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La critique est aisée, mais l’art est difficile

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

lundi 29 décembre 2008
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Telle est l’impression que l’on retire à la lecture de la presse française et notamment à la lecture du quotidien Le Monde, daté du 30 décembre.
Déjà dans son éditorial du numéro du 26 décembre, soit la veille du déclenchement de l’opération « plomb durci », le quotidien du soir condamnait, à l’avance, une « réponse militaire ».Tout en laissant à d’autres, tel Albert Capino le soin de critiquer ce texte intitulé « Gaza, angle mort », nous retiendrons que l’équipe de direction du journal n’a pas hésité à considérer que les tirs de roquettes palestiniens entrent dans la « catégorie des crimes de guerre » (tout en éprouvant le besoin de préciser qu’ « ils ne sauraient être comparés à ceux du Hezbollah pendant l’été 2006 »)

Dans le numéro daté du 30 décembre donc, les événements de Gaza sont évoqués directement ou indirectement dans 9 articles, disséminés dans 5 pages (sur les 21 pages de textes du numéro), dont, évidemment, « à la une », ce qui représente près de 3 pages de texte.

Précisément le titre de la première page résume bien la difficile situation dans laquelle se trouve Israël : « Que peut vraiment Israël face aux islamistes du Hamas ? ».

Et fidèle à sa position, l’équipe éditoriale considère que l’ « histoire se répète à Gaza », qui connaît « un bain de sang inutile », tout en réaffirmant que les tirs de roquettes « visant des zones civiles, constituent autant de crimes de guerre » (mais pourquoi tempérer la portée de cette remarque en signalant que « le nombre de victimes reste limité rapporté au nombre des projectiles tirés depuis 2001 » ?).

Quant à l’ineffable correspondant du journal à Jérusalem, Michel Bôle-Richard, il croit devoir, lui, considérer que « toute l’infrastructure militaire et politique – voire religieuse (souligné par nous) a été la cible de l’aviation israélienne. Il n’est pas venu à la connaissance de cette âme naïve que les lieux de culte servent, souvent, de refuge aux terroristes (v. l’envahissement de l’église de la Nativité, à Bethléem, en 2002).

La carte publiée en appui de son reportage signale également le bombardement de l’Université islamique, mais les lecteurs du journal, qui ne lisent ni le Jérusalem Post , ni la Newsletter du CRIF ne sauront pas que cet établissement servait de centre de recherche et développement pour explosifs, sous les auspices de professeurs de l’Université. Il s’est avéré, également, que les locaux de l’Université servaient pour des dépôts de roquettes et d’explosifs…..

Pour notre part, au risque de nous répéter, voire de « prêcher dans le désert », nous nous étonnons que le journal, sous la plume d’un journaliste anonyme, se borne à évoquer le fait que le Hamas mettrait en cause le président Moubarak pour s’être entretenu deux jours avant le début des hostilités avec Tsipi Livni.

Ce n’est pas de complicité avec Israël que nous accuserions le président égyptien, mais plutôt de complicité avec le Hamas.

Car, dans son analyse des « trois fronts » (Hamas, Hezbollah et Iran) auxquels est confrontée l’armée israélienne, Laurent Zecchini, du service international, remarque, incidemment, que « le Hamas a profité du contrôle élastique pratiqué par les quelques 2 000 soldats égyptiens stationnés à la frontière, pour multiplier les tunnels lui permettant de briser en partie le blocus israélien et de se ravitailler en vivres et en munitions ». Et d’évoquer « le peu d’empressement du Caire à participer à l’étau israélien ».

Pour nous, le fait que Moubarak soit affaibli et soumis à la surenchère des Frères musulmans ne nous paraît pas justifier le souci « de ne pas envenimer ses relations avec le Hamas ».

Par ailleurs, et surtout, alors que Le Monde et, généralement, les autres médias rendent responsables Israël de la situation économique et sociale dans laquelle se trouve la population du territoire, personne ne songe à s’interroger sur l’isolement de la Bande de Gaza, par rapport à l’Egypte. On n’entend guère parler du « mur » qui a été érigé à certains endroits de la frontière, d’où le recours aux tunnels.

En tant qu’Etat souverain entretenant des relations pacifiques avec Israël, l’Egypte devrait veiller à ce qu’il n’y ait pas de contrebande d’armes, à partir de son territoire et d’autre part, la solidarité avec leurs frères palestiniens devraient conduire les autorités égyptiennes à aider économiquement la population du territoire.

Une amélioration de la situation économique et sociale grâce à l’aide de l’Egypte serait de nature à distendre les liens que la population entretient avec le Hamas, duquel elle dépend entièrement, alors que ses besoins ne constituent pas sa préoccupation majeure.

On serait presque tenté de dire – et les événements en sont la preuve – que le Hamas tire parti de la misère de la population pour mieux la dresser contre le voisin israélien.

On reproche toujours aux Israéliens de ne pas aider, voire accueillir, en tant que travailleurs, les Palestiniens sur leur territoire, alors que l’Egypte, géographiquement est aussi proche qu’Israël et encore plus proche sur le plan de la culture et de la civilisation.

Pour terminer, plus que la démesure d’un porte-parole du Hamas qui a accusé Israël de commettre « un holocauste », nous voudrions dénoncer l’indécence du propos tenu par le premier ministre turc qualifiant l’opération israélienne de « crime contre l’humanité ».

Si Israël n’a pas d’autre moyen de discuter avec l’ennemi syrien que de passer par l’intermédiaire de la Turquie, on comprend mieux pourquoi cette entremise n’est guère productive.

D’aucuns nous accuseront, sans doute, de naïveté pour ne pas avoir compris que Recep Erdogan essaye ainsi de se faire pardonner d’avoir reçu une semaine auparavant Ehoud Olmert.

Mais si des « amis » éprouvent le besoin de vilipender, ainsi, publiquement, Israël, cela ne contribue pas à lui donner une bonne image de marque.

Quand sont-ils crédibles ?


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