de révolution, avec des élections présidentielles contestées et culminant cette semaine en d’énormes manifestations pour pleurer la mort du dissident et Grand Ayatollah Hossein Ali Montazeri et pour demander, non plus de nouvelles élections, mais le renversement du régime dictatorial des mollahs.

Obama a répondu en prenant ses distances par rapport à cette éclosion de la liberté en Iran.

D’abord, un silence scandaleux. Puis quelques mots de soutien, sans beaucoup d’enthousiasme, suivis d’une cour assidue auprès d’un régime honni. Offre après offre, geste après geste, non pas à l’Iran, mais à la « République islamique d’Iran », comme l’appelle avec tant de respect notre président, en donnant toute légitimité et importance à des religieux fascistes et en perte de vitesse.

Pourquoi ? Parce qu’à ce moment-là cette révolution aurait pu réussir : il s’agit d’un tournant historique imperceptible, où ceux qui sont au pouvoir ont compris que leur régime n’avait plus l’appui du Ciel.

Pourquoi tout au long de cette année 2009, les Etats-Unis ont-ils aidé une dictature en déclin à s’affirmer, ont-ils conversé avec des ayatollahs qui désespèrent de maintenir leur pouvoir ?

En plus de mettre ce régime de gangsters au ban de la société, nous aurions dû encourager et renforcer les manifestants et les dissidents. Ce n’est pas une affaire futile, car poursuivis, battus, arrêtés et emprisonnés, ces dissidents peuvent aisément succomber au sentiment d’isolement et au désespoir.

Natan Sharanski a été le témoin de l’effet électrisant qu’avait le discours de Ronald Reagan à propos de l’Empire du Mal, et ses mots ont donné de l’espoir aux prisonniers du goulag. Les nouvelles se propageaient de cellule en cellule, selon un code tapé contre les cloisons. Ils avaient compris qu’ils n’étaient pas seuls, que l’Amérique s’était engagée à leurs côtés.

Quant à l’Iran, Obama est resté tellement distant des opposants au régime, que lors de la journée « Hate America day », anniversaire du 4/11 où l’ambassade américaine à Téhéran a été occupée par les Gardiens de la Révolution, les contre-manifestants pro-Américains ont chanté « 

Obama, Obama, tu es avec nous ou avec eux ?

 » (c’est-à-dire les manifestants amenés par les oppresseurs)

Cette froide indifférence est plus que la trahison de nos valeurs, c’est une faute stratégique de premier ordre (1).

Oublions les Droits de l’Homme. Et supposons que nous sommes préoccupés par le seul problème nucléaire. Comment le désamorcer ? Le temps et l’expérience ont montré que les négociations avec des fascistes illuminés ne menaient nulle part. Et quelles que soient les sanctions obtenues à travers l’Onu, elles seront inefficaces, car partielles, sans volonté réelle et tardives. Le seul espoir réel réside dans le changement de régime. Rappelons que l’ayatollah Montazeri, révéré et largement soutenu, a émis « une fatwa » contre les armes nucléaires. Et même si un nouveau gouvernement poursuivait le programme nucléaire actuel, la menace nucléaire serait atténuée, parce qu’alors cette menace viendrait du régime lui-même et non de la bombe. Toute prolifération est inquiétante, mais un gouvernement pro-occidental à Téhéran pourrait changer la donne stratégique, la menace devenant alors minimale et gérable (cf Inde ou Grande Bretagne, pays amis qui ont la bombe)

Que devrions-nous faire ? Exercer une pression de l’extérieur – couper la fourniture d’essence par exemple – pour renforcer la pression intérieure. Cette pression doit avoir pour objectif le changement de régime et non pas une attaque contre les installations nucléaires, attaque qui ne serait pas populaire.

Il faut soutenir l’opposition malgré qu’elle ne soit pas unie, par exemple, sur le plan technique en matière de communication et de diffusion de l’information (cf Solidarnosc en Pologne, dans les années 80). En plus d’un appui souterrain, il faudrait un soutien diplomatique au plus haut niveau : dénoncer sans ambiguïté la sauvagerie du régime et ses persécutions, de la même manière que l’appui donné aux causes de Natan Sharansky et d’Andrei Sakharov et qui a entraîné la chute du régime soviétique.

Cette révolution réussira-t-elle ? Difficile de répondre, mais si c’est le cas, la récompense sera immense et les effets indirects seront importants allant du Liban jusqu’en Irak et en Afghanistan, où les ayatollahs soutiennent les insurgés et la terreur, tuant des Américains et leurs alliés. Un changement de régime en Iran désamorcera les risques de guerre au Moyen Orient où les alliés des ayatollahs, Hezbollah et Hamas, continuent d’affûter leurs armes

D’une manière ou de l’autre, l’Iran dominera l’an 2010 ; il faut peut-être s’attendre à une attaque d’Israël, si l’Iran a traversé le Rubicon nucléaire. A moins que la révolution du peuple iranienne ne l’emporte. C’est pourquoi notre réserve et notre mutisme à son égard sont impardonnables.


Note
(1) sommes-nous gouvernés par un ami des tyrans, un usurpateur, un communiste caché ?


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