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Après Madrid, les premiers signes de la soumission de l’Europe

Par Guy Millière © Metula News Agency

jeudi 18 mars 2004
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Passés le choc et la tristesse ressentis à la vision des résultats de l’attentat commis à Madrid jeudi dernier, je n’ai pu m’empêcher d’éprouver un profond malaise.

Combien d’attentats ont-ils frappé la population civile israélienne au cours des récentes années ? Combien de morts ont fait ces attentats ? Combien de blessés, de mutilés ? Combien de familles durement touchées ? Pourtant la presse européenne s’est comportée vis-à-vis des attentats commis en Israël comme s’il s’agissait d’une routine, comme s’il ne s’agissait pas d’actes barbares, mais qu’on était en présence d’un simple « cycle de la violence », comme les médias ont tendance à le définir ici.

Un attentat frappe la population espagnole, et c’est la tristesse générale, l’effroi des dirigeants politiques, une succession de discours dénonçant la lâcheté et l’inhumanité des terroristes. La vie des Espagnols vaudrait-elle davantage que celle des Israéliens ? Les Israéliens ne sont-ils pas tout à fait innocents dès lors qu’ils sont israéliens ? Le fait que, pour l’essentiel, les Israéliens sont juifs jouerait-il un rôle dans le regard qu’on porte sur leur souffrance ? Je suis choqué et triste de ce qui s’est passé en Espagne, mais je suis tout aussi choqué et triste à chaque fois qu’un attentat survient en Israël. Je n’ai pas l’indignation sélective et mes dénonciations du terrorisme ne sont pas à géométrie variable. Cela me répugne de le dire, mais je le dis quand même : en Europe aujourd’hui, l’indignation est sélective et la dénonciation du terrorisme est à géométrie variable.

Quiconque se demanderait à quoi peut bien rimer cette indignation sélective devra se pencher vers le relativisme moral disséminé, depuis des années, dans les sociétés européennes ; relativisme moral qui va de pair avec un recul généralisé des convictions religieuses et de la certitude en les valeurs de la civilisation occidentale. Pour les Européens d’aujourd’hui, rien n’est vraiment bien, rien n’est vraiment mal, tout est une question d’appréciation. La seule religion à ne pas être regardée avec dédain est l’islam, parce que l’islam fait peur et parce que c’est aussi la « religion des opprimés », vous dira-t-on. Quant à la civilisation occidentale, elle est coupable, nécessairement coupable : elle a colonisé, elle a pillé les richesses des pays pauvres, elle doit faire amende honorable. Si des Occidentaux sont agressés, c’est un peu de leur faute, surtout si ceux qui les agressent ne sont pas des Occidentaux.

Prenant les choses sous cet angle, je dois d’ailleurs dire qu’il y a une autre dimension digne d’intérêt dans les réactions qui ont suivi les attentats de Madrid. L’indignation a été unanime et des paroles fermes ont été prononcées lorsqu’il a été dit et supposé, dans un premier temps, que les attentats étaient l’œuvre du mouvement basque ETA. Dès lors qu’il est apparu que les attentats étaient l’oeuvre de la mouvance islamiste, l’indignation a reflué, tout comme la fermeté. Pour les Européens d’aujourd’hui, des terroristes islamistes sont plus « excusables » que d’autres : on peut même se demander s’ils sont jamais les vrais responsables de leurs actes. Souvenez-vous des réactions européennes aux attentats du onze septembre aux Etats-Unis : tristesse et compassion d’abord (les victimes étaient des Américains, des Européens, pas des juifs israéliens), certitude que les Etats-Unis allaient pratiquer l’auto flagellation et s’interroger sur leur politique vis-à-vis du monde musulman. « Qu’est-ce que nous leur avons fait de si terrible pour qu’ils nous détestent à ce point ? Recevons le message qui nous est envoyé pour nous interroger et changer notre comportement. ». Quand les Etats-Unis ont commencé à réagir avec détermination et quand leurs dirigeants ont commencé à dire que, les terroristes islamiques ayant déclaré la guerre à l’Occident, il fallait la mener cette guerre, les Européens ont glissé de façon prédominante vers l’hostilité à la réplique armée et vers l’antiaméricanisme.

L’attitude européenne face à Israël est du même ordre. Si, après chaque attentat, les Israéliens pratiquaient l’auto flagellation, s’ils adoptaient une posture suicidaire, les Européens les comprendraient. Je suis même presque sûr que si Israël était détruit les Européens seraient tristes (bien moins que si la destruction concernait un pays européen, cela va de soi…). Mais non, Israël se défend et s’oppose fermement au terrorisme. Les Européens ne peuvent alors qu’être hostiles à leur légitime défense.

Dans les manifestations qui ont suivi les attentats de Madrid, les Européens, au fond, se sont conduits comme des Européens. Tristes, très tristes, mais pas du tout déterminés à combattre. Et maintenant que les coupables apparaissent comme étant les coupables, la détermination à combattre, qui aurait pu surgir de façon résiduelle, va s’anéantir. Ou, plus exactement, elle va s’exprimer d’une manière perverse. D’ailleurs, cela a déjà commencé.

Les coupables des attentats de Madrid ? Etait-ce le gouvernement Aznar qui s’était mis en tête de combattre le terrorisme islamique aux côtés de George Bush ? Si les Espagnols avaient adoptés une attitude pétainiste à la française, s’ils s’étaient couchés sans combattre, n’auraient pas de problèmes ? Je n’y crois pas le moins du monde et le choix des prochaines cibles des islamistes fera exploser ce mythe des soumis.

Autre coupable imaginaire ? L’Administration Bush. Si Bush avait laissé Ben Laden tranquille et avait levé le drapeau blanc après le onze septembre, s’il avait laissé Saddam détruire son propre peuple, s’il avait lâché Israël, nous n’en serions pas là, incontestablement. Autre coupable - autre bouc émissaire allégué à la place de constater que les islamistes nous ont déclaré la guerre terroriste, mais combien de morts faudra-t-il encore jusqu’à ce que l’Europe comprenne ? - : Sharon et, plus largement, Israël. Si Israël n’existait pas, il n’y aurait pas d’islamisme. Qui pourrait en douter ?

Si vous me trouvez trop pessimiste, attendez de lire les journaux européens dans les prochains jours. L’Europe est profondément malade. Et elle ne peut pas se soigner parce qu’elle ne sait pas qu’elle est malade. L’Europe est prédisposée à la soumission et les populations européennes ne s’en rendent pas compte, car elles ont subi un long et efficace lavage de cerveaux. Les islamistes demandent à l’Europe une reddition sans conditions, et l’Europe abdique peu à peu.

Un sursaut est-il possible ? Je dois dire que j’en doute de plus en plus. Plutôt qu’à un sursaut européen, je préfère consacrer mes forces à œuvrer pour la réélection de George Bush aux Etats-Unis. Il m’arrive de penser que la survie de la liberté et du monde occidental dépend de la présence à la Maison Blanche de celui que David Frum a appelé « the right man », l’homme qu’il faut.

Dans l’Europe soumise au terrorisme islamiste, Bush est détesté. Il l’est aussi dans le monde musulman. Il l’est autant qu’Israël.


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