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Recette pour plus de retard encore avec l’Iran

Anne Bayefsky , The Jerusalem 5 août 2009 ANNE BAYEFSKY , THE JERUSALEM POST | Adaptation française de Sentinelle 5769

samedi 8 août 2009
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Le président des USA Barack Obama n’empêchera pas l’Iran d’acquérir des armes nucléaires. Voilà la dure réalité à laquelle sont confrontés les dirigeants israéliens qui seront obligés d’encourir la colère d’un président profondément hostile, s’il faut faire capoter le développement d’une bombe nucléaire iranienne.

Sans nul doute, l’administration Obama proclame sa préoccupation : le Secrétaire à la Défense Robert Gates déclarait le 16 juillet que la bombe iranienne est « la plus grande menace actuelle à la sécurité mondiale ». Mais la même administration n’a aucun plan pour assurer que cette menace ne se matérialisera pas – et elle tente de s’assurer qu’Israël ne le fera pas non plus.

Les Iraniens ont déjà qualifié le bluff d’Obama. Un journal iranien s’est référé ainsi à la démarche américaine le 26 juillet : « L’administration Obama est prête à accepter la perspective d’un Iran doté de l’arme nucléaire… ils n’ont aucun plan à long terme pour traiter avec l’Iran… Leur stratégie consiste à nous supplier de négocier avec eux. »

La posture du président sur l’Iran, et ce qu’elle signifie sur ses préjugés anti-Israël, ne peut être écartée comme inexistante. Le 3 août, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, a qualifié l’éviction de deux familles palestiniennes vivant illégalement dans des maisons à Jérusalem de « profondément regrettable », mais elle a poliment demandé à l’Iran d’aider à localiser « les trois Américains disparus » - que l’Iran avait pris en otages – « et de les renvoyer aussitôt que possible ». Voilà une administration plus soucieuse d’assurer un futur Etat palestinien Juderein (les implantations n’étant que la pointe de l’iceberg), que d’assurer la sécurité de l’Etat juif ou d’empêcher la modification très rapide dans l’équilibre du pouvoir qui surviendra avec l’Iran doté de l’arme nucléaire.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a prêté serment cette semaine : il est vital que le schéma politique d’Obama sur l’Iran soit ouvert. Voici les éléments du syndrome « nous supplier de négocier avec eux ».

Entamer la discussion est le mot de passe, et il n’a aucune date d’expiration. En mai, Obama a déclaré qu’une date limite serait « artificielle », et a simplement parlé d’avoir « une bonne orientation d’ici la fin de l’année, pour savoir s’ils avancent dans le bon sens ». En juillet, le président a déclaré : « nous tiendrons compte des progrès de l’Iran » à la réunion du G20 fin septembre. Le 27 juillet, Gates a dit à Jérusalem : « Je pense que le président prévoit ou espère certainement un type de réponse cet automne, peut-être au moment de l’assemblée générale de l’ONU ». Tout cela est une recette de retard.

La barbarie quotidienne dans les rues de Téhéran n’a pas entraîné Obama à cesser la discussion. L’administration a décidé d’accepter la légitimité du président Ahmadinejad comme interlocuteur iranien valable, sans tenir compte des trois nouveaux otages américains, des élections frauduleuses, du spectacle de procès en cours, de la torture d’avocats favorables à la démocratie, des détenus, des morts et des disparus. A la fin juillet, tout ce que Clinton avait à dire, c’était : « nous avons sûrement établi le contact. Nous avons fait savoir clairement que c’était ce que nous voudrions faire même maintenant ».

La discussion tant vantée cependant, n’a même pas commencé. Les excuses abondent. Suivant les termes de Clinton à Bangkok à la fin juillet : « la porte est ouverte pour ce que nous voudrions voir comme une discussion en face à face avec l’Iran. Mais ils sont si préoccupés maintenant. Les débats intérieurs en cours en Iran leur ont rendu difficile, si ce n’est impossible, de poursuivre toute discussion diplomatique… Je ne crois pas qu’ils aient la capacité de prendre ce type de décision maintenant ».

Ou bien comme le Secrétaire d’Etat adjoint Philip Crowley l’a dit un jour plus tard : “Nous devrons attendre pour voir où en est l’Iran… Evidemment maintenant, le gouvernement est débordé ».

En effet, l’administration donne à l’Iran une prolongation pour la brutalité.

Dans le même temps, il n’y a aucune pression américaine pour des sanctions immédiates dures en réponse aux violations massives de l’Iran sur le Traité de Non Prolifération Nucléaire (NPT) et les droits de l’homme. Au contraire, Obama a déclaré en juillet : « La notion que nous avons essayé d’obtenir des sanctions… est inexacte ».

Gates a de nouveau confirmé l’absence de sanctions le 27 juillet : « Si le processus de discussion ne réussit pas, les Etats Unis sont prêts à pousser à de nouvelles sanctions significatives ». Le 3 août, Clinton a seulement décidé : « en l’absence de la moindre réponse positive du gouvernement iranien, la communauté internationale se concertera sur de nouvelle mesures, et sans doutes les nouvelles mesures comprendront-elles de nouvelles sanctions ».

Où et quand l’administration renversera-t-elle le cours des sanctions ? Le premier arrêt sera à l’ONU. Cela commencera en suppliant le Conseil de Sécurité d’émettre une autre résolution avec des sanctions « significatives ». Sauf que personne ne croit que le Conseil de Sécurité ne la votera. Il y a plus de six ans, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique de l’ONU [AIEA] a découvert que l’Iran violait le NPT. Et cinq résolutions futiles plus tard, nous voilà au bord d’un désastre.

La Russie et la Chine, avec des investissements majeurs et croissants en Iran, ont déjà fait connaître clairement leurs objections. En juillet, le président russe Dimitry Medvedev a expressément qualifié de « contreproductives » de nouvelles sanctions.

Après avoir perdu davantage de temps à l’ONU sur une sixième résolution, les Américains déclareront qu’ils peuvent faire le travail en dehors de l’ONU en concertation avec les 3 membres de l’UE – France, Royaume Uni et Allemagne. Mais l’Allemagne fait 5,6 milliards $ de commerce chaque année avec l’Iran, ce qui en fait le plus important partenaire de commerce européen, et le troisième plus important du monde. Sans surprise, la chancelière Angela Merkel a dit en juillet qu’elle « préfère conserver ouverte la possibilité de discussions sur le programme nucléaire de l’Iran ».

Ou bien, comme le Secrétaire d’Etat britannique David Miliband a expliqué la politique étrangère britannique du ‘dépêche-toi et attends’ le 29 juillet : « Sur l’importante question du nucléaire, la balle est dans le camp de l’Iran… Nous attendons que ce gouvernement nous envoie… l’ensemble de propositions claires soumises à l’Iran il y a 15 ou 16 mois ».

Au moment où la voie des sanctions prendra finalement place dans l’imagination de l’administration – et dans celle de ses alliés – il serait téméraire de présumer que la conception, l’exécution et l’évaluation se tiendra à un rythme suffisant pour devancer l’horloge nucléaire.

En bref, la politique d’Obama envers l’Iran a deux extrémités. Aller à la vitesse d’un escargot sur les discussions et les sanctions. Et envoyer des vagues d’émissaires munis de coups de poing américain à Jérusalem pour s’efforcer d’écarter toute hypothèse d’action militaire.

La seule question aujourd’hui est de savoir si le mépris fondamental d’Obama pour l’autodétermination juive convaincra Israël de ne pas prendre les mesures militaires nécessaires pour empêcher la réalisation d’une bombe nucléaire iranienne. Si cela advenait, le règne terroriste d’Ahmadinejad n’aura fait que commencer.


Anne Bayefsky est responsable de recherche à “l’ Hudson Institute” (Institut de géostratégie de réputation internationale) et rédactrice en chef du site EYEontheUN.org (c’est une observatrice critique et attentive des activités de l’ONU).


http://www.jpost.com


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