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Diplomatie française

Albert Capino

mercredi 17 mars 2004
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800.000 victimes.
C’est le bilan des affrontements ethniques au Rwanda en 1994. Un génocide.

10 ans plus tard, « Le Monde » fait rebondir la polémique en publiant un rapport selon lequel Paul Kagamé, l’actuel Président Rwandais, aurait été à l’origine de l’attentat contre l’ancien Président rwandais, Juvénal Habyarimana, dont l’avion a été abattu par un tir de missiles.

Sa « part de responsabilité » du génocide, au sens ’Elkabbachien’ du terme sans doute, dans la mesure où les milices Hutu ont immédiatement pris ce prétexte pour déclencher les massacres. Jusque là, il s’agissait encore d’affrontements rivaux entre communautés tribales.

Ce qui est beaucoup plus grave est l’apparition du rôle qu’aurait joué la France.

Vous vous souviendrez certainement de « l’opération turquoise » d’aide humanitaire, entreprise pour favoriser l’évacuation de la population civile fuyant les exactions. D’après Kagamé, elle aurait permis d’exfiltrer un grand nombre de responsables et d’auteurs des massacres.

Dans ce cas, même si les soldats français n’ont pas « directement participé » comme Paul Kagamé le prétend, au génocide de 1994, il n’en reste pas moins qu’ils se retrouvent - ni plus, ni moins - dans la position des soldats israéliens autour des camps de Sabra et Chatila. Avec toutefois un nombre de victimes multiplié par mille !

Le gouvernement israélien avait - comme il se doit - ordonné une commission d’enquête à l’issue de laquelle Ariel Sharon - Ministre de la Défense de l’époque - avait vu sa responsabilité indirecte mise en cause et avait démissionné de ses fonctions. Bien que n’ayant pas participé aux massacres, pas plus qu’il ne les avait ordonnés, il n’avait pas suffisamment anticipé les réactions des milices phalangistes d’Elie Hobeika et Samir Geagea qui se sont livrés à des exactions sauvages, tuant à l’arme blanche tout ce qui bougeait à l’intérieur des camps.

La France, qui se réclame d’une image qui se veut conforme aux Droits de l’Homme, en appelle volontiers à l’aide humanitaire et au Droit International, serait-elle prête à se pencher sur la révélation des événements qui ont ensanglanté le Rwanda et à ouvrir une commission d’enquête ?

Interrogé hier à ce sujet, le porte-parole du Quai d’Orsay, Hervé LADSOUS, s’est contenté de répondre à la presse par un mépris souverain, en déclarant notamment que « Paris ne souhaite pas répondre à ces accusations. Nous n’avons pas de réaction ». Très commode…

À l’heure où Paris demande - justement - la traduction devant la Cour Pénale Internationale des responsables de meurtres de masse et de leurs complices, l’application du Droit International souffrirait-il d’exceptions ?

À l’heure où la France se félicite d’avoir déposé un Président « démocratiquement élu » en Haïti, sans l’aval du Conseil de Sécurité, tout en s’élevant contre l’intervention américaine en Irak, qualifiée de « faute »,

À l’heure où les extrémistes islamistes ont amené le parti socialiste ouvrier au pouvoir en Espagne, et menacent à présent la France,

À l’heure où un Président « démocratiquement élu » à Ramallah, évacué sous la protection des troupes françaises en 1982 et soutenu obstinément par la France, refuse les demandes de son Cabinet pour agir contre les milices armées :

Comment définir la politique étrangère de la France ?

M. de Villepin nous donne la réponse : c’est une grande victoire de la pertinence ...

En d’autres termes, une voiture-balai, qui écarte avec morgue tout ce qui se mettrait en travers de la route d’une Europe « à la française ». L’Espagne ne représente plus dorénavant d’obstacle à la Constitution européenne souhaitée par la France.

Subsiste la Pologne, contre laquelle s’était emporté notre Président, fustigeant son indépendance de vue en la qualifiant « d’allégeance » aux Etats-Unis. Les limites de la liberté de penser en Europe seraient-elles celles de la France ?


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