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Quel avenir nergtique au Liban aprs la dcouverte de gaz en Isral ?

Leila Abboud - Amman (avec Chawki Freha Paris) | MediArabe.info

dimanche 26 avril 2009
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Lopposition libanaise exploite le dossier explosif des hydrocarbures pour occulter ses dboires en Egypte. Vers de nouvelles tensions rgionales ? Isral a rcemment annonc la dcouverte dun important gisement gazier au large de Hafa, dans une zone o la frontire entre les eaux territoriales nest pas dlimite avec le Liban.

Si cette découverte intéresse naturellement Beyrouth, au même titre que Tel-Aviv, et laisse prévoir un avenir florissant des deux pays, l’utilisation arbitraire du dossier par l’opposition libanaise laisse craindre de nouvelles tensions sur le court terme.

L’annonce, en janvier 2009 par Israël, de la découverte d’un gisement gazier dans le champ de Tamar, situé à 90 km au large de Haïfa, a provoqué de vives réactions au sein de la classe politique libanaise. L’Etat hébreu, qui investit également dans la prospection sur le champ de Dalit, proche de celui de Tamar et situé près des eaux territoriales libanaises, n’a toujours pas de frontières maritimes tracées avec le pays du Cèdre. Ce qui semble justifier la sortie remarquée de Nabih Berri, président du Parlement libanais et chef du mouvement Amal, allié du Hezbollah et pilier de l’opposition.

Un écran de fumée

Le 13 avril 2009, Berri a dénoncé à la fois la politique israélienne et celle du gouvernement libanais. Selon lui, Israël empêcherait des bateaux d’opérer au large du Liban pour y réaliser des prospections. Le chef du Parlement a demandé au ministère libanais des Affaires étrangères, dirigé par Fawzi Salloukh (Hezbollah), de protester contre les agissements israéliens auprès des Nations Unies. Mais la manœuvre de Berri semble ailleurs : il cherche à médiatiser un sujet hautement sensible pour les Libanais, pour occulter les agissements du Hezbollah en Egypte, où des réseaux dormants venaient d’être démantelés. L’écran de fumée vise à détourner l’attention des Libanais du terrorisme de l’opposition, au moment où le même Berri appelait l’Egypte à régler le conflit avec le Hezbollah dans la négociation. Le Caire a refusé la médiation du chef du Parlement libanais, estimant que l’affaire est désormais entre les mains de la justice. Le président Moubarak a catégoriquement rejeté tout contact avec Berri et refusé de le recevoir.

Des critiques arbitraires contre le gouvernement

Berri, ainsi que les médias proches de l’opposition, tentent de tirer profit de la situation en vue des élections du 7 juin 2009. Ils ont critiqué avec virulence le gouvernement libanais, dirigé par la majorité, pour avoir refusé de prospecter, l’accusant de priver le Liban de ressources naturelles nécessaires pour effacer ses dettes, dans l’espoir de retourner l’opinion publique contre la majorité. Le chef du Parlement pointe du doigt la cinquantaine de milliards de dollars de dettes, sans dire un mot sur la destination de ces fonds, littéralement pompés par la tutelle syrienne, qui avait imposé un pourcentage allant jusqu’à 25% de tous les marchés publics au Liban durant 15 ans. Berri ne dit pas un mot non plus sur les détournements de fonds publics par la Caisse du Sud destinée à indemniser les victimes de l’occupation israélienne. Il n’explique pas non plus pourquoi les villes, villages et quartiers chiites ne paient pas les factures électriques, au nom de la solidarité avec la Résistance…

En revanche, Berri affirme qu’une entreprise a déjà proposé, depuis quelques années, à l’un des plus importants banquiers libanais, de réaliser des opérations d’explorations le long des côtes libanaises. « Il y a du pétrole et nous avons des dettes qui s’accumulent de plus en plus. Trois compagnies étrangères ont réalisé des études sismiques géologiques dans les eaux territoriales libanaises depuis Beyrouth jusqu’aux frontières syriennes dans le nord, et les résultats sont prometteurs. La présence de quantités commercialisables de gaz et de pétrole est avérée. Ces entreprises ont été obligées d’exclure la partie sud », précise Berri, avant d’ajouter que selon ses informations, « il y aurait des réserves d’hydrocarbures au large de la côte sud du Liban. Plus précisément, au large de Sarafand et Qasmié. Les prospections y sont interdites car Israël empêche les bateaux d’opérer et le Liban officiel n’a pas protesté contre l’interdiction israélienne ».

Les politiques prennent l’économie en otage

Cependant, en évoquant ce sujet sensible sous cet angle, Berri s’est trahi et a confirmé la politisation de l’affaire. Selon lui, « si la Syrie avait empêché les opérations d’explorations, la majorité l’aurait accusée de vouloir maintenir le Liban sous la dette ». L’autre erreur du chef du mouvement Amal est son propos relatif aux élections législatives : « si l’opposition actuelle remporte le scrutin, elle aura le courage nécessaire pour explorer et produire les hydrocarbures, et réduire ainsi l’endettement ».

Ce faisant, Berri a poussé le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, à rompre le silence et à évoquer ce sujet. Car, comme l’ensemble de la majorité, Siniora tente d’éviter les conflits, et procède par l’ordre logique des choses. Dans une intervention à l’Université américaine de Beyrouth (AUB) transmise par Bloomberg le 16 avril, Siniora a reconnu que « plusieurs secteurs sont prometteurs au Liban, notamment ceux du pétrole et du gaz », et d’ajouter que « le Liban pourrait détenir des réserves significatives. Depuis 2001, le pays a réalisé un balayage sismique et les résultats sont prometteurs. Le précédent gouvernement a réalisé une étude 3D et les résultats se sont révélés très encourageants. Depuis 2001, le pays a réalisé un balayage sismique et les résultats sont prometteurs. Le précédent gouvernement, dont je faisais également parti, a réalisé une étude sismique et les résultats se sont révélés très encourageants. Depuis 2005, nous travaillons sur plusieurs axes dont l’établissement d’une politique énergétique et nous sommes actuellement dans sa dernière phase d’élaboration », a cnocédé le Premier ministre. C’est dans ce cadre qu’il a précisé qu’« un avant projet de loi sera remis au Parlement pour être voté. Nous avons également déployés beaucoup d’efforts pour former nos fonctionnaires dans ce domaine, et nous avons réalisé des recherches dans les eaux territoriales au Sud et les résultats sont positifs. Ce territoire pourrait receler des quantités commercialisables de pétrole et gaz dans les eaux profondes. Nous avons collaboré avec plusieurs pays de la région qui s’y connaissent en la matière et nous allons adopter la loi sur les hydrocarbures pour pouvoir nouer des partenariats entre le secteur privés et les fonds internationaux pour mener à bien ce projet ».

Rencontré à Paris en marge d’une conférence-débat organisée par la représentation des Forces libanaises en France le 22 avril autour de « la politique énergétique, la lutte contre la déforestation et les énergies renouvelables au Liban », le ministre libanais de l’Environnement, Tony Karam, a affirmé que les gouvernements successifs travaillent depuis près de sept années sur ce sujet, en s’appuyant notamment sur l’expérience et l’expertise norvégienne en la matière, en vue d’adapter la législation et de délimiter la frontière maritime avec Israël. Refusant de polémiquer, Karam a admis que la résurgence de ce sujet semble motivée par des calculs politiciens liés aux élections législatives. Notons que le ministre, qui représente les Forces Libanaises au gouvernement, effectue une tournée en Europe le conduisant en Suède, en Belgique, en France et en Grande-Bretagne, à la recherche de partenariats publics et privés, et des financements pour reboiser les forêts libanaises sinistrées par les incendies et par la sécheresse.

De son côté, le ministre libanais de l’Energie et de l’Eau, Alain Tabourian, avait affirmé qu’une commission composée de représentants de son ministère, de l’armée, du ministère des Affaires étrangères, du Conseil national des recherches scientifiques et de la Direction du transport maritime a été créée depuis près d’un an. Cette commission est chargée de délimiter les frontières maritimes avant d’en informer les Nations Unies pour acter les frontières. Ceci est indispensable pour départager les belligérants, en cas de contentieux.

Le pétrole, entre avantage et handicap

Toutefois, la délimitation des frontières maritimes pourrait s’avérer être une affaire complexe. Car avant de valider le tracé, dans le cas actuel (frontières maritimes), le Liban et les Nations Unies doivent attendre d’éventuelles réserves que pourraient émettre la Syrie et Chypre, les deux autres pays riverains du Liban. Dans le cas de Chypre, une incursion turque ne serait pas surprenante. L’année dernière, Ankara avait vivement protesté contre un accord signée entre le Caire et Limassol portant sur l’exploration en Méditerranée.

De ce point de vue, toute découverte d’hydrocarbures, dans le contexte géopolitique actuel, serait plus un handicap qu’un avantage pour les pays de la région. Au Liban, où le climat est déjà bien tendu à la veille des élections législatives, le sujet est victime de surenchères politiciennes. L’opposition accuse le gouvernement de ne pas agir en vue de délimiter les frontières maritimes avec Israël et demande que l’opération soit accélérée, afin de pouvoir dénoncer une éventuelle violation par l’Etat hébreu. Après le conflit de l’eau dans le Wazzani, voilà un nouveau conflit autour du gaz. Le Hezbollah, préoccupé par ses déboires en Egypte, accentue la pression par mouvement Amal et à Nabih Berri interposés, qui mettent indirectement Israël en garde contre tout pompage de gaz en eau libanaise.


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