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Les dessous d’un lynchage médiatique

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mercredi 16 décembre 2009
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Depuis que Tony Blair a déclaré, il y a quelques jours, dans un entretien diffusé par la BBC, qu’il aurait été juste d’envahir l’Irak à l’époque, même s’il s’était avéré que le régime de Saddam Hussein n’avait plus d’armes de destruction massive, les critiques fusent de divers côtés, non seulement, en Grande Bretagne, mais même en France.

Le journal Le Monde , daté du 16 décembre, lui a même consacré un éditorial particulièrement sévère.

Ce faisant ce journal, malgré les multiples changements de direction, reste fidèle à la ligne fixée par son fondateur Hubert Beuve-Méry : à savoir l’anti-américanisme et il « punit » Tony Blair d’avoir soutenu la décision prise par le président George W. Bush d’intervenir en Irak, en 2003.

Pourtant, l’ancien Premier ministre britannique avait et a, encore, parfaitement raison.

On oublie, en effet, trop rapidement, que le Conseil de sécurité avait, en 1991, décidé de l’arrêt des hostilités, consécutives à l’agression irakienne du Koweït, sous réserve du respect par l’Irak de certaines conditions, notamment de son désarmement.

Or, précisément, durant une dizaine d’années, le régime de Saddam Hussein a multiplié les manœuvres dilatoires pour empêcher les inspecteurs de l’ONU de mener à bien leur mission.

Pourquoi une telle obstruction, s’il n’y avait rien à cacher ?

Certes, l’Irak ne disposait plus de potentiel nucléaire grâce à la destruction par Israël de la centrale d’Osirak, en 1980, mais chacun sait que rien n’est plus facile que de dissimuler la fabrication d’armes chimiques, dès lors que leurs composants peuvent être camouflés sous la forme de fabrication de produits chimiques inoffensifs, car dissociés les uns des autres, dans des usines distinctes et éloignées.

Par ailleurs, en ne cachant pas qu’il était favorable, à l’époque, à un changement de régime en Irak, Tony Blair reconnaît le bien-fondé d’une des motivations du président américain, qui rêvait – à tort peut-être – de vouloir faire goûter le peuple irakien aux délices de la démocratie.

A ces deux arguments, nous en avions ajouté deux autres, dans un article publié dans Le Figaro du 29 juin 2004 : d’une part, le souci de défendre les droits de l’homme, tragiquement bafoués par l’oppression dirigée contre les Kurdes et les Chiites (pourtant bien peu reconnaissants par la suite….) et d’autre part le fait que Saddam Hussein versait des primes substantielles aux familles des terroristes-suicidaires palestiniens.

Et c’est là que nous pensons déceler une autre raison au dénigrement de Tony Blair : son attitude prudente et nuancée, en tant qu’envoyé spécial du Quartet (Etats-Unis, Russie, ONU, Union européenne) au Proche-Orient.

Il suffit de consulter le site www.info-palestine.net pour se rendre compte des accusations dirigées contre la façon dont l’ancien locataire du 10 Downing street exerçe sa mission.

Rien de tel s’agissant de Javier Solana, qui, pendant dix ans, exerça les fonctions de Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, avant de céder, récemment, sa place à la britannique Catherine Ashton.

L’ancien physicien, devenu homme politique dans son pays (Espagne) puis secrétaire général de l’OTAN, ne manquait aucune occasion pour critiquer vivement Israël.

Or, tel n’est pas le cas de Tony Blair, auquel on reproche sa discrétion, lors de l’opération Plomb durci à Gaza, en janvier dernier, comme ce fut le cas lors de la guerre au Liban-sud, durant l’été 2006.

Et pourtant, le site en question est bien obligé d’admettre qu’il a reconnu « une quantité énorme de dégâts » et la mort « d’un grand nombre de civils ».

Mais surtout, on lui reproche, non seulement de ne jamais avoir rencontré des gens du Hamas, mais surtout d’avoir, en octobre dernier, lors d’une conférence donnée dans une université américaine, critiqué le rapport Goldstone, comme étant partisan, parce qu’il ignore les attaques venues du Hamas.

Répondant à un contradicteur, il lui aurait dit : « Vous avez donné un avis, et le problème est qu’il y a un autre point de vue. ... Et une des choses que vous apprendrez au sujet des conflits comme celui-ci ... c’est que vous ne résolvez jamais ces conflits en adoptant un seul point de vue et en oubliant l’autre. ... Et les tirs de roquettes venus de Gaza sur des villes israéliennes. Maintenant, ces attaques de roquettes doivent également cesser. ».

Nous ne voyons là rien de critiquable, ce qui n’est évidemment pas le point de vue d’info-palestine, qui critique également Tony Blair pour avoir dit « que nous n’arriverons jamais à rien par une discussion sur un rapport qui soutient passionnément un des deux camps, et qui est profondément contesté par l’autre »

Il est vrai que les mots n’ont pas le même sens pour ceux qui veulent, en réalité, la disparition d’Israël et qui se refusent à appeler « un chat, un chat » puisqu’ils assimilent « terroristes » et « résistants ».

Car, lorsque Tony Blair déclare qu’Israël a besoin de « sécurité » et les Palestiniens ont besoin d’un « État indépendant, » mais que d’abord, il faut « une fin à la violence », on lui reproche de ne « jamais intégrer la fin de la violence de base qui est l’occupation ».

Notons au passage - et cela aussi « chiffonne » les adversaires de Tony Blair - que celui-ci a, également, une approche économique du problème, car, à son passage mensuel dans la région, il s’intéresse au développement économique des Territoires et sur ce point, d’ailleurs, il rejoint le président français.

Nous pensons qu’effectivement un développement économique est de nature à élever le niveau de vie des populations palestiniennes et à « désarmer », en quelque sorte, les opposants à un plan de paix.

Car, n’oublions pas que selon le proverbe « ventre affamé n’a point d’oreilles »….


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