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L’offre « de paix » d’Oussama Ben Laden est, en fait, une nouvelle déclaration de guerre

© ESISC 2004

lundi 19 avril 2004
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Curieusement, un aspect important du message attribué à Oussama Ben Laden et diffusé la semaine dernière sur deux chaînes de télévision arabes satellitaires semble avoir échappé à la plupart des observateurs.

Ceux-ci, qu’ils soient spécialistes d’Al Qaïda ou journalistes, soulignaient que ce message était une tentative de diviser le « camp occidental ». C’est fort possible, mais il ne nous semble pas que ce soit là le point principal.

La nature profonde du message d’Oussama Ben Laden est, d’après nous, symbolique et juridique. Et c’est bien là que cette déclaration devrait inquiéter car, en fait, sous l’apparence d’une proposition de trêve, elle annonce de nouveaux attentats contre les intérêts européens.

Il faut comprendre, en effet que le Djihad mené par Oussama Ben Laden n’est pas, comme il semble parfois, une suite d’actions terroristes isolées et désordonnées : il s’agit d’une guerre, s’inscrivant dans le cadre d’une stratégie et s’articulant autour de tactiques précises. Cette guerre est, également, inscrite dans un cadre juridique nettement défini. L’Islam n’autorise qu’une seule forme de guerre : le Djihad, défensif ou offensif, destiné à défendre la religion ou à
l’étendre. Toute autre guerre (d’annexion, de succession, de razzia,etc...) est purement et simplement hors la loi. Mais le Djihad lui-même répond à des conditions relativement strictes édictées par la Sharia (le droit islamique issu du Coran et de la Sunna, la « tradition »).

Ainsi, l’opinion majoritaire prévalant chez les juristes des grandes écoles islamiques établit que, pour être licite, un Djihad doit avoir été déclaré : l’attaque par surprise est interdite.

Le Prophète Mahomet lui-même donna l’exemple, en 629, lorsqu’il adressa à Héraclius, Empereur de Byzance, au Mouqawqâs (gouverneur d’Égypte) à Chosroès Parviz, roi des Perses ou au Négus d’Abyssinie des missives les invitant à se soumettre à Dieu. Son successeur, le Calife Abû Bakr, suivit la même voie.

Nettement plus prêt de nous, en 1996, le GIA algérien reprenait la tradition lorsqu’il sommait le président Jacques Chirac de se convertir à l’Islam pour que la France échappe à de nouveaux attentats.

Oussama Ben Laden ne pouvant ignorer que son offre serait rejetée, il n’a fait, la semaine dernière, que se replacer dans cette tradition qui, à ses yeux et aux yeux de nombreux salafistes et wahhabites, donne une légitimité juridique à toute action ultérieure que ses sympathisants pourraient entreprendre : non seulement son « Djihad » a bel et bien été déclaré ( en février 1998, lancement du
« Djihad contre les Juifs et les Croisés ») mais il peut désormais affirmer qu’il a donné une « seconde chance » à ses adversaires.

Au plan symbolique, enfin, qui est particulièrement important dans l’imaginaire arabo-musulman, Oussama Ben Laden,en proposant cette trêve et la création d’une « Commission permanente » chargée d’expliquer aux Européens les questions et problèmes préoccupant les Arabes et les Musulmans, se place au niveau d’un chef d’État légitime : il n’est plus le chef d’une bande terroriste, caché dans les montagnes du Pakistan, mais un « grand » parlant d’égal à égal avec ses homologues. Cette évolution traduit l’état d’esprit actuel des Djihadistes qui estiment, surtout depuis Madrid, avoir le vent en poupe et sont prêts à passer à une vitesse supérieure.

On regrettera une fois de plus, de ce point de vue, que l’attitude du nouveau gouvernement espagnol, qui a décidé de ne pas attendre le 30 juin pour retirer ses troupes d’Irak mais de procéder à ce retrait le plus rapidement possible, ne renforce ce sentiment de toute puissance des terroristes islamistes qui, avec l’attentat du 11 mars, peuvent, pour la première fois, lier une action terroriste particulière à une victoire tactique précise.

Cette analyse et en particulier le fait qu’Oussama Ben Laden savait que sa proposition serait repoussée - nous amène à penser que de nouveaux attentats ont d’ores et déjà été planifiés en Europe et/ou contre les intérêts européens dans le monde.

La seule question est de savoir si la « porte ouverte » pour trois mois après sa proposition sera respectée ou si les Djihadistes considéreront que le rejet de leur offre par « les voisins du nord de la Méditerranée » les dispensera d’attendre 90 jours avant de tenter de repasser à l’offensive.


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