Ou comment, sous couvertd'humanisme et de morale, laisser le champ libre au Hezbollah, faisant ainsi fide la sŽcuritŽ d'Isra‘l. 

 

La France et les Etats-UnisŽtaient d'accord sur un projet de rŽsolution ˆ prŽsenter au Conseil de SŽcuritŽdes Nations unies. Qui, dans les grandes lignes Žtait ŽquilibrŽ et logique et,si votŽ, mme quelque peu amendŽ dans des limites raisonnables, aurait ŽvitŽ unretour au statut quo ante.Il prŽvoyait la mise en place d'une force multinationale effective au SudLiban. Projet qui devait tre discutŽ.

 

Or, la France, par la voix deson PrŽsident vient de revoir sa position. Et Jacques Chirac, exigeant uncessez-le-feu immŽdiat, dont on se demande d'ailleurs comment il pense pouvoiren assurer la mise en place, taxe quiconque ne s'alignerait pas sur sespositions Ç d'immoralitŽ È, citant nommŽment Ç les Etats-Unis etd'autres. È

La faon dont il avaitprononcŽ ce dernier mot lors de sa confŽrence de presse laissaitrveur...D'autres ? Sans doute voulait-il dire Ç Isra‘l, È le Hezbollah,qui doit se frotter les mains en coulisses, ayant, quant ˆ lui, acceptŽ lesnouvelles  propositions franaisesqui sont tout ˆ son avantage.

 

Voici le texte officieldes dŽclarations prŽsidentielles, commentŽes en rouge. Certains points danscette dŽclaration, ont ŽtŽ soulignŽs par nos soins.

 

HŽlne Keller-Lind

 

Point de presse de M.Jacques CHIRAC, PrŽsident de la RŽpublique ˆ l'issue de la rŽunion sur lasituation au Liban.

Toulon (Var) - Mercredi 9aožt 2006.

 

J'ai souhaitŽ faire le pointaujourd'hui avec le Premier ministre et les ministres de la DŽfense et desAffaires Žtrangres sur la situation au Liban et dans le nord d'Isra‘l. HŽlas,depuis plusieurs semaines, on assiste, dans cette rŽgion, ˆ un encha”nementdramatique de deuils, de souffrances et de destructions innombrables. Chaquejour apporte de nouvelles horreurs et renforce le sentiment d'incomprŽhensionet de dŽsarroi dans les populations.

 

Au Liban, les infrastructuresde base sont quasiment totalement dŽtruites– quelque peu exagŽrŽ ˆ en croire les reportagesdiffusŽs sur les cha”nes de tŽlŽvision. De plus le ministre de la DŽfenseisraŽlien vient justement de s'opposer ˆ ce que des infrastructuresessentielles, qui n'ont donc pas ŽtŽ dŽtruites, soient prises pour cible- et un million de personnes dŽplacŽes ont tout perdu. En Isra‘l, la populationsubit les tirs de milliers de roquettes -etmissiles plus destructeurs encore - lancŽes par le Hezbollah. Rien n'est dit des centaines de milliers d'IsraŽliens qui ontdž fuir le nord du pays  et qui ontaussi tout perdu.

 

Face ˆ cette crise qui menacel'Žquilibre de toute une rŽgion, la France s'est aussit™t mobilisŽe. Avec deuxprioritŽs :

 

-      d'abord, bien sžr,venir au secours des populations ŽprouvŽeslaFrance n'est venue au secours que des seules populations libanaises - etpermettre ˆ nos compatriotes du Liban qui le souhaitaient de rentrer en France.C'est ce que nous avons fait en mettant en place des liaisons maritimes etaŽriennes qui ont permis ˆ plus de 10.000 Franaises et Franais de regagnernotre pays et qui ont profitŽ aussi ˆ bon nombre de Libanais qui voulaientquitter le Liban. Ce dispositif est d'ailleurs encore en place aujourd'hui etrestera en place. C'est ce que nous avons Žgalement fait en mobilisant une aidehumanitaire importante. Aide humanitaire pour leLiban. Et pourquoi pas une aide humanitaire pour Isra‘l dont les populationsciviles sont visŽes dŽlibŽrŽment par le Hezbollah, alors qu'Isra‘l cherche ˆfrapper exclusivement des cibles militaires au Liban et ne peut tre tenu pourresponsable si le Hezbollah se sert des civils libanais comme boucliershumains  ?

 

-Paralllement, nous avonsdŽployŽ tous nos efforts pour parvenir ˆ un cessez-le-feu et ˆ un rglementdurable de cette dramatique crise. Comme la France l'a affirmŽ ds le dŽbut, onne rŽsoudra rien par la force ; toute solution doit passer par un accordpolitique. Comment a pu se terminer la secondeGuerre Mondiale ? Y a-t-il eu accord politique prŽalable ?

 

C'est pourquoi j'ai demandŽd'abord au Premier ministre et puis au ministre des Affaires Žtrangres, quis'est rendu ˆ trois reprises dans la rŽgion, d'Žcouter nos partenaires et deprŽsenter nos propositions. La France s'est mobilisŽe au Conseil de sŽcuritŽpour que la communautŽ internationale trouve un rglement ˆ cette crise sousl'Žgide des Nations unies. Je le redis, seul le dialogue peut ramener lapaix et la sŽcuritŽ dans la rŽgion.

Tout dŽpend de queldialogue et avec qui ? Et, encore une fois, il faut malheureusement le plussouvent que le dialogue se fasse sur fond de force.

Le rglement auquel noustravaillons aujourd'hui doit respecter, me semble-t-il, une double exigence :

 

- le rŽtablissement de lasouverainetŽ du Liban sur la totalitŽ de son territoire ; c'est essentielpour les Libanais ; souverainetŽ avec le Hezbollah,milice islamiste pro-iranienne restant en place ?

 

- et, naturellement, ledroit ˆ la sŽcuritŽ d'Isra‘l. Encore faut-il quecela se traduise dans la rŽalitŽ.

 

Nous avons donc envisagŽ, ˆtravers un projet de rŽsolution du Conseil de sŽcuritŽ, un dispositif en deuxphases qui offre aux deux parties les garanties politiques et de sŽcuritŽqui sont nŽcessaires. Faux. Voir ci-dessous.D'ailleurs Isra‘l n'a jamais menacŽ la sŽcuritŽ du Liban mais a rŽpliquŽ ˆ uneagression : soldats tuŽs, soldats kidnappŽs ET trs de roquettes simultanŽs surdes populations civiles israŽliennes.

 

- La premire phase consisteen une cessation complte et immŽdiate des hostilitŽs, en tous les cas,le plus rapidement possible, car les populations sont dramatiquement ŽprouvŽes.Comment ? Et comment garantir la sŽcuritŽ d'Isra‘l enempchant le retour du Hezbollah ? Et la rŽsolution 1559  qui prŽvoit que les milices soientdŽsarmŽes ? A partir de lˆ, nous devons Žtablir les principes et les ŽlŽmentsd'un cessez-le-feu permanent et d'une solution politique ˆ long terme, unesolution qui ait l'accord des deux parties et qui porte notamment sur ladŽlimitation de la frontire dont les fermes de Chebaa donc le PrŽsident fait siennes les revendications duHezbollah. La frontire a ŽtŽ reconnue au centimtre prs par l'ONU. De plus,ces vestiges de 3 ou 4 vieilles fermes sont syriens - , les soldatsisraŽliens enlevŽs et les prisonniersilŽpouse les revendications du Hezbollah. De plus ces prisonniers sont desterroristes qui ont tuŽ des civils israŽliens, enfants compris -libanais.

 

Une fois ces conditionsrŽunies, - ˆ savoir un cessez-le-feu dont on nesait comment il sera mis en place ou garanti, l'acceptation des revendicationsde la milice islamiste - nous passerons ˆ la deuxime phase consistant ˆdŽployer une force internationale – alorsque le Hezbollah aura rŽintŽgrŽ ses pŽnates, c'est-ˆ-dire tout le Liban Sud -.A partir d'un engagement politique des deux parties, vŽrifiŽ par les Nations unies,le mandat de cette force sera dŽfini. La France se dŽterminera sur saparticipation ˆ cette force en fonction du mandat qui lui sera donnŽ, enfonction de la juste rŽpartition des contingents entre les pays qui doiventcontribuer ˆ cette force. Si le Hezbollah n'est pasdŽsarmŽ comme le prŽvoit la rŽsolution 1559 on parle pour ne rien dire.

 

Le projet de rŽsolution duConseil de sŽcuritŽ sur lequel nous sommes parvenus ˆ un accord avec lesEtats-Unis est une base de travail. Isra‘l et le Liban ont rŽagi et nousdevons prendre en compte ces rŽactions et tenir compte, notamment, des intŽrts du Liban et de sa stabilitŽ, de sonunitŽ, de sa souverainetŽ et de son indŽpendance. Dansla nouvelle version franaise seul l'intŽrt du Hezbollah est pris en compte.L'intŽrt bien compris du Liban ne l'est pas. Remettre le Hezbollah en selleest contraire aux intŽrts du Pays du Cdre, d'Isra‘l et de la rŽgion. Mme siun Premier ministre libanais qui a dŽmontrŽ sa totale impuissance prŽtend lecontraire. Ou prŽfŽrerait-il une unitŽ de faade sous tutelle islamistesemblable ˆ la Pax Syria imposŽe ˆ son pays pendant des dŽcennies ?

 

Le gouvernement libanais aproposŽ hier de dŽployer 15.000 soldats de ses forces armŽes au sud du Liban.Cette dŽcision a ŽtŽ prise, je le note, de faon unanime par le gouvernement etnous la saluons car elle devrait permettre au gouvernement libanaisd'exercer sa souverainetŽ sur l'ensemble de son territoire. Il n'est pas d'Etatlibre et indŽpendant qui n'exerce sa souverainetŽ sur l'ensemble de sonterritoire. Le PrŽsident plaisante-t-il ? Comment unearmŽe fantoche et imouissante hier serait-elle devenue efficace et performanted'un seul coup ? Et le PrŽsident ignore-t-il que 60 % de cette armŽe estchiite, donc pro-Hezbollh ou Amal ? Ou trs proche de ces mouvements islamistes?

Et, Žvidemment quela totalitŽ du gouvernement, y compris les mouvements islamistes, sont d'accord! Puisque cela laisserait en place leurs milices ! S'en rŽjouir para”t tre ˆbien courte vue....

Pourquoi ne dit-ilrien de la rŽsolution 1559 qui existe, ni du dŽsarmement du Hezbollah,condition nŽcessaire ˆ la paix, prŽvue dans cette rŽsolution vielle de prs de2 ans et qui n'a pas ŽtŽ appliquŽe ne ce qui concerne les milices libanaises ?

 

Nous avons pris en compte cedŽveloppement majeur dans nos propositions, celles que nous faisons ˆ New York,en particulier, pour parvenir le plus rapidement possible ˆ une rŽsolution duConseil de sŽcuritŽ. Notre objectif est d'aboutir ˆ une cessation deshostilitŽs pour que, je le rŽpte, cesse le cortge des morts, dessouffrances, des destructions. C'est notre prioritŽ absolue. Au prix de laisser en place les milices armŽes et leurformidable arsenal dont rien n'est dit ?

 

QUESTION - On apprend cematin que les nŽgociations entre les AmŽricains et les Franais ˆ New York sontbloquŽes pour accepter les amendements que les Libanais avaient demandŽs dansla rŽsolution ? On a le sentiment que les AmŽricains et les IsraŽliens gagnentdu temps pour aller plus loin dans les combats, pour les bombardements que vousavez dŽcrits. Que va faire la France si les combats continuent, si lesAmŽricains n'acceptent pas les arguments franais pour les amendements du Liban?

 

LE PRESIDENT - Legouvernement libanais qui avait fait des propositions sous forme de septpoints, dont plusieurs importants, concernant le retrait d'Isra‘l de sonterritoire, concernant les prisonniers, concernant Žgalement les fermes deChebaa, le gouvernement libanais est dans son r™le de dŽfendre la positiondu Liban, une position d'un Etat qui veut son indŽpendance et sa stabilitŽ.

 

 

J'ajoute que cette positiona ŽtŽ agrŽŽe et soutenue par la Ligue arabe comme en ont tŽmoignŽ ses troisreprŽsentants, dont le SecrŽtaire gŽnŽral, qui se sont rendus hier, ˆ New York,aprs la rŽunion que la Ligue a tenue ˆ Beyrouth, il y a deux jours.

Demandes reprisespar Jacques Chirac. Qui s'aligne sur ces positions.

Voir commentairesplus haut.

A partir de lˆ, j'estimequ'il est normal que nous prenions en considŽration les solutions qui sontenvisagŽes, notamment par les parties en conflit il ne tientaucun compte des demandes des IsraŽliens qui ne veulent pas voir de vide au Liban Sud et veulent voir syinstaller une force crŽdible au fur et ˆ mesure du retrait de leurs forces -.Nous devons en tenir compte et c'est la raison pour laquelle, ˆ partir de labase que constitue l'accord entre la France et les Etats Unis, sur un projet derŽsolution, nous avons demandŽ que ce projet intgre un certain nombre desdemandes en question.

 

Il semble, effectivement,qu'aujourd'hui, il y ait une rŽserve amŽricaine pour adopter ce projet -pas seulement et on se demande pourquoi ? Par immoralitŽ ? .Je ne veux pas imaginer qu'il n'y ait pas de solution, car cela voudrait dire,ce qui serait la plus immorale des solutions, que l'on accepte lasituation actuelle et que l'on renonce au cessez-le-feu immŽdiat. Donc, jene veux pas l'imaginer de la part des AmŽricains, ni d'autres. Quels autres ? Ç Isra‘l È puisque le Hezbollahet  Amal , donc Iran et Syrie,  sont d'accord?

 

A partir de lˆ, nous allonsvoir. Si nous arrivons ˆ une solution conforme ˆ ce que je rappelais tout ˆl'heure comme principes humains, politiques, pacifiques – version iranienne-, eh bien tant mieux. Sinous n'y arrivons pas, il est Žvident que nous aurons un dŽbat au Conseil desŽcuritŽ et que chacun y affirmera clairement sa position, y compris,naturellement, la France, par sa propre rŽsolution.

 

QUESTION - Est-ce que vousavez fixŽ un calendrier d'action ?

 

LE PRESIDENT - Je ne veuxmme pas Žvoquer l'idŽe d'un calendrier, parce que cela veut dire que l'onestime que l'on peut retarder le cessez-le-feu, la cessation des hostilitŽs. Jene veux pas imaginer que l'on puisse fonder une politique sur un report de lacessation des hostilitŽs, notamment dans un pays qui a connu les dŽg‰ts, lespertes humaines, les blessŽs, les personnes dŽplacŽes que j'Žvoquais tout ˆl'heure. Il ne parle que du Liban.

 

Je pense, en rŽalitŽ, quenous devons affirmer clairement la nŽcessitŽ d'une cessation immŽdiate deshostilitŽs, c'est la responsabilitŽ, la vocation des Nations unies que del'affirmer. Nous devons ensuite arriver trs rapidement ˆ un accord politiquequi suppose un accord des deux parties pour que chacun y trouve les garantiesqu'il est en droit d'exprimer.

 

A partir de lˆ, on peut,effectivement, dans un mois par exemple, mettre en place une forceinternationale, sous une forme ou sous une autre. Unmois pour que le Hezbollah rŽcupre et menace ˆ nouveau Isra‘l, la paix dans larŽgion et l'intŽgritŽ du Liban. Certains ont parlŽ d'une FINULamŽliorŽe, d'autres d'une force internationale, peu importe – Plaisanterait-il ?La FINUL, qui devait  surveiller l'application de la 1559 alaissŽ le Liban Sud se transformer en gigantesque arsenal truffŽ de galeriessouterraines, ce qui explique que les combats actuels y soeint si sanglants,dŽmontrant ainsi sa totale inutilitŽ. Mme amŽliorŽe elle ne servirait ˆ rien.D'autant qu'elle ne peut que rendre compte et ne peut tirer qu'en lŽgitimedŽfense- Mais en tous les cas, une force internationalequi arrivera dans un Liban Sud sous la coupe du Hezbollah-ˆ laquelle la France participera, dans la mesure o son mandat sera clair– en effet, si le Hezbollah reprenait tirs et kidnappings, se bornerait-elleˆ compter les missiles et roquettes comme la FINUL ne parvient mme pas ˆ faireconvenablement actuellement ? - , s'inscrira dans les exigences que jeviens de rappeler ˆ l'instant, dont le mode de dŽploiement sera clairement fixŽet o la rŽpartition des diffŽrents pays participants sera justementŽquilibrŽe.

 

QUESTION - Est-ce que vouspouvez nous dire quel r™le joue la Syrie dans les nŽgociations ? Est-ce quequelqu'un parle avec le gouvernement syrien et aussi qui parle avec l'Iran etquelle est l'atmosphre des nŽgociations avec ces pays ?

 

LE PRESIDENT - Chacuncomprend, et sait parfaitement, quels sont les liens qui existent entre l'Iranet le Hezbollah. A partir de lˆ il est lŽgitime que l'Iran, qui est unepuissance importante de cette rŽgion, soit consultŽe, en tous les cas qu'ily ait des contacts, des relations, ne serait-ce que pour dŽterminer quelleest l'influence que l'Iran peut avoir sur le retour ˆ la paix dans leMoyen-Orient. L'Iran doit tre consultŽ !!!! Voilˆl'Iran consacrŽ,non seulement, persona grata par la France, mais aussi comme ayant un droit de regarddans les affaires libanaises ! C'est gravissime. Et chacun sait, en principe,ce que sont les buts affichŽs de l'Iran et, partant du Hezbollah, trs liŽs,comme il l'admet lui-mme : ˆ savoir la destruction pure et simple d'Isra‘l(voir ˆ ce propos le commentaire sur l'Žmission d'ARTE du 9 aožt. Les membresen civil du Hezbollah interviewŽsdisaient clairement qu'Isra‘l n'existe pas et que c'est ce qu'on leur enseigne.)

On sait aussi quel'Iran se moque comme d'une guigne des rŽsolutions du Conseil de sŽcuritŽconcernant la poursuite de ses recherches nuclŽaires militaires ou ses gravesviolations des droits de l'homme.

On sait commentTŽhŽran a rŽagi aux dŽclarations du ministre des Affaires Žtrangres franaisqui parlait, se situant dans la droite ligne de la pensŽe prŽsidentielleexpliquŽe plus haut, de son Ç influence stabilisatrice dans larŽgion È : en appelant ˆ nouveau ˆ la destruction d'Isra‘l...

A-t-il besoin deconsulter la RŽpublique islamiste pour savoir ce que pense l'Iran ? !

 

Vous me posez la question dela Syrie ; chacun sait aussi les liens qu'elle a avec le Hezbollah. Je vousdirais, pour tre tout ˆ fait franc, que l'expŽrience m'a conduit ˆ ne pasavoir tout ˆ fait confiance. D'ailleurs, j'observe qu'il y a quelquesjours, le ministre espagnol des Affaires Žtrangres, M. Moratinos, est allŽvoir les dirigeants syriens, il est sorti et a clairement annoncŽ le rŽsultatde ces discussions en disant que la Syrie allait user de toute son influencepour restaurer la paix dans cette rŽgion. Dans la demi-heure qui a suivi, leprŽsident syrien dŽmentait totalement ce qui avait ŽtŽ indiquŽ par M.Moratinos.

Etonnant que cequ'il a fini par voir pour la Syrie, il est incapable de le voir pour l'Iran– voir ci-dessus-.

 

Ce n'est pas trs engageantpour Žtablir des relations avec un pays avec lequel nous aurons, de toutefaon, ˆ nŽgocier, notamment sur la dŽmarcation, lˆ aussi la Syrie, ˆ plusieursreprises, a indiquŽ son accord sur la libanitŽ des fermes de Chebaa. Mais ellen'a jamais acceptŽ de le faire par Žcrit, sachant parfaitement que c'est uneexigence naturelle, juridique, pour que l'ONU, le Conseil de sŽcuritŽ del'Organisation des Nations unies, et le SecrŽtariat gŽnŽral de l'ONU, puissentdŽclarer une modification, puissent dŽcider une modification defrontire. - Autrement dit, il faut modifier desfrontires internationales reconnues uniquement pour accommoder un Hezbollah ˆla botte de l'Iran ! Ce qu'il disait d'ailleurs d'emblŽe. Et si la Syrie, enqui il n'a pas confiance, n'a pas Žcrit noir sur blanc qu'elle fait cadeau decette parcelle de terre au Liban, comme cela serait requis pour toutchangement, pourquoi, diable, le PrŽsident rŽclame-t-il ce transfert desouverainetŽ ? -  Donc, jele rŽpte, je n'ai pas confiance.

 

J'ajoute qu'il y a unproblme majeur sur lequel la Syrie pourrait faire un acte de confiance fort etqui consisterait ˆ faciliter les choses pour la Commission d'enqute internationaledŽcidŽe par l'ONU, qui est dirigŽ par le juge Brammertz, et qui a pour objet defaire la vŽritŽ sur l'assassinat de Rafic HaririIl rve ? Il ne sait pas que le gouvernement syrien estimpliquŽ ? Et pourquoi exiger de la Syrie un Ç acte fort È, ce qu'iln'exige ni de l'Iran ni du Hezbollah, s'engager ˆ cesser d'attaquer Isra‘l et ˆrŽclamer sa destruction, par exemple ? -. Lˆ aussi, un geste fort pourrait permettre de renforcercette confiance. J'ai citŽ le nom de Rafic Hariri.

 

Je suis un peu consternŽ devoir que ce pays, le Liban, qui avait connu les guerres que chacun sait etqui avait ŽtŽ entirement reconstruit, et dont le Premier ministre del'Žpoque avait suscitŽ une rŽaction nationale extrmement importante pour leLiban, de voir que tout ce travail Žtait, enquelque sorte, anŽanti. Ceux qui ont assassinŽ Rafic Hariri et ceux qui en ontŽtŽ les complices, leurs complices, ont portŽ un coup trs dur au Liban et aupeuple libanais tout entier. Je tiens ˆ le rappeler ici.  Son ami RaficHariri assassinŽ par des tenants de la Syrie mais aussi de l'Iran... De plus, lemiracle de la reconstruction libanaise Žtait une illusion, une bulle de savon,une photo truquŽe ˆ l'instar de ce qui se pratique beaucoup dans ce pays, commeen tŽmoigne le fait que le Hezbollah ait transformŽ pendant six annŽes duranttout le sud du pays en camp militaire islamiste surŽquipŽ, avec des hommessurenta”nŽs, alors qu'Isra‘l s'Žtait retirŽ et ne manifestait aucune hostilitŽenvers ce pays.

Les IsraŽliensavaient prŽvenu, en pure perte, que cet Žtat de choses allait entra”ner uneexplosion rŽgionale ( voir l'interview du ministre Ephraim Sneh ). CommentJacques Chirac ne l'a-t-il pas su ? Un PrŽsident de la RŽpublique peut-il tresi mal informŽ ?

 

QUESTION - Le ministre desAffaires Žtrangres disait sur France Info, ce matin, "maintenant, il fauttrouver le point d'Žquilibre entre le retrait des forces israŽliennes d'unepart, et Žgalement, le dŽploiement de l'armŽe libanaise avec la FINUL, force del'ONU". Est-ce que cela veut dire que la France soutient l'idŽe d'envoyerl'armŽe libanaise avec la FINUL au Liban sud avant le dŽploiement d'une forcemultinationale ?

 

LE PRESIDENT - Ce qu'a dit leministre, ˆ juste titre, c'est que la situation Žtant ce qu'elle est, leprogrs ne peut venir que d'un accord. Cet accord comporterait d'une part, unretrait de l'armŽe israŽlienne des territoires qu'elle occupe actuellement auLiban, qui ne peut tre que progressif, avec paralllement et, en mme temps,une prise en main de ces territoires, dont elle se serait retirŽe, par l'armŽelibanaise Encore une fois l'armŽe libanaise,totalement impuissante jusqu'ici n'a pas ŽtŽ amŽliorŽe d'un coup de baguettemagique. De plus elle est composŽe ˆ 60 % de chiites, donc trs probablementmajoritairement ou en trs grande partie pro-Hezbollah ! . Il y a doncun problme de temps ˆ mettre au point.

 

Et puis, nous avons lˆ-basla FINUL qui est aujourd'hui un peu paralysŽe mais ˆ qui on peut redonner unpeu force et vigueur, et capacitŽ peut-tre, si on le veut, si c'est dansl'accord politique, de pouvoir observer ou faciliter les choses. Grotesque. La FINUL a prouvŽ pendant 6 ans qu'elle esttotalement inutile. Elle le resterait mme avec un peu plus de Ç force etvigueur È  ! -Je n'y verrais que des avantages.

 

QUESTION - Monsieur lePrŽsident, vous croyez vraiment que le gouvernement libanais est capableaujourd'hui d'appliquer la rŽsolution 1559, surtout de dŽsarmer le Hezbollah,et aprs de dŽsarmer les factions palestiniennes au Liban ? Necraignez-vous pas que l'on entre dans une spirale de violence ?

C'est bien lˆ lecoeur du problme, au-delˆ de tous les voeux pieux....

 

LE PRESIDENT - C'est auxLibanais de rŽpondre ˆ cette question. Il faut bien comprendre une chose simple: il n'y a pas, dans l'Histoire, d'Etat qui n'ait pas l'autoritŽ sur l'ensemblede son territoire. Donc, vouloir prŽtendre qu'une partie du territoirelibanais est sous l'autoritŽ de milices, c'est incompatible avec un Libanstable et se dŽveloppant dŽmocratiquement.

C'est pourtant bience que l'on avait et qui a entra”nŽ la crise actuelle. On ne le prŽtend pas. Etdonner raison au Hezbollah en donnant au Liban un territoire qui n'est pas lesien, en exigeant qu'Isra‘l rel‰che des terroristes avec du sang de civils,dont des enfants, sur les mains, en lui permettant se se rŽinstaller au LibanSud est irresponsable et c'est se voiler la face.

 

Il appartient donc auxLibanais de prendre conscience de cette situation et de prendre conscience dufait que ceux qui encouragent les uns ou les autres ˆ privilŽgier la guerre,les attentats, le terrorisme, ceux lˆ font une lourde erreur. Ce sontfinalement l'ensemble des Libanais quelle que soit leur confession, qu'ilssoient sunnites, chiites, druzes, chrŽtiens, qui payent les pots cassŽs, commeon le voit. Certes. Et ˆ qui en incombe laresponsabilitŽ ? Qui est Ç immoral È ? Et quand bien mme lesLibanais s'en rendraient-ils compte, ce n'est pas en cŽdant au Hezbollah surtoute la ligne et en lui permettant, dans les faits, de retourner au statutquo ante , ce que justement AmŽricains etIsraŽliens en veulent pas, qu'on apportera la paix dans la rŽgion.

 

Alors, si c'est l'ensembledes Libanais qui rŽalisent tout d'un coup que s'ils veulent vivre dans unLiban, rŽalitŽ historique, plusieurs fois millŽnaire, dŽmocratique et enpaix, ils doivent s'exprimer politiquement auprs de ceux qui veulentcontester un gouvernent libanais par ailleurs issu d'Žlections libres etdŽmocratiques. Donc, je ne saurais trop engager les Libanais ˆ prendreconscience de leurs responsabilitŽs politiques pour encourager toutes lesforces qui sont celles de la paix, de la stabilitŽ – comme l'Iran ? , mais surtout de l'unitŽ du Liban,pour affirmer sa souverainetŽ et son indŽpendance.

On peut toujoursrver. Et c'est oublier bien facilement que Hitler est arrivŽ au pouvoirdŽmocratiquement et qu'il a fallu une trs grande fermetŽ militaire, avecmalheureusement nombre de victimes civiles de tous c™tŽs, pour que lesAllemands se rendent compte de leurs erreurs. Le PrŽsident se serait-il opposŽaux bombardements alliŽs en Normandie, puis en Allemagne s'il avait ŽtŽ auxcommandes ˆ l'Žpoque ? Et aurait-il cŽdŽ aux revendications du  III me Reich par pureÇ moralitŽ È ?

 

QUESTION - Depuis Saint-Petersbourg,vous n'avez pas parlŽ avec le prŽsident Bush ?

 

LE PRESIDENT - Je m'excuse devous interrompre, la suite de la question ne me para”t pas avoir d'objet, parcequ'elle postule qu'il n'y a pas de contacts, alors que nous avons descontacts ˆ tous les niveaux, quotidiens, entre les AmŽricains et lesFranaisááá. Cela ne veut pas dire que nous soyons d'accord sur tout – malheureusement pas sur l'essentiel, ˆ savoir un retraitisraŽlien remplacŽ simultanŽment par une force crŽdible, et non pas les soldatsde papier de la FINUL et un dŽsarmement du Hezbollah comme le voulait larŽsolution 1559, restŽe lettre morte,- mais les contacts sont absolumentpermanents.

 

Une question na pasŽtŽ posŽe : pourquoi la position de la France, qui Žtait en accord avec lesEtats-Unis et la voix de la raison, pour proposer un projet de rŽsolution quiavait toutes les chances de rŽgler les problmes en demandant qu'une forceinternationale rŽelle soit dŽployŽe au Sud Liban et que le Hezbollah soitdŽsarmŽ, a-t-elle radicalement changŽ aprs les conversations du PrŽsident etdes reprŽsentants arabes ?

 

Je vous remercie.

 

|