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Le 13 mai prochain, un colloque sous l’égide du Monde des Religions doit se tenir à la Sorbonne.

Montségur

jeudi 22 avril 2004
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Ce colloque : juifs et musulmans, une histoire partagée, un dialogue à construire - s’il répond sans conteste à une nécessité, et quoique nous souscrivions à son principe, suscite cependant, sur la forme et sur le fond, certaines interrogations. Celles-ci sont de plusieurs natures.

Au cours de ce colloque, deux tables ronde sont organisées, l’une sur le thème : les leçons du passé pour comprendre le présent, qu’en est-il aujourd’hui des relations judéo-musulmanes ? avec dans le rôle de l’animation des débats Mr ; Elias Sambar, directeur de la revue d’Études Palestiniennes, et comme intervenants de marque Mouloud Aounit ( président du MRAP ) André Benayoun ( CRIF 94 ) Dominique Vidal ( le Monde Diplomatique ) Philippe Haddad ( rabbin aux Ulis ) .

Si la composition équilibrée de part et d’autre paraît assurée, il est légitime de questionner d’ores et déjà l’angle sous lequel va être abordé ce thème passionnant, à savoir si les sujets tabous pourront être débattus comme il se doit, dans la sérénité, mais sans pour cela devoir recourir à de subtiles contorsions rhétoriques afin de ne pas choquer l’opinion arabo-musulmane ou alter- islamiste, et sans plus devoir pratiquer une certaine forme d’autocensure, dans la crainte de se voir imposer en public l’anathème d’islamophobe .

Sujets tabous : Puisqu’il sera question de culture musulmane, les multiples mentions au sein du Coran, relatives au peuple et à la religion juive, la plupart d’entre elles connotées de la manière la plus négative qui soit, pourront-elles être évoquées ?

Ce terreau de l’exclusion, incisé dans le corpus scripturaire d’abord, puis dans la culture populaire, sacré et sacralisé par l’Islam depuis des siècles, serait-il à jamais voué à la pérennité du crime moral dont il est porteur, ou bien, de manière claire et sans ambiguïté aucune, aurons-nous la faveur d’entendre, pour une fois de manière unanime, de la part des intellectuels issus de cette culture là, une condamnation sans réserve ni équivoque, une proclamation de la caducité de ces versets ? Sans nul doute, voilà qui ferait avancer le dialogue…

Pareillement, et dans le prolongement de cette attente, nous appelons de nos vœux un examen minutieux de la condition de Dhimmî telle que conçue dès l’origine, codifiée et subie par l’ensemble des Juifs en terre d’Islam.

Il ne saurait être en effet question d’une réalité de dialogue, en demeurant vis-à-vis du juif mentalement structuré autour d’une idée de supériorité théologique, sentiment qui fut, rappelons-le, cause de nombre de crimes de sang et d’une humiliation, plus infamante pour celui qui l’infligea que pour celui qui en pâtit .

Également, et puisque certains intervenants à cette table ronde ne peuvent échapper à la ligne idéologique par eux choisis, il ne saurait être question, sous peine d’imposture, de faire comme si…

Comme si Mouloud Aounit, depuis des années, n’entretenait pas des amitiés particulières avec des organisations, des leaders d’une certaine opinion, dont le moins que l’on puisse en dire est que ceux-ci ne sont pas et se placeront jamais dans l’optique d’un dialogue judéo-musulman constructif, sauf si celui-ci se nourrit de fantasmes et de préjugés, et que le juif, face à eux, accepte son statut d’untermenchen.

Sur le même plan, la présence du Monde Diplomatique, dont la ligne éditoriale tend à épouser les contours pour le moins obscur de l’alter-islamisme , et qui, depuis des années inflige la toxicité de son discours convenu sur ce sujet, rejoignant dans le déni de réalité tous les désespérados de la révolution prolétarienne échouée, et qui voit, dans la cause palestinienne et ses prolongations islamistes une limite de plus à franchir, dans l’échec et dans l’approbation du crime, nous laisserait à penser que là aussi, il y a risque de trucage, et que dans la promotion du dialogue, il est certes d’autres voies et d’autres acteurs à explorer .

A défaut de réunir les conditions d’une explication franche et sans tabous donc, c’est-à-dire en osant nommer ce qui porte atteinte, sur le plan du principe, et d’oser dénoncer certaines amitiés particulières, nous serions dans l’incapacité objective de voir là une réelle tentative de dresser des passerelles, O combien nécessaires, mais fragiles et dérisoires si celles-ci ne sont pas soutenues par l’exigence de la vérité, et nous devrions constater qu’il ne s’est agi là que d’un artefact, un simulacre, un chapitre de plus dans le grand roman de la comédie humaine.

Et, plus grave, d’une instrumentalisation de la parole juive . Car le second risque est là.

Ainsi la deuxième table ronde, ayant pour thème : juifs et arabes , comment, après les accords de Genève, dialoguer aujourd’hui en France sur le conflit israélo-palestinien ? sera précédée d’une allocution Mr Denis Bauchard, Président de l’Institut du Monde Arabe . Nous rappellerons ici aux lectrices et aux lecteurs le fâcheux précédent de la réunion publique ou Fianetta Venner et Caroline Fourest , auteurs de Tirs croisés, furent prises à partie, menacées, jugées lors du procès en sorcellerie ou de la séance du tribunal islamique qui se tint le 31 mars dernier sous les auspices et au sein de l’espace géographique du même Institut, avec la complaisance de l’animateur en charge .

A cette seconde table ronde assisteront, entre autres, des noms connus : Pascal Boniface, Jean Daniel, Patrick Klugman, Xavier Ternisien, Farouk Mordam Bey , du même Institut .

Il est permis de douter légitimement de la bonne tenue des débats sur un sujet si sensible et qui a, dans notre pays, et plus largement en Europe, trouvé un écho si fort aux pires désinformations, mensonges et réductions du camps israélien.

Dans ce débat, je devrais dire dans cette charge, il est de l’ordre du possible, voire du probable, que le procès de la politique du gouvernement israélien soit dressé, ce qui, en soit, peut déjà prêter à caution. Dans un procès, il y a l’accusé, l’acte d’accusation, dont on peut penser que celui-ci sera largement inspiré du discours dominant et diabolisant actuel. La critique fut sévère, ne confond pas les genres.

Celle-ci s’articule et se construit sur des faits objectif, en prenant en compte l’ensemble des paramètres constituant l’environnement qui entoure et détermine le sujet.

Procès donc. _ D’une politique, mais, par extension, faisons confiance aux héraults de la propagandstaffel qui seront là dans cet objectif, procès de l’État d’Israël et déligitimation de son existence. Il est d’ailleurs symptomatique que ce colloque soit tenu à Paris à quelques jours de l’anniversaire de l’indépendance d’Israël, et je ne vois là aucun hasard de circonstance : juste une intention.

Par ailleurs, et je ne préjuge pas de l’avancée d’ordre symbolique des accords de Genève, attaquer, si j’ose dire, le problème de ce point de vue, ne me paraît guère faire preuve de lucidité et de volonté de confronter des opinions divergentes, condition sine qua none à une avancée significative .

Les dits accords, que je sache, en dépit du signe positif transmis, ne trouvent aucune application concrète sur le terrain, puisque ceux-ci n’engagent que leurs auteurs, à l’heure actuelle, on peut le regretter là n’est pas le débat, hors de l’exercice du pouvoir. La lucidité, le pragmatisme, auraient exigé, mais certes c’était là se risquer à un débat aride et tendu, d’aborder la thématique du conflit israélo-palestinien et israélo-musulman, dans sa réalité actuelle, et non à travers le prisme déformant d’une réalité, qui, à l’heure ou j’écris ces lignes, ne demeure que virtuelle.

Ainsi, de dire les choses et d’entamer un débat sain, celui-ci trouverait toute sa justification, intérieure, à destination des esprits tricheurs, et extérieure, vers une opinion publique trop facilement piégée par une propagande illustrant ce qu’un essai politique, naguère, qualifia de viol des foules.

Enfin, nous tenons à souligner une quasi-absence de taille : celle de représentants laïcs du monde maghrébin ou arabo-musulman, qui ont, sur la question du Proche et du Moyen Orient, sur la question des rapports judéo-musulmans, sur la question du rapport de l’Islam à la modernité, une approche différente, voire dissidente, et pour nombre d’entre eux, un regard lucide et sans concession.

Le débat selon nous, aurait gagné en richesse, en densité, aurait été l’expression également d’une réalité bien ancrée dans le quotidien. Mais cette donne là, cette dimension singulière revendiquant son altérité vis-à-vis des thèses couramment défendues par les héraults auto-proclamés d’une communauté ne rentre pas dans les schémas idéologiques de la sphère médiatique, à fortiori lorsqu’il est question du Monde, fut-il celui des Religions.


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