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Du Caucase au Moyen Orient

Par Guy Senbel pour Guysen International News

vendredi 29 août 2008
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Cette semaine, nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur l’exacerbation des tensions entre l’Occident et la Russie. Depuis la guerre éclair déclenchée contre la Géorgie par la Russie, et la reconnaissance par le Kremlin de l’indépendance des provinces d’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, les condamnations et les risques d’une rupture diplomatique se multiplient.

Les tensions russo-occidentales ne sont pas sans conséquences sur l’avenir politique du Moyen Orient où la question des pourparlers de paix n’est plus à l’ordre du jour, effacée par les craintes justifiées d’une généralisation du conflit armé dans le Caucase.

Rappelons d’abord son principal enjeu, et quelques vérités. La guerre déclenchée par la Russie en Géorgie a pour objectif de décourager un certain nombre de pays membres de l’ex Union soviétique tentés de rejoindre l’Otan. D’ailleurs les Ukrainiens, qui souhaitent adhérer à l’organisation atlantiste, ont compris qu’ils constituaient aussi un frein à la volonté d’hégémonie des Russes. Ils ont apporté leur soutien aux Géorgiens, et imposent désormais des restrictions aux mouvements de flotte russe en Mer Noire. Le chef de la diplomatie ukrainienne a averti que les Russes devraient se préparer dès maintenant au retrait des dix mille hommes qui composent sa flotte dans le port ukrainien de Sébastopol. L’Europe craint que Moscou prenne Kiev pour nouvelle cible, et qu’elle parachève son tour de force face à une Europe majoritairement atlantiste, en attaquant l’Ukraine.

La Russie ne renoncera pas à contrôler le Caucase, et ne se privera pas d’un accès, via le Bosphore, à la Méditerranée. Certes, Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev attisent un nationalisme dangereux et pensent sans doute incarner une certaine « âme russe », mais l’enjeu géopolitique reste le même depuis la guerre expansionniste qu’avait menée le Tsar Nicolas 1er en 1854 : l’accès aux mers chaudes, pour mieux contrôler les frontières de l’Europe de l’Est, et celles du Moyen-Orient.

De ce point de vue, le rapprochement entre Moscou et Damas, et la récente rencontre entre le Président russe et son homologue iranien, montrent un intérêt relativement soudain de la diplomatie russe pour cette région du monde. Encouragée vivement par l’Union européenne et les Etats-Unis, la question de la paix au Moyen-Orient n’est pas une priorité de la politique étrangère du Kremlin, qui souhaite désormais montrer sa capacité à intervenir, à jouer un rôle.

Jeudi 28 août, la Russie a annoncé qu’elle userait plus fréquemment des ports syriens pour abriter sa flotte navale, manifestant ainsi l’intérêt d’accroitre sa présence militaire dans les eaux méditerranéennes. Au cours d’une visite de Bachar El Assad à Moscou la semaine dernière pour soutenir la Russie dans son offensive en Géorgie, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov avait annoncé que son pays continuerait de vendre des armes à la Syrie « tant que l’équilibre régional ne serait pas menacé », répondant aux inquiétudes exprimées par Israël. En réaction, les Etats-Unis ont annoncé qu’ils renonçaient à tout contact avec Damas tant que la Syrie ne jouerait pas un rôle positif dans la région...

Le Président russe Dimitri Medvedev a demandé au Président iranien Ahmadinejad de poursuivre les négociations avec les pays occidentaux sur son programme nucléaire. C’est à l’initiative du Président russe que les deux hommes se sont rencontrés à la Conférence des pays asiatiques au Tadjikistan.
Dans son discours annuel prononcé devant le corps diplomatique français mercredi 27 septembre, le Président Sarkozy a réitéré sa formule choc, sa mise en garde contre « l’alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran », ajoutant que c’est aux côtés de la Russie, avec laquelle il faut « éviter toute confrontation stérile », que les Occidentaux traitent de ce problème.

Medvedev et Poutine savent que le Moyen Orient représente une région stratégique ; ils souhaitent voir la Russie y exercer désormais une influence concurrente à celle des Occidentaux depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. L’ombre du Caucase plane aussi sur le Proche Orient.

Ce soir, nous pensons à Guilad Shalit, otage du Hamas depuis 796 jours. Pour marquer le 22ème anniversaire du soldat franco-israélien, des centaines de personnes se sont réunies à Suffa mercredi 27 août, à l’endroit précis où Guilad Shalit avait été enlevé au mois de juin 2006. Parmi les participants, Miki Goldwasser, la mère endeuillée d’Ehoud Goldwasser, a reproché au gouvernement israélien de n’avoir pas tout mis en œuvre pour la libération du jeune caporal ; elle a aussi appelé les mères palestiniennes à rejoindre la lutte pour la libération de Guilad.


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