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De l’exportation du terrorisme à l’exportation de la répression

Par Caroll Azoulay pour Guysen International News

mardi 9 décembre 2008
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Intitulé ‘de l’exportation du terrorisme à l’exportation de la répression’, le rapport, au titre plus qu’évocateur, publié par l’Institut du Caire pour les études sur les droits de l’Homme, dresse un portrait désastreux de la situation dans ce domaine. Publié à l’occasion de la commémoration du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, le document fait en effet le bilan du respect des droits de l’Homme dans 12 pays arabes. Et les charges sont plutôt accablantes… Détails.

« Alors que les islamistes sont moins fréquemment visés, la répression s’intensifie envers les réformistes, les défenseurs des droits de l’Homme et les activistes, la presse indépendante, les médias électroniques, les leaders des mouvements protestataires et d’autre formes d’actions politiques dans les pays arabes » indique en préambule de son rapport, l’Institut du Caire pour l’Etude des Droits de l’Homme (ICEDH).

Détail alarmant, ce mouvement s’accompagnerait de sérieuses tentatives « d’exporter une répression locale croissante en dehors de la région arabe à travers les mécanismes internationaux de l’ONU et de l’Initiative de Partenariat Euro-méditerranéen ».

Les ONG se situeraient dans l’œil de mire des gouvernements arabes qui tentent de les faire taire ou de « les effacer complètement du champ de vision public, tout en sapant simultanément les Mécanismes Internationaux des Droits de l’Homme (MIDH) de leur capacité à promouvoir les droits de l’Homme et d’assurer la protection des victimes des violations de ces droits ».

L’institut du Caire pour l’Etude des Droits de l’Homme est une organisation non gouvernementale indépendante fondée en 1994.
Son but est de fournir des éléments d’analyse relatifs à l’application des standards du droit international, aux Droits de l’Homme et au processus démocratique en Egypte, et dans le monde arabe.
Cet institut jouit du statut consultatif pour la Commission Economique et Sociale des Nations Unies, et d’observateur au sein de la Commission Africaine des droits de l’Homme.

L’ICEDH qui ausculté l’Egypte, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, l’Arabie Saoudite, le Bahrain, la Syrie, l’Irak, l’Autorité palestinienne , le Soudan, le Liban et le Yémen pour les besoins de son étude, relève qu’en 2008, la Ligue des Pays Arabes s’est montrée plus encline « aux tendances autoritaristes que jamais ».

« Elle s’est rangée aux côtés des organisateurs du coup d’Etat militaire en Mauritanie, réduisant à néant le droit des habitants du pays à choisir démocratiquement leur dirigeant.
La Ligue des Pays Arabes a également soutenu le régime soudanais, alors que ce dernier a cherché à rejeter la responsabilité des massacres ayant lieu au Darfour, en empêchant les représentants soudanais de comparaître devant le Tribunal Pénal International.

Enfin, la Ligue Arabe est aussi devenue une plate-forme depuis laquelle on peut s’en prendre à la liberté d’expression, particulièrement à travers les médias électroniques et satellites ».

Le rapport indique par ailleurs que le « peuple palestinien a été la cible de graves violations, menées dans l’ombre de la poursuite des pratiques criminelles des forces israéliennes d’occupation et du sanglant conflit interne entre le Hamas et le Fatah ».

Fait intéressant, le rapport fait remarquer que « pour la première fois, le nombre de Palestiniens tués à la suite de luttes internes a dépassé le nombre de tués à la suite des attaques israéliennes ».

« Le Fatah et le Hamas se sont également surpassés dans leurs mauvais traitements infligés aux prisonniers du camp adverse, s’engageant ainsi dans les pires formes de pratiques abusives », déplore le document.

Passant au crible les disfonctionnement observés en Irak, au Yemen, au Soudan et au Liban, l’ICEDH note plus généralement « l’augmentation des tensions ethnique, religieuse et sectaire dans plusieurs pays, notamment à la lumière de la discrimination systématique contre les chiites à Bahreïn et en Arabie saoudite, et des confrontations avec les Kurdes en Syrie ».

Il signale également l’augmentation des tensions sectaires en Égypte dues au « fanatisme religieux de plus en plus favorisée par un climat dans lequel la religion est exploitée politiquement par le gouvernement et par des groupes islamistes ».

Dans le même temps, « le gouvernement refuse de traiter des problèmes de longue date qui sont à l’origine de l’intensification de la discrimination à l’égard des Coptes et d’autres groupes ». Le rapport note enfin que les libertés religieuses sont de plus en plus soumises à des mesures de répression en Egypte, Arabie saoudite et en Algérie.

D’une façon globale, le rapport souligne un « manque général d’indépendance et de garanties de la justice dans les systèmes judiciaires dans l’ensemble de la région, ainsi que la multitude de tribunaux d’exception ».

« Défenseurs de la démocratie, et des droits humains, minorités, blogueurs et journalistes ont tous fait l’objet de procès inéquitables dans la plupart des pays examinés par le rapport ». Plus grave encore, l’Institut du Caire conclut que « les responsables d’actes de torture et de graves violences policières ne sont généralement pas soumis à aucune forme de responsabilité judiciaire et la répression ».

L’analyse politique régionale de la situation n’est pas plus optimiste.

« Le chemin vers une alternance pacifique et démocratique ainsi qu’un changement de pouvoir et de gouvernance dans les pays arabes est presque impossible à moins que des changements réels se produisent » indique le rapport qui doute que « des élections libres puissent être organisées dans les pays qui souffrent de crises politiques chroniques ».
Parmi les pays visés, le Liban, le Soudan ou l’Irak.

Les pays dits ‘modérés’ ne bénéficient pas de traitement de la part des auteurs du rapport qui dénoncent la modification de la Constitution par les autorités algériennes « pour permettre au Président de briguer un troisième mandat », ou encore le régime tunisien qui « continue de manipuler la Constitution pour maintenir certaines figures politiques hors de la course présidentielle » faisant ainsi ressembler les élections présidentielles tunisiennes « à un référendum plutôt qu’à une véritable élection, comme en Algérie ou en Egypte ».

En conclusion, déduit le rapport, « la majorité des régimes arabes au pouvoir perdent peu à peu leur légitimité politique en raison de leur profonde incapacité à résoudre les problèmes liés au développement et à faire progresser les sociétés arabes ainsi que pour leur refus de fonder leur légitimité sur le libre choix démocratique.

En fait, ils cherchent à réparer leur légitimité en lambeaux par une alliance avec les Salafistes (mouvement sunnite revendiquant un retour à l’islam des origines) ce qui ne fait que renforcer l’extrémisme religieux et augure la poursuite de l’érosion des droits de l’homme ».

Des accusations accablantes qui devrait susciter la colère des pays arabes à l’encontre de cet organisme dédié au Droit de l’Homme dans un région qui semble en avoir oublier les principes fondamentaux...


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