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Lettre à un confrère espagnol

Par Guy Senbel pour Guysen International News

vendredi 4 septembre 2009
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Cher confrère, - C’était il y a 70 ans. A la fin de l’été 1939, le monde sombrait dans la guerre. La pire de toutes. Sa spécificité tient des méthodes employées pour tuer par millions des catégories de personnes. Les Juifs, que les Allemands, suivis par bien d’autres, décidèrent d’exterminer. Les Tziganes, les homosexuels, les handicapés furent eux aussi condamnés au nom de la pureté de la race. Les actes courageux, héroïques ou même intéressés, qui conduisirent au sauvetage des Juifs, montrent en creux l’impressionnante et redoutable machine à exterminer que les nazis huilèrent avec une idéologie de la terreur qui paralysa l’Europe occupée.

Le souvenir de la guerre, cher confrère journaliste, directeur d’un grand journal espagnol, El Mundo, c’est malheureusement bien souvent cela, la commémoration de la honte. Le débat des historiens et des savants peut porter sur les origines de la Shoah ou sur la reconstitution de la révolte d’un Ghetto, nullement sur la remise en question de l’existence de la Shoah.
C’est pourtant ce débat-là que vous souhaitez ouvrir dans vos colonnes, en publiant samedi 5 septembre une interview du négationniste David Irving, qui fait partie d’une liste ’’d’experts’’ interrogés par des journalistes de votre quotidien pour marquer le 70ème anniversaire de la Deuxième guerre mondiale.

Permettez-moi de vous dire encore, cher confrère, que l’extermination des Juifs d’Europe fut une véritable folie meurtrière. A la guerre totale voulue par Hitler, la période fut marquée par l’horreur totale. Dans les camps, il y avait les cris en allemand, les coups cinglants, les chiens qui aboyaient, les enfants qui hurlaient devant leurs parents épouvantés. Les sélections, les opérations quotidiennes d’asphyxie collective au gaz Zyklon B. David Irving fait partie de ceux qui nient cette épouvantable réalité.

Les nazis inscrivirent également à leur programme la destruction des traces des massacres, et de la présence millénaire des Juifs d’Europe. La négation du crime fut préparée par les Allemands, qui dynamitèrent quelques fours crématoires à Birkenau, rasèrent le camp de Sobibor, détruisirent par le feu des millions de corps.
Les Allemands n’ont pas réussi à annihiler la mémoire des victimes, ni à effacer les traces de leurs crimes. D’autres essaient de s’en charger. Et David Irving en fait partie.

De véritables experts existent pourtant ! Et ils ne sont pas forcément juifs ou israéliens. Jean-Claude Pressac, révisionniste repenti, a publié il y a quelques années ’’Les crématoires d’Auschwitz’’… Cet historien français, en cherchant à nier, avait découvert l’horreur froide, les techniques mises au point par les nazis pour tuer plus, plus vite, plus loin.

Certains survécurent. Ils attendirent pour la plupart près de quarante ans pour parler. Encouragés sans doute par les initiatives du cinéaste Steven Spielberg, ils livrèrent des témoignages aujourd’hui disponibles à Yad Vashem. Son directeur, Avner Shalev, vous a d’ailleurs écrit pour dire des choses. Qu’il regrettait d’avoir accepté de répondre à un journaliste de votre quotidien. Qu’il trouvait indécent de donner à Irving une forme de légitimité en publiant ses propos, aux côtés de ceux d’historiens véritables comme Ian Kershaw ou Richard Evans.

Comme Avner Shalev, nous pensons que c’est l’intégrité de votre journal qui est en cause. Alors, de grâce, au nom de la liberté de la presse, de la votre, ne publiez pas David Irving. Au nom de la liberté d’expression, ne publiez pas David Irving. Parce que toute sa démarche consiste justement à l’entraver.

En Europe occupée, les Juifs furent traqués, isolés, fusillés, torturés, concentrés avant d’être anéantis. Un tel massacre n’aurait pu se produire sans la collaboration active ou le silence complice des ‘’témoins’’. L’Allemagne est coupable. L’Europe, responsable. L’inquiétante apathie des témoins dérange toujours.

Pourquoi s’acharner à publier l’interview d’un homme emprisonné de février à décembre 2006 en Autriche pour ’’glorification du parti nazi allemand’’ ?

Pour commémorer le 70ème anniversaire du déclenchement de la Deuxième guerre mondiale, de belles histoires s’écrivent aujourd’hui en Europe.

Un train composé d’une locomotive à vapeur et de wagons des années 1930 a quitté la gare de Prague le 1er septembre. A son bord, des survivants sauvés à la veille de la Deuxième guerre mondiale par un agent de change britannique, Nicholas Winton. 668 enfants originaires de Tchécoslovaquie et de Slovénie. En 1938, Nicholas Winton avait visité les camps de réfugiés tchécoslovaques. Mesurant l’ampleur de la tragédie qui menaçait les enfants juifs, il récolta des fonds pour organiser leur sauvetage vers la Grande Bretagne. Nicholas Winton ne parla jamais de cette histoire. En 1988, sa femme trouva dans son grenier une enveloppe contenant des listes d’enfants et des lettres de leurs parents. Nicholas Winton a aujourd’hui 100 ans. Il a été fait Chevalier par la Reine Elisabeth II en 2002. Vendredi 4 septembre, Nicholas Winton aura accueilli à la gare de Liverpool Street à Londres les enfants qu’il a sauvés. Depuis 70 ans, ils sont des survivants.

Cher confrère, chaque jour, c’est la presse qui écrit l’histoire.

Pour l’honneur de la presse, et pour l’honneur de l’Espagne, ne publiez pas l’interview de David Irving, même assortie d’un communiqué de votre rédaction assurant qu’El Mundo n’est pas un journal qui prêche le révisionnisme. David Irving n’est ni expert, ni historien, tout juste un fossoyeur de la mémoire.

Ce soir, nous pensons à Guilad Shalit, soldat de Tsahal et citoyen français. Otage du Hamas, il vit un calvaire depuis 1168 jours et 1168 nuits. Témoin de la solidarité et de l’amitié de la France, le nouvel Ambassadeur français en Israël, Christophe Bigot, porte à son père, Noam Shalit, une lettre personnelle du Président de la République française.
L’histoire retient les noms de ceux qui sauvent des vies.


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