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Elections en Israël : le retour du pendule à l’heure

Par Simon Frajdenrajch, analyste

dimanche 21 décembre 2008
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Ainsi, en février prochain, les Israéliens vont retourner aux urnes pour des élections législatives anticipées, et le Likoud conduit par Benjamin Netanyahou, est le favori des sondages, alors que le parti Kadima, conduit par Tzipi Livni, s’étiole, et que le Parti travailliste, conduit par Ehud Barak et déchiré par des querelles internes, se réduit comme peau de chagrin : serait-ce une spécialité des Socialistes dans la déroute ?

Israël a vécu ces quatre dernières années une période de désastres politiques : depuis l’évacuation de la bande de Gaza et du Nord de la Samarie, depuis que le général Ariel Sharon, dur parmi les durs, s’était cru contraint de céder sous la ‘pression internationale’, mais surtout sous la pression de la classe politico-médiatique de Gauche israélienne, qui le tenait par la barbichette pour les malversations financières dont il s’était rendu coupable avec ses fils dans le cadre du rachat d’un ilot grec destiné à réaliser un projet hôtelier.

La cession de Gaza aux « Palestiniens » a été d’emblée un désastre politique annoncé, et il n’était pas nécessaire d’être grand visionnaire pour anticiper ce que la direction palestinienne allait en faire : un foyer terroriste ‘palestinien », incapable de générer autre chose que des islamikazes, des attentats suicides, le perfectionnement du lancement aveugle de rockets, et la mendicité internationale - pour payer une ‘fonction publique’ pléthorique, inutile, mais aussi vorace que des coucous dans le nid d’autres oiseaux – qu’ils soient étiquetés du Fatah officiel, ou du Hamas, ou du jihad islamique, ‘fraction’ qui n’existait pas encore à l’époque.

La créativité ‘palestinienne’ est fertile en matière de dénomination de nouvelles organisations islamistes : hélas, là s’arrête sa recherche de la paix avec les Israéliens.

L’équipe de pieds nickelés conduite par Ehud Olmert pendant trois ans est la plus désastreuse qu’Israël ait jamais eue à sa tête : en dehors de succès économiques qu’on ne saurait lui attribuer, puisque même un âne laissant les patrons israéliens mener leurs affaires aurait fait aussi bien qu’Olmert.

La densité de la matière grise en Israël, l’une des premières si ce n’est la première au monde, les pôles d’excellences technologiques qui s’appuient sur la coopération des Universités, du secteur privé, et de l’Armée dans tous les domaines technologiques de pointe, sans oublier une agriculture extraordinairement inventive et exportatrice de son savoir-faire pour, n’ayons pas peur des mots, le bien de l’humanité entière, tout cela a contribué à la prospérité d’Israël.

Mais la cession de Gaza et du Nord de la Samarie a été l’un des plus grands désastres stratégiques de l’histoire du jeune Etat d’Israël. Les chefs Palestiniens de toutes obédiences étaient et restent décidés à continuer d’imposer leurs conditions léonines par une guerre propagandiste internationale d’usure, alors que sur le terrain, ils sont dans un état de faiblesse insigne : on en est parvenu à cette situation absurde où c’est le puissant qui court après le faible pour le supplier de bien vouloir négocier, parce que la soi-disant « communauté internationale » fronce le front.

Mais qui est la « communauté internationale » ? Le jour où, ce qu’à D.ieu ne plaise, et cela était tout prêt d’arriver en octobre 1973, les Israéliens perdraient la maîtrise militaire du terrain, la « communauté internationale » verserait des larmes de crocodile, en déplorant les exactions, et en appelant les « parties à la retenue ». Hélas, trop tard pour les victimes israéliennes, et éventuellement pour la pérennité de l’Etat d’Israël.

Car c’est bien de cela que l’on parle aujourd’hui : les « post-sionistes » israéliens, appartenant le plus souvent à la classe dirigeante économique, détentrice aussi du pouvoir sur les médias, a perdu le souffle du sionisme des origines.

Ces « Bobos de Tel Aviv », le plus souvent titulaires d’une double nationalité israélienne et américaine, ou israélienne et européenne - puisque ceux issus d’une famille européenne ont pu demander à garder lé bénéfice de cette nationalité d’origine – ne perçoivent pas, comme la majorité des Israéliens des classes pauvres, modestes, ou moyennes, la nécessité absolue de préserver une patrie pour le Peuple juif.

Les enfants de ces ‘Bobos’ se débrouillent pour échapper à leurs obligations militaires – demandez à Olmert où étaient ses enfants pendant qu’il envoyait ceux des autres et les réservistes se faire tuer pendant la Deuxième Guerre du Liban – et perdent l’une des valeurs fondatrices du Sionisme : la défense de la patrie des Juifs si besoin au prix de sa vie.
Puisqu’ils disposent d’une solution de repli en Occident...

C’est pourquoi nombre de ces ‘Bobos’ se répandent dans les Universités, y compris en Europe et aux USA, pour expliquer combien les ‘Sionistes’ sont d’horribles colonialistes rétrogrades, qu’il faut partager Israël en un Etat binational non confessionnel entre Israéliens et Palestiniens, et que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes laïques.

Sauf que les Islamistes du Hamas ne voient évidemment pas les choses de cette manière, et qu’en matière de partage du pouvoir, les « modérés du Fatah » ont toujours démontré qu’ils ont une préférence marquée pour leurs frères arabes et musulmans, même si ceux-ci se sont comportés comme d’horribles assassins tortionnaires à leur égard, pour s’emparer du pouvoir à Gaza, avant de reprendre les armes contre leurs frères arabes ‘palestiniens’ en Judée et en Samarie – improprement appelées Cisjordanie – quand l’occasion se présentera.

Les trois années de la direction d’Israël par l’équipe Olmert-Livni-Barak ont été les plus désastreuses sur le triple plan militaire, diplomatique et politique ; telles qu’on n’en avait pas connues depuis la guerre de Kippour en octobre 1973, à la différence près que les chefs travaillistes de l’époque, Golda Méïr et le légendaire général Moshe Dayan, acceptèrent leurs responsabilités pour les conséquences dramatiques de cette guerre (3000 morts), et démissionnèrent pour laisser place au gouvernement Begin, chef de la droite dure israélienne.

L’équipe au pouvoir en Israël depuis mars 2005, conduite dans les fourgons du parti centriste ‘Kadima’, créé de toutes pièces par le prestigieux général ‘Arik’ Sharon, encore auréolé de son succès à l’ONU pour avoir concédé Gaza, est venue au pouvoir à la suite d’une imposture, celle de Sharon qui reniait ses engagements à l’égard de son électorat de ne pas céder un pouce d’Israël, et cette équipe de pieds nickelés a conduit le pays dans une imposture permanente.

Olmert est le type même de personnage falot, dénué de tout charisme, qui n’aurait jamais pu être élu au poste de Premier Ministre, s’il n’avait bénéficié du chausse-pied d’Ariel Sharon pour entrer dans des chaussures bien trop grandes pour lui. Placé en charge du pays, il ne tarda pas à faire de très graves erreurs.

La Deuxième Guerre du Liban, même si elle se justifiait stratégiquement vis-à-vis des défis du Hezbollah, fut engagée de façon précipitée, sans réflexion même tactique, menée par un ministre de la Guerre – Amir Peretz – qui avait pour tout mérite d’avoir exigé ce poste prestigieux pour avoir dirigé le Parti Travailliste et le syndicat Histadrout, ce qui est un peu court comme Ecole de Guerre.

Le chef d’Etat Major Général de Tsahal à l’époque, venu de l’aviation, une première pour Tsahal à l’époque, se précipita pour vendre son portefeuille d’actions le jour de l’entrée en guerre, ce qui témoigne assez de la confiance qu’il avait en lui-même comme chef des armées.

Bref, cette deuxième Guerre du Liban fut un désastre militaire, diplomatique et politique, que l’équipe de pieds nickelés au pouvoir essaya de faire avaler comme une grande réussite : Tsipi Livni se félicita de la multiplication par dix des Forces d’interposition de la FINUL au Nord d’Israël : non seulement elles avaient fait déjà la preuve de leur inefficacité par rapport à leur mission, mais encore de leur partialité en faveur du Hezbollah en renseignant celui-ci sur les mouvements de troupes israéliens.

Et puis on dérogeait au principe sacro-saint énoncé par David Ben Gourion dès les débuts de l’Etat d’Israël : en toutes circonstances, il est hors de question de confier la sécurité des frontières d’Israël à une tierce partie.

Ne voilà-t-il pas que l’on commence à parler d’une force d’interposition, arabe peut-être, entre Israël et Gaza d’une part, et Israël et la soi-disant « Cisjordanie », dont l’Arabie réclame la restitution pour que la paix et la reconnaissance puissent être concédées par les pays arabes à Israël : l’aéroport Ben Gourion, carotide et jugulaire d’Israël avec le monde extérieur, livré aux tirs de rockets des islamistes pour un bout de papier signé dans un palais ???

Ehud Olmert, loin de reconnaître ses erreurs dramatiques, joua de toutes les ficelles politiciennes dont il est un pratiquant retors, pour se prolonger au pouvoir, malgré les conclusions d’étapes sévères de la commission Winograd, malgré ses conclusions définitives mettant en cause sa légèreté et son immaturité politique en matière de prise de décisions, malgré enfin les nombreuses casseroles judiciaires accrochées à ses basques : recueil de fonds de campagne utilisés à son profit, utilisation frauduleuse de dons à des ONG pour inviter à grands frais des membres de sa famille dans des voyages privés.

Bref, cet homme politique plus que médiocre, a retenu de ses études d’avocat le fameux principe de Mardel : « N’avoue jamais ». Hélas pour lui, la police israélienne a réuni à son encontre un tel faisceau de preuves de son implication dans tant de coups tordus et de corruption, qu’il ne pourra pas échapper à la justice.

Pour y échapper, cet homme sans scrupules et sans principes essaie de « tomber à Gauche », en promettant la cession du plateau du Golan à un président syrien totalement démonétisé, qu’il a fait remonter sur la scène internationale, sans rien obtenir en échange. En cédant Jérusalem et la Judée aux Palestiniens ; en faisant bastonner les jeunes Israéliens défendant Amona et Hébron, ville juive s’il en fut, car il sait qu’en Occident, on pardonne beaucoup aux angelots de Gauche.

Voyez Jimmy Carter aux USA, ce fut le président américain le plus désastreux du 20ème siècle. Les médias l’adorent parce qu’il se répand en fulminations contre Israël, en ayant conquis un prix Nobel de la Paix aussi mérité que celui recueilli par Yasser Arafat.

Ne parlons pas de Jacques Chirac qui passerait quelques années en prison si la France était un pays qui se respecte, et qui se donne des airs de respectabilité avec sa fondation pour la diversité. Plus que beaucoup d’autres, cet homme a contribué à l’abaissement de la France dans monde.

Mais revenons à notre sujet : le retour du pendule à l’heure.

Benjamin Netanyhou est donc le candidat favori des Israéliens, et le jeu politique israélien devra le conduire à composer un gouvernement à large spectre, où la Droite sera dominante, mais en faisant place à des personnages de tout le spectre, et à des experts de la société civile.

Si je devais avancer un pronostic pour quelques postes clés, je proposerais :

Moshe ‘Boogie’ Yaalon à la Défense : homme de Gauche, kibbutznik, ancien chef d’Etat Major Général de Tsahal, qui sut mater l’intifada n°2 avant d’être renvoyé comme un malpropre par Sharon et Shaul Mofaz pour s’être opposé à l’évacuation de Gaza.

Natan Sharanski, ancien ministre de Jérusalem et de la Diaspora, que Sharon ne prenait pas au sérieux, mais très écouté par le Président George W. Bush : c’est un homme d’expérience et de grande probité, qui après avoir démissionné de la Knesset, a fondé un ‘think tank’ stratégique à Jérusalem. D’une grande sensibilité, mais aussi d’une grande fermeté pour la sécurité du Peuple juif, ce serait un excellent ministre des affaires étrangères

Le gouverneur de la banque d’Israël, Stanley Fisher, d’origine américaine, qualifié de ‘Maestro des taux’ en ayant modifié 11 fois le taux d’intérêt de la Banque d’Israël en un an pour faire face aux aléas de l’économie mondiale, ferait un parfait ministre des finances.

Le Pr. Israël Robert Auman, prix Nobel de Chimie, classé à Droite, ferait un excellent ministre de la recherche et de l’enseignement supérieur.

Le parti religieux Shass est classé plutôt à Droite, tout en représentant les Juifs orientaux souvent modestes. Intransigeant sur le statut indivisible de Jérusalem, et favorable à une politique familiale plus généreuse, il est placé sous l’autorité de l’ancien grand rabbin Ovadia Yossef, et dirigé par Elie Ishaï : celui-ci devrait se voir confier le ministère de l’intérieur.

Enfin, une jeune femme de grande qualité, d’origine américaine, journaliste et quasi-prophétesse tant ses analyses hebdomadaires font preuve de lucidité, pourrait entrer dans un gouvernement piloté par « Bibi » qu’elle soutient depuis des années : le ministère de l’éducation nationale, si important pour l’avenir du pays, pourrait lui être confié.

L’équipe qui viendra au pouvoir devra s’atteler à une mission urgente : neutraliser le nucléaire iranien, tout en contenant le Hezbollah au Nord immédiat, et le Hamas sur le flanc Sud.

Ils n’auront pas de temps à perdre, ni le loisir de se répandre en conférences internationales oiseuses et chronophages.


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