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La France et le plan Sharon-Bush : bêtises diplomatiques et crapuleries journalistiques

Par Luc Rosenzweig en Haute-Savoie © Metula News Agency

dimanche 18 avril 2004
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On a beau être blindé, et n’entretenir aucune illusion sur la capacité de nos dirigeants politiques et de nos faiseurs d’opinion hexagonaux à traiter avec un minimum de pragmatisme, sinon d’honnêteté, les questions relatives au conflit israélo-arabe,

on est tout de même surpris de l’immense bêtise diplomatique et journalistique qui se déploie à l’occasion de tout événement majeur intervenant dans ce contexte.

La rencontre Bush-Sharon du 14 avril, et ses conséquences, le soutien appuyé et sans équivoque du président américain au plan israélien du retrait unilatéral de la bande de Gaza ont été accueillis à Paris avec un haut-le-cœur semblable à celui d’un quidam découvrant, un beau matin, un étron sur son paillasson.

Alors que la plupart des partenaires européens de la France se livraient, prudents, à une analyse du type « verre à moitié vide ou à moitié plein » de la nouvelle donne provoquée par l’échange de lettres Bush-Sharon, notre président Jacques Chirac sortait de sa boite comme un diable à ressort pour dénoncer cette initiative qualifiée de « fâcheuse, voire dangereuse ».

Pour corser l’affaire, cette mâle envolée était prononcée lors d’une visite en Algérie, un pays qui ne rate jamais une occasion de se mettre à la tête de tous les fronts du refus, qu’il s’agisse de celui de la paix avec l’Egypte, ou de l’opposition aux accords d’Oslo. La fatwa présidentielle rendit muet un Quai d’Orsay qui, on le sait, tire les communiqués plus vite que son ombre lorsqu’il s’agit de condamner l’élimination des cerveaux du terrorisme par les missiles de Tsahal.

Il fallut attendre trois jours, et la fin de la réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE à Tullamore en Irlande, pour entendre la voix fluette de Michel Barnier, le successeur de Villepin, reconnaître, du bout des lèvres, que le retrait israélien de Gaza était un élément positif « car il est un élément de la feuille de route », cette carte routière bien mal en point, initiée par le quartette Etats-Unis, UE, Russie et ONU. Il faut dire que le nouveau ministre s’était sérieusement fait remonter les bretelles par ses collègues, notamment Joshka Fischer, le très pragmatique chef de la diplomatie allemande, partisan, lui, de profiter de la « dynamique » créée par le plan Bush-Sharon pour réintroduire l’Europe dans le jeu proche oriental.

Dans la presse et les médias, on a eut droit à un festival de bien-pensance déférente dont les fondamentaux sont aussi stables que l’Euro sous la férule de la BCE. Sharon et Bush sont, au mieux, des irresponsables, au pire des criminels dont on ne doit rien attendre de bon. Lorsque la réalité ne suffit pas à conforter cette thèse, on la triture un peu pour la faire coïncider avec ses convictions. C’est ainsi que l’on a pu entendre pendant toute une journée sur une radio nationale destinée à l’élite intellectuelle de notre vieux pays, France-Culture, marteler que le plan Sharon-Bush prévoyait l’annexion pour l’éternité « des » colonies israéliennes en Cisjordanie. Ce qui, en bon français culturel, signifie que l’ogre israélien s’apprête à dévorer toutes les implantations juives situées au delà de la ligne verte, promue frontière internationale définitive par un Jacques Chirac, qui ne peut décidément pas s’empêcher de prendre les Français pour des billes incultes. Tout ceux qui auront pris la peine de lire la correspondance Bush-Sharon apprécieront.

Dans ce domaine, et au milieu d’un festival de mauvaise foi médiatique d’une touchante unanimité, allant de l’AFP à TF1, à l’exception notable, il faut le reconnaître, du Figaro et de l’Express, la palme de la crapulerie manipulatrice revient sans contexte au « Monde ». Le quotidien de Colombani-Plenel (inutile de mêler à ce forfait ce brave Claude Bernard, dont la rue abrite les locaux du quotidien prétendu de référence), n’hésite pas à titrer, le vendredi 16 avril « George Bush reconnaît implicitement la pérennité de l’implantation israélienne en Cisjordanie » un papier, par ailleurs honnête et factuel, de son correspondant à Washington. Il fut un temps où « Le Monde » se faisait une règle de ne titrer que sur des faits, événements ou déclarations. On peut à la rigueur admettre que l’on titre sur des pensées, pour autant qu’elles expliquent une action. Le nouveau « Monde » du 21ème siècle n’hésite pas, lui, à titrer sur des arrières pensées, ou supposées telles, pour autant qu’elles soient de nature à conforter les partis pris anti-américains et anti-israéliens d’une bonne partie de la direction de ce journal. Admirons également l’habile élégance du singulier « L’implantation » pour suggérer, sans le dire parce que cela ferait trop grossier pour un journal aussi sophistiqué, que selon « le Monde », il s’agit pour les brutes sharoniennes de mettre la main sur toutes les colonies avec la bénédiction des faucons de Washington…

Imaginons rien qu’une minute que nos vaillants titreurs du « Monde » aient sorti de leurs musette un titre du genre « L’accord de Genève Beilin-Rabbo reconnaît explicitement la pérennité de l’implantation israélienne à Maale Adounim et Givat Zeev ». !


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