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Jérusalem capitale du peuple juif... dans un premier temps

Me Bertrand Ramas-Muhlbach | israelinfos.net

jeudi 12 juin 2008
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Ce mercredi 4 juin 2008, la Knesset a décidé d’amender la loi fondamentale du 30 juillet 1980 pour faire de Jérusalem, non seulement la capitale de l’Etat d’Israël, mais encore la capitale du peuple juif. Cette mesure, adoptée à une très large majorité de 58 voix contre 12, permet de sceller définitivement le lien entre le peuple juif et sa capitale éternelle tout en évitant de soumettre la Ville Sainte aux aléas des décisions politiques partisanes ou encore à des scrutins électoraux inadaptés.

Des critiques se sont naturellement élevées contre le vote de cet amendement (soumis par Sevulum Orlev du Mafdal). Ainsi, Avshalom Vilan (Meretz) le considère comme stupide car selon lui, Jérusalem a vocation à devenir également la capitale de l’Etat palestinien. De même, Mahmud Abbas a rejeté le lendemain (le 5 juin 2008) les propos tenus par Barack Obama selon lesquels Jérusalem doit rester la capitale unifiée d’Israël.

Plus précisément, le chef de l’Autorité Palestinienne a affirmé : ’’Tout le monde sait que la Jérusalem sainte a été conquise en 1967, et nous n’accepterons pas d’Etat sans Jérusalem pour capitale’’. En réalité, cette position du leader palestinien témoigne au mieux, d’une étrange méconnaissance du processus historique et au pire, de sa parfaite mauvaise foi. En effet, Jérusalem a été conquise en 1967 au détriment du Royaume Hachémite de Jordanie qui exerçait précédemment sa souveraineté sur l’ensemble de la Cisjordanie (dont faisait partie Jérusalem). En aucun cas, cette conquête n’a concerné les palestiniens qui n’ont jamais exercé la moindre souveraineté sur une quelconque partie de la capitale israélienne.

D’ailleurs, la conquête de Jérusalem l’a bien été en 1948 par la Légion Arabe de Jordanie et c’est encore la Jordanie qui l’a occupée entre 1948 et 1967. De même, ce sont les jordaniens qui ont détruit 58 synagogues de l’ancien quartier juif, profané l’ancien cimetière juif situé près du Mont des Oliviers (âgé de plus de 2500 ans), chassé les juifs de la vielle ville et leur ont interdit d’accéder au mur occidental (en violation avec les accords d’armistice de 1949). En aucun cas ces actes ne sont imputables aux palestiniens.

Or, depuis le 26 octobre 1994, la paix a été signée avec le Royaume Hachémite de Jordanie et ce, en dépit des multiples profanations par la Jordanie des hauts lieux saints du judaïsme dans la période antérieure à juin 1967. Dès lors, il n’appartient pas au chef de l’Autorité Palestinienne de contester les conditions de la paix israélo jordanienne d’autant plus que Mahmoud Abbas se présente comme étant l’un des rares responsables palestiniens à vouloir faire la paix avec Israël.

En réalité, les propos du leader palestinien dévoilent une fois encore toute l’ambiguïté du problème palestinien et la nécessité pour les palestiniens d’installer dans l’opinion internationale que Jérusalem et les terres de Cisjordanie leur appartenaient antérieurement alors que c’est historiquement faux. Plus gênant, cette présentation travestie des évènements est systématiquement exploitée par les ennemis d’Israël (y compris chez certains membres de la population juive installée en Israël) qui ont bien compris que le moyen de détruite l’Etat juif suppose au préalable la rétrocession de terres, afin de sous entendre l’illégitimité de la création d’Israël.

Les responsables palestiniens en ont d’ailleurs parfaitement conscience car pour eux, le mode de compréhension de l’univers procède de l’Islam (de même, c’est l’Islam qui constitue le programme du Mouvement de Résistance Islamique selon l’article 1er de la Charte du Hamas). Or en Islam, la terre n’appartient pas aux hommes et encore moins aux palestiniens : elle appartient à Dieu (« ce qui est dans les cieux et sur la terre appartient à Dieu » sourate 4, verset131, 132).

Néanmoins, pour susciter l’émotion internationale, il est préférable de soutenir que les palestiniens ont été dépossédés de leurs terres, tout comme le suggèrent les textes fondateurs de la société palestinienne (Charte de l’Olp ou du Hamas) qui structurent mentalement les palestiniens. Ce principe permet aux palestiniens de se considérer comme des résistants et de bénéficier d’une légitimité (artificielle) pour combattre les juifs installés en Palestine. Par ailleurs, l’emploi de la technique du martyr permet d’accélérer le processus compte tenu de ce que le premier pilier de l’Islam est la Shahâda, profession de foi du musulman, dont le mot est tiré de la racine shahid qui signifie témoin ou martyr.

Gageons que les autorités israéliennes évitent de tomber dans ce piège et acceptent de restituer la terre d’Israël au peuple juif. Ainsi, après avoir fait de Jérusalem la capitale du peuple juif, il sera possible de faire de la terre d’Israël le patrimoine éternel et inaliénable du peuple juif.

Dans ce cas, plus aucune décision politique ne sera susceptible d’en modifier l’assiette territoriale sans au préalable recueillir l’assentiment du peuple juif dans son entier.

Pour parvenir à cet objectif, il convient de régler une ambiguïté d’ordre exclusivement sémantique : l’hébreu moderne appréhende incorrectement le concept de « nationalité » en traduisant ce terme alternativement par Ezrahout ou par leoumaiout alors que ces mots ont un sens radicalement différent. Ezrahout vient de la racine ezrah (citoyen) et recouvre le sens de citoyenneté c’est-à-dire de ressortissant de la cité, alors que le mot leoumaiout correspond étymologiquement à la nationalité car il est tiré de la racine Ouma ou encore de leom (nation) qui donne également le mot leoumi (national). Notons que le mot « Ouma » en arabe désigne également la communauté des musulmans au delà de leur nationalité.

Or, cette confusion linguistique résulte des dispositions de la première loi fondamentale de l’Etat d’Israël du 5 juillet 1950 dite « loi du retour » qui reconnaît en chaque juif un citoyen potentiel de l’Etat de d’Israël pouvant acquérir la citoyenneté en qualité d’immigrant (principe conforme à la tradition juive qui veut que chaque juif ait droit à une part de la terre d’Israël : Otsar ha geonim). Or, L’Etat d’Israël n’a jamais su gérer la contradiction issue des principes démocratiques et choisir entre l’application du droit du sol (qui confère des droits identiques aux ressortissants locaux) et l’application du droit du sang (où certaines prérogatives sont réservées aux membres de la nation concernée).

En Israël, pour surmonter cette difficulté, il suffit de réserver la citoyenneté israélienne à tous les ressortissants de l’Etat d’Israël en situation régulière quelqu’en soit l’origine, et la nationalité israélienne aux seuls membres de la nation juive (qui le souhaitent) y compris en diaspora.

Alors, chaque juif (qui le désire) se verra accorder le bénéfice d’une part de la terre d’Israël en qualité d’enfant d’Israël et les décisions concernant la terre d’Israël seront de la compétence exclusive des membres du peuple juif, sauf à envisager son inaliénabilité pour les générations à venir.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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