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Shimon Pérès croit en une « paix de nécessité »

Propos recueillis à Jérusalem par Adrien Jaulmes | Le Figaro

vendredi 16 octobre 2009
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«  Nous devons laisser la communauté internationale essayer toutes les solutions  ». Le président israélien souligne l’importance des concessions faites par le gouvernement Nétanyahou.

LE FIGARO. - Le rapport Goldstonesur le conflit de janvier à Gaza vient d’être examiné par la Commission des Nations unies pour les droits de l’homme. Pensez-vous qu’Israël aurait dû coopérer à cette enquête ?

Shimon PÉRÈS. - Le droit de la guerre est basé sur des conflits conventionnels, mais il existe un vide en ce qui concerne le terrorisme. Le terrorisme est un défi à la loi. Quelles règles doit observer un pays respectueux de la loi, combattant un groupe terroriste hors-la-loi. Imaginez un policier vis-à-vis d’un meurtrier : sont-ils égaux ? Si les Nations unies prenaient la question au sérieux, elles auraient dû préparer un code pour ce genre de guerre, au lieu de se focaliser sur Israël. Je ne pense pas qu’Israël doit recevoir des leçons de droits de l’homme de la Libye ou du Pakistan. Nous n’avons pas commencé la guerre à Gaza. Si les terroristes ne respectent pas la vie des enfants et des civils, les leurs et les nôtres, s’ils ne respectent pas les mosquées et les ambulances, que peut faire la loi ?

Étiez-vous contre le principe de cette commission ? 
Après chaque guerre, nous avons toujours eu nos propres commissions d’enquête. Des ministres de la Défense ont dû démissionner, des commandants ont été limogés. Nous le faisons sans que l’on nous y oblige. Mais, cette fois, il y a une eu une décision unilatérale d’examiner les crimes de guerre d’Israël. Parmi les 26 recommandations de la commission d’enquête du juge Goldstone, aucune ne dit comment combattre le terrorisme. C’est un rapport totalement partial. Nous savons très bien qu’il existe une majorité contre Israël à l’ONU. Ils ne se sont jamais préoccupés de violations des droits de l’homme par d’autres nations. Goldstone a commis une erreur en acceptant de diriger cette commission, qui était constituée par une majorité anti-israélienne.

Pensez-vous que la décision d’Obama d’abandonner son appel au gel total des colonies soit une victoire pour Nétanyahou ?

Je ne pense pas que nous ayons remporté une quelconque victoire diplomatique. Le gouvernement Nétanyahou, formé par la droite israélienne, a accepté pour la première fois une solution de deux États. Le premier ministre a eu du mal à le faire accepter à un parti qui était a priori et idéologiquement contre. Et, pour la première fois, Nétanyahou a accepté un gel de la colonisation, ce qui était sans précédent. Les États-Unis voulaient un gel de douze mois, le gouvernement israélien a accepté neuf mois. Mais il a accepté ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait accepté. Et c’est une décision difficile : il nous faut aller contre la croissance naturelle. Les gens vivent, ils font des enfants, ils ont besoin de maisons et de garderies. Le seul désaccord avec Obama portait là-dessus. Ce sont plutôt les Arabes qui n’ont pas répondu à l’appel d’Obama. Il voulait que les Saoudiens reconnaissent partiellement Israël, ils ont refusé. Et les Palestiniens, qui négociaient jusqu’à présent sans préconditions, en ont subitement posé. Nous avons pris très au sérieux l’appel d’Obama. Nous pensons que ses intentions sont bonnes, et ne les critiquons pas. Nous essayons de nous y conformer. Je pense que les Palestiniens ont commis une petite erreur en pensant que les États-Unis avaient abandonné Israël, alors que c’est le contraire. Nous ne sommes pas abandonnés.

Y a-t-il encore un espoir de parvenir à une paix avec les Palestiniens, alors que le processus semble aujourd’hui dans une impasse totale ?

Il n’existe aucune chance pour qu’une histoire d’amour naisse entre nous et les Palestiniens ; ce ne sera pas une paix romantique. Ce sera une paix de nécessité. Même les paix que nous avons signées avec l’Égypte et la Jordanie ne sont pas non plus parfaites. Mais il n’y a plus de morts et c’est déjà ça. Nous essayons de trouver des solutions pragmatiques à des divisions émotionnelles. C’est difficile, mais je suis optimiste. Je ne promets pas une paix parfaite, mais une paix qui permette aux Palestiniens et à nous-mêmes de vivre sans la menace d’être tués.

Vous considérez que le processus a encore une chance avec le gouvernement actuel de Nétanyahou ? 
Oui, parce que nous sommes d’accord sur les bases de la paix. Nous sommes d’accord sur une solution à deux États, acceptée par les deux parties et par le reste du monde. Nous sommes d’accord pour rendre l’essentiel des territoires, à quelques pourcents près, mais que nous sommes prêts à discuter dans un échange. Nous sommes plus ou moins d’accord sur le problème des réfugiés, si je peux utiliser le terme. Et la politique arabe a aussi évolué. Le blocage est une matière de perception, il existe surtout pour les pessimistes. Les optimistes ne sont pas impressionnées par les blocages, ils savent qu’il existe des moyens de les dépasser. Le gouvernement Nétanyahou a fait beaucoup de concessions. Nous avons d’excellentes relations. Je suis convaincu qu’il veut la paix.

Vous étiez contre l’attaque du réacteur nucléaire irakien en 1981. Êtes-vous aujourd’hui favorable à une intervention militaire contre les installations nucléaires iraniennes ? 
Il y a une différence entre les deux dossiers. L’Irak était à l’époque surtout un problème pour Israël. L’Iran est aujourd’hui le problème du monde entier, sans doute le problème numéro un. Israël n’est pas seul concerné ; nous sommes un petit pays, et ne pouvons pas nous charger seuls d’un problème qui concerne tout le monde. S’il y a d’autres moyens, c’est aussi bien. Nous devons laisser la communauté internationale essayer toutes les solutions.

Êtes-vous prêt à déclarer officiellement l’existence d’une force de frappe nucléaire israélienne pour dissuader l’Iran ?

La bombe n’est pas le danger, ce sont ceux qui la détiennent qui peuvent représenter un danger. Israël a toujours dit qu’il ne serait pas le premier à introduire la bombe au Moyen-Orient. Mais cela ne nous dérange pas d’être suspecté d’avoir la bombe, car les soupçons sont une dissuasion. Si l’on peut avoir la dissuasion par le soupçon, pourquoi pas, nous ne sommes pas contre…


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