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A propos de visiteurs jugés mal venus

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international.

jeudi 5 février 2009
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La presse a rendu compte du « boycott », lors de leur visite en Israël, après un passage à Damas, de deux sénateurs français, Jean François-Poncet (UMP) et Monique Cerisier-ben Guiga (socialiste), le premier étant vice-président de la commission des affaires étrangères et la seconde en étant membre.

La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni n’a pas hésité à justifier, mardi 3 février 2009, à la radio militaire israélienne, ce fait : « Dès que le ministère israélien des Affaires étrangères a eu connaissance des contacts de ces sénateurs avec le Hamas, toutes les rencontres officielles prévues en Israël ont été annulées ». Ce fut notamment le cas d’une rencontre programmée avec le ministre du Commerce et de l’Industrie Eli Yishaï.

De fait, la rencontre à Damas, avant d’arriver en Israël, de ces deux parlementaires avec les dirigeants du Hamas, n’était pas inconnue du Quai d’Orsay, puisque le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, Frédéric Desagneaux avait indiqué que les deux sénateurs avaient rencontré récemment à Damas « en toute indépendance » des responsables du Hamas, à l’occasion d’une tournée au Proche-Orient. Selon la radio militaire israélienne, ces sénateurs ont rencontré notamment Khaled Mechaal, le chef politique en exil du Hamas. C’est ce qu’a d’ailleurs reconnu Mr François-Poncet, au cours d’une interview à Radio-France, le 4 février.

Ceci dit, Israël et la France semblent d’accord pour considérer que « cette affaire n’aura pas de répercussions sur les relations avec la France », pour reprendre l’expression de Mme Tsipi Livni, sentiment partagé par le porte-parole du Quai d’Orsay.

Mais, pour la ministre israélienne, « lorsque quelque chose porte atteinte aux intérêts d’Israël, mais aussi aux éléments modérés et pragmatiques dans la région, nous l’affirmons même au prix de divergences avec la France », en ajoutant : « Si le monde accorde une légitimité au Hamas et fait de lui un partenaire pour un dialogue, cela portera atteinte au processus de paix que le monde entier, y compris la France, souhaite faire avancer ».

Tandis que du côté français, continue de planer une ambiguïté certaine (v. notre point de vue : 29 points pour une anthologie de l’OLP).

Ainsi, il ne suffit pas de dire, comme le fait le porte-parole du Quai d’Orsay, après avoir indiqué que « Les programmes des parlementaires sont définis par les parlementaires. Il y a séparation des pouvoirs en France et donc le pouvoir législatif et les parlementaires décident de leur programme en toute indépendance », que « Concernant les relations avec le Hamas, vous connaissez la position de la France ».

Quelle position : l’officielle ou l’officieuse ?

On ne peut s’empêcher de penser que les contacts pris à l’automne 2008 par l’ancien directeur de la division Afrique du Nord-Moyen Orient – par ailleurs vice-président du conseil d’administration de l’Institut du Monde arabe – devenu « chercheur » et dont nous avons déjà parlé (Le Quai d’Orsay et l’oubli du devoir de réserve) aient pu avoir lieu avec l’attache du Quai d’Orsay.

De même, ceux pris, plus récemment, par ces deux parlementaires, s’ils traduisent des engagements politiques personnels n’ont pas, dû, davantage mécontenter la diplomatie française.

Il n’est, peut-être pas, inutile, d’ailleurs, de donner quelques précisions sur la personnalité de ces deux parlementaires français.

Jean François-Poncet, sénateur de Haute-Garonne, a été ministre des affaires étrangères du président Valéry Giscard d’Estaing, de novembre 1978 à mai 1981.

A ce titre, on ne peut, certes pas, lui faire endosser la paternité des premiers contacts officiels avec l’OLP, assurés par son prédécesseur Jean Sauvagnargues, mais, en revanche c’est bien lui qui était en charge du ministère, lors de la fameuse « déclaration de Venise » du Conseil européen de juin 1980, légitimant, en quelque sorte, l’OLP sur le plan européen, à une époque où, pourtant, sans conteste, longtemps avant les accords d’Oslo, Arafat était bien un chef de bande terroriste.

Il fut ministre de Raymond Barre et ne s’est certainement pas opposé à l’entreprise de dévoiement de la législation anti-boycott (d’Israël) entreprise par l’auteur de la formule des « Français innocents ».

Mais surtout, quand on connaît le rôle du ministre des affaires étrangères dans l’organisation des déplacements du président de la République française à l’étranger, il faut rappeler que Jean François-Poncet se garda bien de recommander à Valéry Giscard d’Estaing, en mars 1980, lors de sa tournée au Moyen-Orient, de franchir le Jourdain.

Comme on le sait, le président français se contenta de voir Israël de loin (avec ou sans jumelles…..).

Voilà l’homme qui, apparemment, n’avait pas besoin du « chemin de Damas » pour trouver des mérites aux adversaires d’Israël.

Toujours est-il qu’au lendemain de sa visite dans la capitale syrienne, il ne manqua pas de vanter la transformation du Hamas, qu’il considérait comme un « interlocuteur incontournable » (la formule est certes de la journaliste qui l’interviewait, mais il l’approuva).

Sans doute n’a-t-il pas visionné cette vidéo aux images insoutenables illustrant les méthodes sanguinaires du Hamas, qui circule sur le Web.

Quant à la sénateur socialiste, représentant les Français établis hors de France, elle ne fait pas état sur son site au Sénat de son appartenance (actuelle ?) au groupe d’amitié France-Israël, mais indique, en revanche, qu’elle préside le Groupe d’information internationale France-Territoires palestiniens.

Le 8 janvier dernier elle déclarait, notamment, à la tribune du Sénat : « les civils continuent d’être les victimes trop nombreuses des bombardements israéliens et de l’offensive terrestre à Gaza », déplorait « une guerre de cette intensité où un million et demi d’êtres humains, dont 700 000 enfants, privés d’eau potable, d’électricité, de médicaments, de vivres, ne peuvent fuir les bombes » et réclamait, l’adoption, aux Nations Unies, d’ « une résolution destinée à définir les sanctions encourues par ceux qui, à l’avenir, viendraient à violer la légalité internationale construite par les résolutions des Nations Unies, aussi bien celle qui a créé l’Etat d’Israël en 1948, que toutes celles qui devraient garantir les droits du peuple palestinien ».

On reconnaîtra qu’en tant que membre du parti socialiste elle ne pouvait pas faire l’impasse sur le droit à l’existence de l’Etat d’Israël.

Mais, le même jour, elle éprouvait le besoin de répondre, avec ironie, à André Glucksmann, qui s’était exprimé, la veille, dans Le Monde : « Je rejoins M. Glucksmann sur le caractère impropre de ce terme de « disproportionné » mais parce que je le trouve hors de proportion avec la gravité des faits qui se déroulent à Gaza », ajoutant « Je le rejoins aussi dans sa conclusion lorsqu’il déclare que « vouloir survivre n’est pas disproportionné ». C’est bien la survie du peuple palestinien en tant que nation ayant vocation à former un Etat qui est en jeu ».

Pas moins……

Nous laisserons les internautes saisir le sens exact de sa formule lorsqu’elle déclarait « Au-delà, c’est notre capacité à promouvoir nos valeurs, sans conditionnalité, qui se joue à Gaza. Il n’y a pas de condition à la reconnaissance de l’humanité de l’autre et à son aspiration légitime à vivre en sécurité et à jouir de sa liberté ».

Pour notre part, nous avons compris que, pour elle, les Israéliens n’ont pas le droit de réagir s’ils risquent de provoquer trop de victimes dans la population civile.

Mais le Hamas, lui, a le droit de poursuivre ses crimes de guerre, en attendant d’être invité à la table de négociations par les amis Mr Jean François-Poncet.

En tout cas, les officiels israéliens n’ont rien perdu en ne recevant pas ces pèlerins de Damas


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