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Un savant de l’islam aux vues libérales : d’où vient l’interprétation violente du terme ’djihad’ ?

MEMRI

vendredi 30 avril 2004
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Dans un article du quotidien londonien en langue arabe Al-Sharq Al-Awsat, le Docteur Abd El-Hamid Al-Ansari, ancien doyen de la faculté de droit islamique de l’université du Qatar, a déclaré que les fatwas islamiques modernes (opinions religieuses légales) déformaient le sens du terme djihad [guerre sainte] dans le but de justifier une idéologie agressive. Voici des extraits de son article : (1)

La vraie définition du terme djihad : « Un moyen de défendre les différences, le pluralisme et la diversité »

" Suite à l’aimable invitation du ministère koweïtien des Institutions religieuses et des Affaires islamiques, j’ai participé le mois dernier à la septième réunion annuelle sur l’innovation de l’idéologie islamique moderne.

D’importants oulémas venus de part et d’autre du monde musulman ont assisté à la réunion, organisée dans le but de débattre de ’L’islam et la coopération régionale et mondiale’. On m’a demandé de préparer un rapport sur ’Les différentes interprétations du djihad et la confusion que ce terme engendre dans les fatwas, à la lumière des intérêts du peuple musulman’. C’est un très long titre qui vise à clarifier le vrai sens du djihad et à révéler l’imprécision des fatwas concernant ce que devrait être qualifié de djihad et ce qui ne devrait pas l’être, en vue d’applications contemporaines.

Mon rapport portait sur les éléments fondamentaux des applications contemporaines [du djihad]. La coopération n’est pas une affaire de choix, mais plutôt une nécessité vitale à une époque où les intérêts des uns et des autres sont imbriqués ; aucun pays, quelque puissant qu’il soit, ne peut s’auto-suffire, et les gardiens d’un monde arriéré, qui nous effraient pour nous empêcher de nous ouvrir, sous prétexte de sauvegarder [notre] identité unique, s’opposent en fait au texte coranique…

Le djihad, dans son vrai sens, tel qu’il est défini dans le Coran et tel qu’il a été appliqué par le prophète [Muhammad] et ses nobles compagnons, est un moyen de défendre les différences, le pluralisme et la diversité. En d’autres termes, il est [un moyen] de défendre la liberté de choix, [comme il est écrit dans le Coran] : ’Il n’y a pas de contrainte en Islam’…[2:256] Depuis le début, le djihad se définit par deux objectifs : le premier est une réponse à l’agression ou à l’oppression, [comme il est dit dans le Coran 22:39] : ’A ceux contre qui la guerre est engagée, la permission est donnée [de se battre], parce qu’ils subissent un tort ; et en vérité, Allah est le plus puissant dans l’assistance.’ Le deuxième [objectif] est de libérer les peuples persécutés des régimes tyranniques, comme dans le cas des Perses et Byzantins. "


Le public musulman a été trompé

" J’ai posé la question : Comment le sens du terme djihad a-t-il été déformé ?

Les premiers à avoir déformé le concept de djihad sont les anciens Khawarij [’ceux qui sortent’]. Ils ont pris les armes contre le vertueux Imam [Le Calife ’Ali Ibn Abi Taleb] et contre la société pure des compagnons du Prophète. Les Khawarij se donnaient comme nom Al-Muwahhidoun [’ceux qui unifient Dieu’ ou les monothéistes] et ils appelèrent leur mouvement ’djihad’. Les compagnons du Prophète n’ont pas été dupes de leurs démonstrations de piété et nombreux rituels : ils les ont appelé Khawarij et ont considéré leurs agissements comme de l’insurrection et de la rébellion.

En revanche, le public musulman se laisse [aujourd’hui] berner par les nouveaux Khawarij : il perçoit Ben Laden comme un guerrier du djihad et ses agissements comme requis par le djihad. Même s’ils [les musulmans] condamnent le terrorisme en apparence, les démonstrations de joie ont eu lieu partout ; ils ont cru que l’Amérique avait mérité ces événements, du fait de sa politique subjective.

Au cours de la période moderne, le concept de djihad a été déformé par les nouveaux Khawarij, ces groupes qui se sont appropriés le terme ’djihad’. Mais le djihad contre qui ? Contre leurs sociétés et gouvernements. Leurs idées ont été empruntées à certains penseurs islamiques tels que Sayyed Qutb et [Abu A’la] Al-Mawdoudi. Le djihad aux yeux de ces deux maîtres vient de la supposition que les musulmans sont les gardiens de l’humanité, qu’Allah les a chargés de la libérer des tyrans et que le djihad est le seul moyen d’établir un gouvernement islamique qui dominera le monde. "


La déformation du terme ’djihad’ est évidente dans quatre cas

" La déformation du sens du terme ’djihad’ au sein des courants politiques islamiques et chez certaines éminentes personnalités islamiques, s’est manifestée à quatre reprises :


Lors de la guerre de libération du Koweït : la position de la plupart des cercles islamiques était erronée. Certains ont perçu l’offensive [de l’Irak contre le Koweït] comme un acte de djihad pour l’unité de la nation et la libération de Jérusalem. D’autres, tout en condamnant cette agression, pensaient qu’il était inacceptable d’accepter une assistance étrangère et ont réclamé une solution arabe et islamique [au problème], ce qui était impossible et aurait apparenté le problème koweïtien au problème palestinien.


En libérant l’Afghanistan des Talibans : des fatwas ont été émises, appelant la jeunesse à mener le djihad aux côtés des Talibans, alors que les Talibans étaient des oppresseurs qui ont fait couler le sang, porté atteinte à l’islam et transformé les villes en garnisons terroristes. Comment le djihad aurait-il pu être mené à leurs côtés ?


Lors de la guerre contre le régime de Saddam : plusieurs fatwas ont appelé la jeunesse au djihad. De nombreux jeunes gens ont été trompés [par elles] et sont partis pour Bagdad [se battre aux côtés des partisans de Saddam] ; les Irakiens eux-mêmes se sont vengés contre eux. Comment la défense d’un régime criminel, comme il y a en a peu eu dans l’histoire, peut-il être considérée comme djihad ? Que diront ces cheikhs demain face au plus sage des dirigeants [Allah] après avoir poussé de jeunes innocents dans l’abîme, en sachant pertinemment que les forces n’étaient pas égales ? Et si leurs vues sont correctes, pourquoi n’envoient-ils pas leurs propres fils mener le djihad ?


Les attentats en Arabie Saoudite : il existe un groupe de cheikhs prônant le djihad composé de professeurs de théologie islamique exerçant dans les universités islamiques les plus prestigieuses ; ils incitent la jeunesse saoudienne à exécuter ces actes de terreur au nom du djihad. Le djihad est innocent de tout cela. Là se trouve l’essence même du terrorisme.

L’explication [de la déformation du djihad apparaît après] examen du système éducatif et du discours religieux, culturel et médiatique.

" Finalement, j’ai posé une question importante dans mon rapport : comment la déformation du concept de djihad s’est-elle répandue ?

Certains ont dit que c’était par ignorance. Mais ces grands cheiks qui enseignent la foi dans de prestigieuses universités peuvent-ils être ignorants ?

Certains ont dit que c’était à cause de l’oppression et du manque de liberté. Mais ces gens ne s’intéressent pas aux libertés humaines et, dans la plupart des sociétés islamiques, il existe une marge [de liberté] raisonnable dans laquelle il est possible d’exprimer son opinion. Donc, pourquoi recourir à la violence ?

Certains ont dit que c’était à cause du petit nombre de perspectives d’emplois et du taux élevé de chômage. Mais comment expliquer alors que [les auteurs de ces opérations] avaient de l’argent et des armes, en plus du fait qu’ils provenaient de sociétés très aisées ? "

Certains ont dit que [la déformation du concept de djihad] découle de l’incapacité à appliquer la charia et de la violation de la loi Islamique. Mais la charia est appliquée à différents degrés dans nos sociétés. En plus, [si c’était vrai], comment expliquer leur rébellion contre la société saoudienne qui applique la charia ?

Certains ont dit que c’était à cause de la position pro-israélienne de l’Amérique. Mais les organisations de djihad n’ont commencé que récemment à brandir l’étendard de la Palestine. En outre, l’idéologie des mouvements de [djihad] soutient que le [monde] est [actuellement en] Jahiliyya [ère pré-islamique d’ignorance]. La société, les dirigeants tyranniques et les régimes arabes sont considérés comme ’l’ennemi proche’ contre qui le djihad doit être mené en priorité, [avant] ’l’ennemi lointain’ - Israël et l’Amérique.

La vérité est qu’il n’y a pas d’explication à la déformation du concept de djihad, mis à part le fait qu’il existe une idéologie agressive enracinée dans les cœurs de certaines personnes.

Mais d’où vient cette idéologie agressive ? La réponse [se trouve] dans l’examen du système éducatif et du discours religieux, culturel et médiatique.

Ceci est un résumé de mon exposé, qui a engendré une vive controverse parmi les participants et les commentateurs [présents à la conférence]. "

(1) Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 15 avril 2004

L’Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI) est une organisation indépendante à but non lucratif qui traduit et analyse les médias du Moyen-Orient. Des copies des articles et autres documents cités, ainsi que toute information d’ordre général, sont disponibles sur simple demande.

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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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