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Défis majeurs pour la nouvelle chef des droits de l’homme à l’ONU

Le Devoir (Canada) - Traduit de l’anglais par Ophélie Namiech, Legacy Heritage fellow à UN Watch.

mercredi 6 août 2008
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Hillel C. Neuer, Directeur général de UN Watch, organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme, située à Genève. Après sa nomination au poste de Haut Commissaire aux droits de l’homme à l’ONU, qui devrait être rendue officielle aujourd’hui, la juge sud-africaine Navanethem Pillay, qui remplacera la Canadienne Louise Arbour, devra immédiatement faire face à trois défis majeurs pour écarter les attaques, de plus en plus nombreuses, menées contre les libertés individuelles dans le monde

Dans un premier temps, Mme Pillay devra intégrer rapidement les différences qui existent entre une position de juge à la Cour pénale internationale de la Haye, où la délibération est le maître mot, et un poste de Haut Commissaire aux droits de l’homme, qui requiert un pouvoir de décision et d’influence sans égal. Mme Pillay ne devra pas hésiter à exposer les pires violations des droits de l’homme dans le monde, comme les massacres au Darfour, la brutalité de la junte militaire en Birmanie, les persécutions en Chine ou encore la destruction du Zimbabwe par Mugabe.

Tout en prenant soin de ne pas adopter le relativisme moral qui touche certains cercles onusiens à Genève, Mme Pillay ne devra pas hésiter non plus à révéler les abus commis par les démocraties occidentales, comme les violations à Abou Ghraïb.

Le rapport de UN Watch sur le bilan de Louise Arbour, la prédécesseure de Mme Pillay, qui vient d’être publié, montre que les déclarations prononcées par l’ancienne chef des droits de l’homme en 2007 et 2008 ont exposé les violations des droits de l’homme commises par 40 pays dans le monde, tels que l’Afghanistan, le Népal, l’Irak, les États-Unis ou encore le Soudan.

Néanmoins, le rapport montre également que Mme Arbour a passé outre à la situation des droits de l’homme dans 153 pays, et a ainsi tu les abus commis par Cuba, par exemple, ou encore par l’Arabie saoudite. De même, Mme Arbour a pris soin de ne pas froisser certains États très influents, comme la Chine, l’Égypte ou encore la Russie. Dans un entretien avec le Washington Post du 3 mars 2008, Mme Arbour a admis avoir été obligée d’agir avec prudence à l’égard de certains gouvernements, envers lesquels, a-t-elle indiqué, « la technique qui vise à nommer et humilier est un jeu de perdants ».

Mais le poste de Haut Commissaire n’autorise ni l’usage de la force ni celui du portefeuille. Il ne dispose même pas de prérogatives judiciaires qui permettraient d’imposer des décisions et de punir ceux qui commettent des violations.

Non, nommer et humilier reste le seul et unique pouvoir dont dispose le Haut Commissaire et doit être son seul recours. Une étude sur la « diplomatie silencieuse » des droits de l’homme des années 70, y compris la procédure secrète de l’ancienne Commission des droits de l’homme de plaintes individuelles, a montré que ceux qui commettent les pires abus, tels que l’Ougandais Idi Amin Dada ont toujours été les derniers à rire. Aujourd’hui, on s’aperçoit que la situation n’a guère évolué, comme nous le montre la délicate attention avec laquelle Arbour a traité le régime de Pékin.

Étant donné que Mme Pillay est originaire d’Afrique nous espérons qu’elle disposera d’une marge de manoeuvre politique suffisante qui lui permettra de s’engager dans les domaines que certains occidentaux n’osent pas aborder.

Deuxièmement, Mme Pillay devra contrer la tendance actuelle du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui se trouve aujourd’hui dans une dramatique spirale de régression. Elle devra également fermement résister aux récentes tentatives de certains membres du Conseil de contrôler le Bureau du Haut Commissaire.

Depuis sa création en 2006, le Conseil a éliminé les mandats des rapporteurs spéciaux sur les situations des droits de l’homme à Cuba, en Biélorussie et en République démocratique du Congo, où, au cours des années précédentes, quatre millions de civils sont morts. Les postes des quelques autres rapporteurs spéciaux restants qui examinent les situations des droits de l’homme dans des pays spécifiques sont sur la corde raide.

Lors de ses sessions de mars et de juin derniers, le Conseil, dominé par une majorité automatique formée par les États islamiques et leurs alliés, a imposé de nouvelles restrictions de la liberté d’expression pour satisfaire les sensibilités islamiques, altérant ainsi le mandat du rapporteur spécial sur la liberté d’expression — qui sanctionne désormais les « abus » de liberté d’expression — et limitant le droit de parole des ONG pendant les débats pléniers. Une autre résolution menace les experts du Conseil qui montreraient du doigt les pays commettant des violations des droits de l’homme.

Mme Pillay doit agir avec fermeté pour préserver le rôle vital dont disposent les experts de l’ONU et les organisations de défense des droits de l’homme au Conseil. Les régimes répressifs qui dominent cette instance onusienne harcèlent, de façon systématique, les ONG, en les interrompant de manière intempestive durant les débats pléniers. Dernièrement, l’Égypte semble avoir été désignée pour couper la parole aux ONG, un rôle qu’elle exécute avec ardeur.

Au lieu de s’attaquer aux violations des droits de l’homme de la Havane à Harare, le Conseil a consacré la plupart de son temps à critiquer violemment Israël, le seul État à avoir été condamné 19 fois, dans des résolutions qui justifiaient les attaques terroristes perpétuées par le Hamas et le Hezbollah.

À l’instar de son prédécesseur Kofi Annan, l’actuel Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a, à de nombreuses reprises, demandé que cesse cette obsession autodestructrice du Conseil. Arbour, néanmoins, a cherché à justifier les abus du Conseil. Mme Pillay devra surveiller les inclinations des 47 membres du Conseil, et en aucun cas tenter de les apaiser.

Enfin, Mme Pillay, qui est née à Durban, en Afrique du Sud, hérite également du poste discutable de Secrétaire général de la Conférence de suivi de Durban, un sommet qui donnera suite à la conférence mondiale contre le racisme de 2001 de Durban qui était apparue alors comme un forum raciste et antisémite.

La France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont publiquement menacé de se désengager de la conférence de 2009 à Genève si cette dernière était amenée à reproduire le fiasco de 2001. Le Canada a déjà annoncé qu’il n’y participerait pas. Les États-Unis et Israël, qui se sont retirés de la conférence de 2001, ont envoyé un avis similaire.

Les séances préparatoires — présidées par la Libye et dont la vice-présidence est détenue par l’Iran — ainsi que la dernière proposition de déclaration finale de Durban II, ont d’ores et déjà révélé des signes alarmants qui montrent que la conférence de 2009 semble emprunter le même chemin déplorable qu’en 2001.

Mme Pillay dispose d’une importante responsabilité et, espérons-le, de la crédibilité nécessaire pour garantir que les efforts internationaux de lutte contre le racisme ne soient pas de nouveau détournés par les forces de la haine.

La célèbre citation du poète et écrivain Irlandais Yeats : « les meilleurs manquent de conviction, tandis que les pires sont dotés d’une intense passion » reflète très bien ce qui attend Mme Pillay une fois à Genève.

Mais les victimes du monde entier ont toutes les raisons d’espérer que Navanethem Pillay, juge internationale, militante activiste et avocate anti-apartheid, sera dotée à la fois de conviction et d’une intense passion qui lui permettront de dévoiler la vérité au monde.


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