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Ahmadinejad : Tout et n’importe quoi

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mercredi 23 septembre 2009
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Mahmoud Ahmadinejad, que le Président Shimon Peres a, récemment, présenté comme « l’une des personnes les plus mauvaises et les plus horribles de l’histoire moderne. Il est pessimiste et n’a pas d’avenir’ » (v. Guysen.International.News du 23 septembre) n’a pas fini de susciter, à juste titre, de sérieux remous.

Le voilà qui, sans doute inspiré par Jean-Marie Le Pen, a, dans une interview accordée à Associated Press, refusé de revenir sur ses déclarations sur l’Holocauste, disant simplement qu’il ne voulait pas discuter sur les « détails historiques ».

D’ailleurs, quelle que soit la teneur de son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies, mercredi, il ne risque rien, sur le plan pénal.

Car, il faut souligner le fait qu’il n’existe pas de convention internationale réprimant le négationnisme, comme il en existe une qui vise le génocide ou les crimes contre l’humanité.

Pour l’instant, il n’existe que dans certains pays, une législation nationale qui, en quelque sorte, met le droit en harmonie avec la morale : la négation de la Shoah ne devrait pas rester impunie.

Mais, même dans les pays démocratiques, la répression pénale du négationnisme ne va pas de soi.

La preuve en est la difficulté d’arriver à introduire une harmonisation des législations en ce sens dans l’Union européenne.

En effet, si entre 1990 et 1997 la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, l’Autriche, le Luxembourg et la Suisse, ont développé des législations à ce sujet, les Etats scandinaves et anglo-saxons, réfractaires à toute atteinte à la liberté d’expression, se sont abstenus.

Et il a fallu attendre le 19 avril 2007, pour que, par consensus, les ministres européens de la justice entérinent une proposition de la Commission européenne de novembre 2001, par l’adoption d’une décision cadre - un instrument juridique contraignant pour les Etats membres de l’Union européenne - quant au résultat à atteindre tout en laissant aux instances nationales la compétence quant à la forme et aux moyens.

Mais, ce n’est que fin 2010 que cette interdiction paneuropéenne du négationnisme devra avoir été, effectivement, transposée dans les législations des 27 Etats membres.

Toutefois, d’ici là, et même après, Mahmoud Ahmadinejad dispose d’une immunité de juridiction, en tant que Chef d’Etat et, en tout état de cause, en tant que représentant de son Etat s’exprimant au siège des Nations Unies,

Pourtant, à ce dernier titre, on pourrait s’attendre à ce que le Président de cette Assemblée veille, au nom du maintien de l’ordre, dont il a la charge, au sein de cette enceinte, à ce que les orateurs ne prononcent pas de paroles blessantes à l’encontre d’Etats membres des Nations Unies.

Malheureusement, cela n’a pas été le cas, l’année dernière sous la présidence du président nicaraguayen (ancien prêtre révolutionnaire) qui, au contraire, à même donné, après coup, une accolade chaleureuse, au président iranien et il est vraisemblable qu’il en sera de même, cette année, sous la présidence du représentant de la Libye.

Il ne restera plus qu’à « compter » les représentants d’Etats qui auront la dignité de ne pas assister à une mise en cause, d’une façon ou d’une autre d’Israël, en tant qu’Etat membre.

Mais pour en venir aux récentes déclarations du président iranien, lors d’une interview sur France 2, selon Guysen.International.News (car nous avons estimé ne pas avoir à perdre notre temps à écouter les élucubrations de ce sinistre personnage) le président iranien aurait déclaré que « l’Holocauste a eu lieu en Europe et (que) les gouvernements européens en sont responsables, pourquoi les Palestiniens doivent compenser ? Pourquoi eux doivent-ils mourir ? Pourquoi eux doivent-ils céder leur terre ? Pour quelle raison ?’’ et d’ajouter : ’’Quelqu’un d’autre a commis le crime. Cela s’est passé dans un autre lieu. Vous, pourquoi n’êtes-vous pas prêts à leur (aux Juifs) accorder des terres de France ? Si le gouvernement français est pris de compassion pour les Sionistes, et bien qu’il leur donne un morceau de la France, pourquoi ne le leur donne-t-il pas ?’’

Donc apparemment, ne revenant pas, cette fois, sur sa négation de la Shoah (par crainte – pourtant - erronée de la loi Gayssot ??), Ahmadinejad reprend, en revanche, à son compte une accusation, souvent lancée du côté palestinien, selon laquelle les Palestiniens auraient fait « les frais » de la Shoah, en étant dépossédés de leur terre, pour permettre la création de l’Etat d’Israël.

Or, on ne répétera jamais assez que s’il est vrai que la nécessité de permettre à un nombre important de rescapés de la Shoah de trouver un havre de paix a joué un rôle important, la création de l’Etat d’ Israël n’est pas la conséquence directe de la Shoah.

Cette (re)création s’inscrit dans le droit fil du droit des peuples à disposer d’eux mêmes, droit reconnu dès la Société des Nations et confirmé par la Charte des Nations Unies en 1945.

D’ailleurs, c’est ce « droit » qui fut reconnu, par anticipation, dans la Déclaration Balfour de novembre 1917, alors que quelques semaines plus tard, en janvier 1918, le Président Wilson le reconnaissait, formellement, dans son discours en 14 points, jetant les bases de la future organisation mondiale.

Le peuple juif disposait, incontestablement d’une antériorité sur cette terre, eu égard à l’ancienneté de la présence juive, attestée par son incorporation dans ces entités étatiques que constituaient les royaumes des temps bibliques.

En revanche, on peut considérer que c’est l’ONU qui a, en quelque sorte, mis « le pied à l’étrier » à un « peuple palestinien » en recommandant la création d’un « Etat arabe », sur l’autre partie du territoire sous mandat de la Palestine, dont voulait se « débarrasser » la puissance mandataire, la Grande-Bretagne.

Logiquement, un « peuple » existe, en premier. Il cherche un « territoire » et se dote d’un « gouvernement » qui entend exercer souverainement les pouvoirs reconnus à un Etat.

Or, les Palestiniens refusèrent même la création d’un Etat arabe, en 1947 et on ne répétera jamais assez qu’il a fallu attendre les lendemains de la Guerre de Six jours pour que les Palestiniens réclament « leur » Etat, alors que rien ne les empêchait de réaliser ce vœu, entre 1948 et 1967, alors que l’Egypte et la Jordanie se « partageaient », en quelque sorte, les terres d’un futur Etat palestinien.

Après (ou tout en) s’être délecté à nier la Shoah, voilà qu’Ahmadinejad croit pouvoir se rapprocher de la respectabilité en reprenant à son compte un mensonge tout aussi éhonté, à savoir qu’Israël aurait privé les Palestiniens d’un Etat, alors que la région permet, bien évidemment, la cohabitation de deux Etats.

Que l’on n’oublie pas qu’avant la première guerre mondiale, l’Empire ottoman s’étendait jusqu’aux portes de l’Egypte et que de la même façon successivement, l’Irak, la Syrie, le Liban et la Transjordanie se sont constitués, il n’y avait aucune raison de ne pas accepter l’idée que les Juifs pouvaient vouloir, eux aussi, se constituer en Etat.


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